Rendu, Zoco cilato
— 42 — FRS cations broncho-pneumoniques, le diagnostic deviendra presque impossible. Dans ce dernier cas, Pétude attentive des différents symptômes ne suffira plus ; il faudra remonter à la cause première, et le diagnostic ne se fera que par des recherches étiologiques approfondies.
Certaines pneumonies congestives, dans lesquelles les signes physiques sont très mal accusès ou ne deviennent manifestes que tardivement, peuvent en imposer pour une psittacose. Dans ces pneumonies, les signes ordinaires de l'affection n'apparaissent qu'après une période prodromique pendant laquelle on constate de la prostration, de la tuméfaction de la rate et des troubles intestinaux ; de plus, l’existence d’un point de côté, la fréquence de la respiration, la nature de l’expectoration, amènent à pratiquer un examen attentif de la poitrine, et à faire ainsi découvrir des modifications parfois très faibles : faiblesse de la respiration, ou quelques râles sous-crépitants. Il est certain que dans ces cas le diagnostic est extrêmement difficile ; ais, plus tard, une poussée d’herpès peut venir confirmer le diagnostic de pneumonie.
Le diagnostic entre le typhus pèétéchial et la psittacose doit être rarement un sujet de sérieuse difficulté. Et cependant, dans un cas que nous avons observé dans le service de M. Rendu, on pensa pendant quelques jours au typhus (Obs. I). I s’agissait de cet homme qui présenta au quinzième jour de sa maladie cette éruption pêétéchiale que nous avons décrite à la symptomatologie ; mais c’est là un cas anOrmal. Le typhus avec son début brusque, sa fièvre avec faibles rémissions, son éruption caractéristique qui survient au cinquième ou sixième jour, sa défervescence
ECrAQUE
rapide, ne rappelle que bien imparfaitement le tableau de la psittacose. Si à cela on joint la turgescence et la rougeur sombre de la face, l’injection des conjonctives, on voit qu’en vérité le diagnostic du typhus est facile.
Peut-on confondre la psittacose et le typhus récurrent? Nous ne le croyons pas. Le typhus récurrent (relapsing fever des auteurs anglais) est une affection nettement différenciée, bien connue dans ses causes et dans sa - Symptomatologie. Cette maladie est inconnue dans notre pays; elle existe seulement en Russie, en Pologne, dans Allemagne du Nord, en Grande Bretagne, et surtout en Irlande, son foyer de prédilection. La fiévre récurrente débute brusquement par fièvre et frissons; la langue reste humide, Pépigastre est sensible, les vomissements et Pictère sont fréquents, le foie et la rate sont augmentès de volume, il y a de la constipation; outre ces symptomes, on note des douleurs dans les membres, de l’insomnie, quelquefois du délire. Ces symptômes persistent pendant 5, 6 jours, puis brusquement disparaissent par crise (transpiration, diurèse). Pendant quelques jours, apyrexie complète ; puis au quatorzième joar, rechute brusque, qui reproduit le tableau de la première atteinte. Cette rechute est courte, tout cesse vers le troisième jour. Il y a parfois deux ou trois rechutes.
Outre cette symptomatologie si particulière, qui par elle seule ferait faire le diagnostic, on est encore aidé par la connaissance de l'agent microbien, cause de cette affection. Le typhus à rechute est causé par le spirochœte qu’Obermeier découvrit en 1873, spirochæte que l’on peut
retrouver par Un examen du sang au cours de Paccés.
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Nous n’aurions certes pas insisté avec tant de détails sur le diagnostic différentiel entre la psittacose et le typhus récurrent, si le professeur Peter, dans une clinique faite à l'hôpital Necker en 1892, n’avait tenté d’identifier les deux maladies. Il reconnaissait cependant que la symptomatologie observèe chez les malades infectès par des perruches ne concordait pas avec celle que prèsentent les typhiques vrais. Le professeur Peter concluait en disant : si la maladie actuelle offre des caractères particuliers et ne reproduit pas exactement l’aspect typique du -typhus récurrent, c’est que sa genèse provient d’un organisme (la perruche) différent du nôtre, et, en se transmettant à l’homme, elle conserve ses caractères particuliers : c’est un typhus de perruche.
Sans nous arrêter plus longtemps à faire ressortir les différences cliniques des deux affections, qu’il nous suffise de dire que, en 1892, M. le D' Rendu fit rechercher, dans le sang du malade qu’il soignait, le spirochæte d'Obermeier, et que tous les examens furent négatifs (Obs. IIT). Ceci tranche définitivement la question ; la psittacose et le typhus récurrent sont donc deux maladies distinctes, dont le diagnostic est au surplus facile à faire.
Il résulte de ce qui précède, qu’en somme le diagnostic de la psittacose peut être fait, en se basant uniquement sur les allures cliniques de la maladie. |
Mais, dans certaines circonstances, ce diagnostic peut être rendu difficile par la coexistence d’une autre affection épidémique. C’est ce qui s’est passé lors de la première épidémie de psittacose, en 1892, où tous les cas
observés furent pris pour des Cas de grippe avec complication de broncho-pneumonie infectieuse; et ce n’est que rétrospectivement, lorsque les allures cliniques de l'affection furent mieux connues, que l’année suivante M. Dujardin-Beaumetz revint sur sa première opinion et pensa à une infection spéciale d’origine aviaire.
Dans ces cas, il faut étudier avec soin la constitution médicale de l'affection épidémique ‘déjà existante et rechercher si les symptômes fournis par le malade s’y rapportent exactement. Si on se trouve en présence d’un cas anormal dont la symptomatologie ne rappelle que de loin les états typhoïdes connus, en tenant compte de leurs modalités différentes dans les diverses saisons et dans les diverses épidémies, il faudra toujours songer à une infection possible par une perruche malade. Cest donc en dernier ressort à une étude étiologique rigoureuse que
l'on devra demander le diagnostic exact.
Morange