OBSERVATIONS XIE, XII, XIV
-Recueillies dans une clinique du professeur Peter à l'hôpital Necker (1892). (In Bulletin Médical, page 713, année 1892).
I. — Marion, négociant, qui apporta en France les perruches malades. Huit jours après son arrivée à Paris, il a deux épistaxis le même jour, puis une nouvelle épistaxis chaque jour. I est mal en train, courbaturé, atteint de douleurs vagues (troubles nerveux), d’anorexie, de diarrhée. Pientôt apparaît une dyspnée intense avec point de côté: la face est congestionnée, hébétée; la langue est sèche, trémulente ; céphalalgie intense, abattement, décubitus dorsal. La toux est opiniàtre ; mais, fait remarqual le,
il n’y à pas d’expectoration, et en tous cas, elle n'offre
SNS 2e aucun des caractères des crachats pneumoniques. La soif est vive; la diarrhée, parfois involontaire, ressemble à celle de la fièvre typhoïde. Le pouls est mou, dicrote.
Aux poumons, on trouve, vers le sommet droit, de la matité, du souflle tubaire, des râles crépitants. Température : 40°,2, La rate est grosse et douloureuse.
Soudain la température redevient normale; puis, après deux jours, de rémission, elle remonte à 39°, et y reste quatre Jours; puis a lieu une défervescence définitive, et le malade guërit après 16 jours de maladie.
Il. — Femme, qui possèda huit perruches provenant de Marion. =
Tous ces volatiles furent malades et moururent au bout de trois semaines. Cette femme éprouva d’abord du malaise, une courbature intense, puis bientôt après, une violente dyspnée, et un point de côté. Pas d’expectoration. Les pommettes sont rouges, les yeux sont brillants.
La malade est prostrée, dans le décubitus dorsal; phèno-
mènes d’asphyxie et de refroidissement des extrémités. La langue est sèche, trémulente, comme dans la dothiénentèrie; ventre ballonné, diarrhée, diminution et dispa-
rition du murmure vésiculaire en plusieurs points des
poumons. Râles muqueux, sibilants et ronflants, soufïle bronchique.
La malade a une rémission fébrile de trois jours, puis une rechute, et enfin une défervescence finale.
III. — Femme malade à la suite du contact avec des perruches infectieuses. Elle donnait à manger à celles-ci de bouche à bec; or, sa maladie a débuté par une angine. Puis, point de côté, trémulence dés lèvres, abat-
Horse tement, langue sèche, narines pulvérulentes ; vomissements, diarrhée profuse et inconsciente ; dyspnée intense, pas d'expectoration. À la percussion, matité ; à l’auscultation, souffle tubaire, râles crépitants, bronchophonie, diminution du murmure vésiculaire. Pouls régulier, dicrote; température 39°,2, 39°,4. Insomnie, gémissements continuels. Diarrhée jaune, incontinence des matières fécales. Rate douloureuse. Céphalalgie. Ballonnement du ventre.
Vu : le Président de la thèse, POTAIN
Vu : le Doyen, BROUARDEL
Vu et permis d'imprimer :
Le Vice-Recteur de l'Académie de Paris,