‹ De la prostitution publique et parallèle complet de la prostitution romaine et de la prostitution contemporaine, suivis d'une étude sur le dispensaire de salubrité de Bordeaux, d'une statistique des vénériens dans la garnison de Bordeaux, et d'un essai de statistique de l'infection vénérienne dans les garnisons de l'Empire françaisChapitre 97 sur 122 · V. — N OMBRE DES CAS DE MALADIE RECONNUS PAR LE SPÉCULUM · texte numérisé non relu

V. — N OMBRE DES CAS DE MALADIE RECONNUS PAR LE SPÉCULUM

Mesure de l’utilité de cet instrument.

L’usage du spéculum, comme complément des visites sanitaires , est devenu général à la suite des travaux, de M. Ricord. L’utilité de cet instrument n’est contestée par personne, mais on n’a pas cherché à la mesurer. J’espère que le résultat des recherches que j’ai faites sur cette question, ne sera pas sans intérêt pour les hygiénistes qui s’occupent de la prophylaxie des affections vénériennes.

En 1859, le nombre total des visites faites aux prostituées soit inscrites, soit clandestines, s’est élevé à 28,809; il convient de défalquer de ce chiffre le quart ou 7,217 pour obtenir le nombre réel des visites faites au spéculum (car on s’abstient d’appliquer cet instrument aux filles menstruées ou en état de gestation). Il a donc été fait au spéculum 21,652 visites. Or, le nombre des cas de mala-

die découverts au moyen de cet instrument, et qui ont motivé l’envoi à l’hôpital, se réduit à 33, savoir :

Ulcérations intra-vaginales

Érosions du col utérin ....

Ulcérations du col utérin .

Total

Soit : 1,54 cas de maladie pour 1,000 visites.

En 1800, le nombre des visites au spéculum a été de 20,397; le nombre des cas de maladie découverts de 49, savoir :

Ulcérations intra-vaginales

Érosions au col utérin . . .

Ulcérations du col utérin .

Total

Soit : 2,4 cas de maladie pour 1,000 visites.

Mais si l’on se borne à compter les ulcérations qui offrent seules de la gravité, le nombre de cas de maladie découverts en deux ans par 42,000 visites au spéculum se réduit à 30.

Soit : 0,71 cas de maladie pour 1,000 visites;

Ou 2,18 cas de maladie découverts par le spéculum sur 100 cas de maladie vénérienne ayant déterminé l’envoi des filles à l’hôpital.

Telle est, en définitive, la mesure exacte des résultats procurés par l’usage du spéculum à Bordeaux et pendant une période où la diminution de la contagion vénérienne, positivement constatée, a été très considérable, comme on le verra plus loin. (V. IVe Part., Ghap. Ier.)

Il est vrai que les chiffres des érosions du col utérin figurant sur notre relevé : 22 en 1859 et 30 en 1860. sont loin d’exprimer la totalité des cas d’alfection de cette nature que nous avons pu constater ; mais les érosions légères ne nous ont pas paru motiver l’envoi à l’hôpital ; elles guérissent habituellement fort bien, sans que les filles interrompent leur métier, par l’usage des injections détersives dont il sera question plus loin.

Conclusion. — L’application du spéculum aux visites sanitaires n’est certainement pas inutile, mais on a beaucoup exagéré les services que cet instrument peut rendre à la constatation de l’infection vénérienne.

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