DIAGNOSTIC
Ainsi que nous l'avons vu dans la symptomatologie, la psittacose se différencie par des nuances de la fièvre typhoïde ; c’est avec cette dernière affection que l’on peut la confondre le plus aisément. Sans faire’ un parallèle complet entre les deux affections, ce qui nous exposerait à des redites inutiles, il faut cependant insister sur quelques détails.
Nous ne reviendrons ni sur le mode de début différent dans les deux cas, ni sur la courbe de la température que nous avons déjà étudiée.
Nous voulons surtout insister sur l’absence des phènomèênes abdominaux, qui se produit souvent dans la psittacose. Le ventre est peu ballonné, pas de gargouillement .dars la fosse ilaque droite, pas de diarrhée. Ces symptômes négatifs sont évidemment très importants, mais ne suffisent pas pour faire rejeter le diagnostic de dothiénentérie. On sait en effet que, dans cette affection, la diarrhée peut manquer, et Murchison estime qu’elle fait défaut dans un cinquième des cas environ, proportion qui paraît excessive.
Le plus souvent, au début de la fièvre typhoïde, il y a une constipation modérée; puis, spontanément Où sous l'influence d’un purgatif, la diarrhée survient tout-à-coup
et souvent avec une assez grande intensité dès le prin-
ANT De cipe, puis persiste avec ses caractères définitifs. Ge n’est pas ce qu’on observe dans la psittacose : dans cette affection, le plus souvent les troubles intestinaux r’existent pas, comme dans les cas que nous avons observés, ou, lorsque ces troubles existent, ils consistent uniquement en une diarrhée modérée qui s'établit dès le début.
Un second caractère qui différencie la psittacose de la fièvre typhoïde consiste dans l’apparition, dès le début de la psittacose, de phénomènes thoraciques. La toux est fréquente, quinteuse ; souvent des points de côté existent et engagent à ausculter le malade : on entend alors, et cela dès le deuxième jour, des sibilances généralisées aux deûx poumons. Ces faits se rencontrent rarement dans les premiers jours d’une dothiénentérie; et cependant, suivant le génie de telle ou telle épidémie, on les a plus ou moins observès : c’est ainsi que lon trouve quelques cas, dans les Leçons de clinique médicale de M. Rendu (tome I, page 44), où les premiers diagnostics avaient êté : soit broncho-pneumonie, soit grippe, et ces erreurs durèrent jusqu’à l'apparition de lexanthème typhique.
Donc ces deux caractères de la psittacose : 1° Absence ou faible intensité des phénomènes abdominaux ; 2 dèterminations locales thoraciques dès le dèbut,. ne suffisent pas à eux seuls à affirmer le diagnostic.
Cependant, lorsqu'ils seront réunis lorsque la courbe de la température sera élevée d'emblée et descendra brusquement sans stade dé grandes oscillations, lorsque les taches rosées lenticulaires feront défaut (symptôme négatif d’une grande importance), alors il faudra rejeter
lPhypothèse de dothiénentérie, et rechercher si d’autres affections ne cadrent pas d’une façon plus complète avec les symptômes observés.
La grippe offre de nombreux points de contact avec la psittacose : c’est une maladie générale comme elle, infectieuse comme elle, et elle s’annonce par des symptomes presque identiques. Dés le début, la céphalée est excessive, la courbature est généralisée; mais, dans la grippe, le catarrhe oculo-nasal est un des symptômes les plus constants, comme au début de la rougeole, tandis qu'il fait le plus souvent dèfaut dans la psittacose. Dans la grippe, les déterminations trachéales sont la règle et s’accompagnent de quintes de toux incessantes, sans expectoration notable; lauscultation est muette on peu s’en faut (1). Dans la psittacose, la toux est souvent fréquente également, mais dès le début les poumons sont encombrés de sibilances.
Enfin la marche de la maladie est différente dans les deux affections : dans la grippe, le plus souvent, l’évolution est rapide, la guérison survient en peu de jours sous l'influence du traitement; dans la psittacose, la durée de l’évolution est plus longue, la convalescence s'établit plus lentement et elle est plus pénible.
Ou voit en somme que le diagnostic peut se faire entre la psittacose d’une part et la grippe d’autre part.
Il faut toutefois que cette grippe évolue d’une façon régulière pour ne pas prêter à confusion ; lorsque, en effet, à cette grippe viendront s'ajouter quelques compli-