‹ De la Psychiatrie d'UrgenceChapitre 5 sur 21 · NU · texte numérisé non relu

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la main el il lui est impossible de croire à ce qui vient de se passer.

Plus intéressant est l'alcoolisme subaiqu, étudié par Lasègue à l’Infirmerie spéciale, et décrit en trois mémorables leçons dans les Archives générales de médecine de 1869.

« J'appelle — dit Lasègue — alcoolisme subaigu la forme apyrétique, exemple des grandes perturbations du système nerveux central, coma, fureur maniaque, ete., el des troubes de circulation locale ou générale qui accompagnent la fièvre alcoolique aiguë ; d'une durée qui excède rarement deux septenaires et qui, presque toujours, est de moins d'une semaine ; caractérisée par un élal délirant assez particulier pour qu’à lui seul il permette d'affirmer la nature de la maladie, par un tremblement également caractéristique, par de l’insomnie et par des malaises digestifs plus ou moins accusés ; forme assez exactement définie, quoi qu'elle s’interpose entre l’acuité franche et la chronicité, pour autoriser un pronostic ; assez commune pour qu'elle réponde aux trois quarts des cas qu'il est donné d'observer. »

Le délire alcoolique, on ne saurait trop le répéter, n'est qu'un épisode aigu, au cours d’une intoxication habituelle, plus ou moins prolongée et chronique.

Fébrile ou non, le délire se montre comme un événement qu'il était possible d’escompter chez un individu qui présente des troubles gastriques, du tremblement des mains, et des cauchemars.

Il consiste essentiellement en des troubles hallucinatoires, visuels, multiples, mobiles, particulièrement

pènibles et commandant des réactions motrices immé- THÉRY. 2

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diates, avec exacerbation nocture de l'agitation anxieuse (réactif de l'ombre, de Dupré).

Ce délire crée ainsi un état de rêve en action et de folie transitoire, extrêmement dangereux pour le malade et son entourage, à cause des réactions imprévues et violentes dont il s'accompagne : aussi l'alcoolisme subaigu est-1l une des sources les plus importantes de situations médico-légales, et d’un grand intérêt en psychiälrie d'urgence.

Le malade présente enfin un état somatique très grave : tremblement, sueurs, souvent température, insuffisance hépalo-rénale, respiration haletante, pouls rapide et petit, imminence de défaillance cardiaque et de collapsus. Dans celte situation critique, tout moyen de contention, tout retard à un traitement rationnel peuvent amener la mort à bref délai, en ataxo-adynamie. Quelquefois même, le malade dont le pouls est filiforme, la langue fuligineuse, la température élevée, succombe avant que son évacuation soit possible.

Lasègue, le premier, a insisté sur le besoin qu'’éprouve tout malade de se figurer en mouvement les objets imaginaires avec lesquels sa fantaisie le met en contact. « La fixilé, dit-1l, est incompatible avec les tendances délirantes de l’alcoolique subaigu, et, pour ce faire, il vivifie pour ainsi dire chacune de ses hallucinations ». Or, chacun des mouvements de son rêve hallucinatoire et terrifiant, l’alcoolique le suit des yeux, du geste, de la parole ; 1l interroge, réplique, discute ; 1l intervient soit en allaquant, soit en se défendant, soit en fuyant, éperdu. Garnier rapporte un grand nombre de ces raptlus

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