AC TE
sans contredit, l'alcoolisme, ce fléau international et surtout national, c’est par l'étude de l'alcoolisme que nous débuterons.
Vers 1890, dans une statistique des cas de folie examinés à l’Infirmerie spéciale, l'alcoolisme venait en tête, et Garnier écrivait : « Depuis quinze ans, la moyenne des cas de folie alcoolique a doublé. » Or, d’après les statistiques récentes, la folie alcoolique continue à croître dans les mêmes proportions.
Multiples, on le conçoit, sont les formes de l’alcoolisme ; cependant toutes ne nous reliendront pas également.
Dans son étude sur l’Jvresse, Garnier écrivait : « Lorsque l’alcool s'attaque à l’un de ces organismes défectueux, sur lesquels la tare héréditaire a marqué profondément son empreinte, il s'établit dans cette rencontre hérédo-{oxique, qu'on me passe l'expression, un conflit dont les manifestations déconcertent si l'on méconnaît les circonstances spéciales qui avivent ce contact. » Garnier décrit ainsi les trois formes excito-motrice, hallueinatoire et délirante de l'ivresse.
« L'appoint alcoolique peut être faible ; la réaction est soudaine, brutale, dramatique, inconsciente ; le sujet s'endort et « le sommeil de l’homme endormi a guéri le cauchemar de l'homme éveillé. » (Dupré.)
Tel le cas, rapporté par Garnier, de ce sous-officier qui rentre ivre, croit voir sa femme couchée avec un homme, Ure son sabre, perce le traversin à côté de sa femme, puis poursuit la malheureuse, épouvantée, qui se précipite par la fenêtre et tombe sur une véranda. On entre dans la chambre, on trouve le sous-officier endormi, son sabre à