‹ De la prostitution publique et parallèle complet de la prostitution romaine et de la prostitution contemporaine, suivis d'une étude sur le dispensaire de salubrité de Bordeaux, d'une statistique des vénériens dans la garnison de Bordeaux, et d'un essai de statistique de l'infection vénérienne dans les garnisons de l'Empire françaisChapitre 87 sur 122 · DISPARUES, DISPENSÉES, RAYÉES OU DÉCÉDÉES · texte numérisé non relu

DISPARUES, DISPENSÉES, RAYÉES OU DÉCÉDÉES

220 tilles ont demandé des passeports pour quitter Bordeaux en 1860. Le calcul donne, pour leur âge moyen,

24 ans 7 dixièmes. L’âge moyen des nouvelles inscrites étant 22 ans 3 dixièmes, les filles parties n’étaient donc prostituées que depuis 2 ans 4 dixièmes.

Cette moyenne prouve que ce ne sont pas les plus anciennes prostituées qui demandent des passeports; mais un certain nombre, 1 sur 15 au moins d’entre elles, quitte la ville de Bordeaux pour aller reprendre une vie régulière dans le pays natal.

37 filles ont disparu en 1860. Leur âge moyen était de

25 ans 9 dixièmes. Différence avec l’âge moyen des nouvelles’ inscrites, 3 ans 6 dixièmes.

Ce ne sont donc pas les plus anciennes prostituées qui disparaissent. Cependant, le quart d’entre elles au moins disparaît pour changer de vie.

En 1860, 28 filles ont obtenu, en raison de leur repentir et de leur bonne conduite, d’ètre dispensées de la visite sanitaire. Leur âge moyen était de 29 ans 2 dixièmes.

Différence avec l’âge moyen des nouvelles inscrites, G ans 9 dixièmes; et 4 filles ont obtenu leur radiation définitive, leur âge moyen était 31 ans. Différence avec l’âge moyen des nouvelles inscrites, 8 ans 7 dixièmes.

12 filles sont décédées dons le courant de l’année 1860; leur âge moyen était 31 ans 5 dixièmes. Différence avec l’âge moyen des nouvelles inscrites, 9 ans 2 dixièmes.

Nous pouvons déduire de ces moyennes la durée réelle de la prostitution.

Admettons que le quinzième seulement des filles qui prennent des passeports retourne dans son pays pour quitter la prostitution, et que le quart des filles qui disparaissent veuille aussi quitter son métier, nous aurons :

Total. G7

filles parties, restées dans la prostitution en moyenne 2 ans 4 dixièmes ; filles disparues, restées dans la prostitution en moyenne 3 ans G dixièmes ; filles dispensées, restées dans la prostitution en moyenne G ans 9 dixièmes; filles rayées, restées dans la prostitution en moyenne 8 ans 7 dixièmes; filles décédées, restées dans la prostitution en moyenne 9 ans 2 dixièmes.

filles sorties de la prostitution.

Elles y étaient restées ensemble une somme de 404 ans G dixièmes; soit, chacune en moyenne, G ans.

Ce calcul, fondé sur G7 sorties annuelles, semble mériter confiance, puisque dans les deux dernières années il s’est fait 129 inscriptions nouvelles, soit 64,5 par année, lesquelles ont dû combler les vides opérés par les sorties.

Récapitulation. — 1° La différence entre les moyennes d âge au moment de l’inscription et d’âge actuel des prostituées en exercice est d’un peu moins de G ans.

2° Par la supputation du nombre moyen d’années écoulées depuis l’inscription, on ne trouve pour la prostitution qu’une durée moyenne de 5 ans, mais ce procédé expose à adopter un nombre faible.

3° Par la moyenne d’âge des fdles parties définitivement, disparues, dispensées, rayées ou décédées, comparée à la moyenne d’âge des nouvelles inscrites, on arrive à trouver que la prostitution ne dure en moyenne que 6 ans.

Conclusions. — 1° On peut affirmer que la durée moyenne de la prostitution est actuellement à Bordeaux d’environ G ans.

2° Chaque année, sur 100 prostituées, 10 ou moins (55 sur 540) quittent leur métier pour reprendre une vie honnête.

3° Les prostituées ne sont pas des fdles perdues, dans le sens absolu du mot. Lorsque la mort a prélevé dans leurs rangs un tribut exceptionnel, que nous allons supputer, beaucoup d’entre elles se convertissent et se régénèren t par le travail.

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