INTRODUCTION
dans leurs systèmes , et qu'ils nous ont légué un certain nombre de théories ingénieuses ou profondes sur la nature et les facultés de l'âme. Mais il faut bien l'avouer, la science expérimentale de l'âme humaine, cette étude que toute philosophie suppose et à laquelle toute vraie méthode nous ramène, la psychologie n'avait point alors la forme scientifique qui lui convient : elle ne reposait pas uniquement sur l'observation ; surtout elle n'était pas assez nettement distinguée des autres parties de la science, elle qui les doit précéder et dominer toutes, puisqu'elle contient en germe la solution de tous les grands problèmes et touche à toutes les questions qui intéressent l'humanité. La psychologie n'a été véritablement constituée que dans les temps modernes, lorsque, placée à l'entrée de la philosophie , elle a été étudiée à la fois pour elle-même et pour la philosophie tout entière ; et sans doute cette attention spéciale accordée aux questions psychologiques a dû en avancer la solution.
Toutefois , ce progrès n'a pas été l'œuvre d'un jour : les philosophes de tous les temps y ont contribué. Il nous a paru intéressant de rechercher dans les grands systèmes de l'antiquité les premiers éléments d'une science qui était alors sans nom , mais qui ne pouvait manquer entièrement à ceux qui connaissaient et mettaient en pratique cette grande maxime : TvwQi oeauTÔv. Aristote entre tous nous offrait un beau sujet d'étude. Il a été le précepteur du genre humain en presque toutes les autres sciences; partout ailleurs il est facile de retrouver la trace de ses idées et jusqu'à son langage. Ses opinions sur la nature de l'homme ont aussi exercé une grande influence , et le tableau des