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emprunts qui lui ont été faits dans cette partie de sa doctrine ne serait pas le chapitre le moins curieux de l'histoire du péripatétisme. Notre intention n'est pas de suivre les développements de la psychologie après Aristote et sous son influence. Nous nous sommes simplement proposé de constater à quel point en était cette science dans le \ aste système du péripatétisme et d'apprécier dans la mesure de nos connaissances la théorie des facultés de l'âme, telle qu'on peut la reconstruire d'après tous les ouvrages d' Aristote que le temps a respectés.
Les notions psychologiques occupent une plus grande place qu'on ne pourrait le croire dans la philosophie d'Aristote. Sa logique n'est qu'une suite et une conséquence de l'analyse des procédés intellectuels ; sa rhétorique et sa poétique sont tirées de la connaissance des instincts et des passions de l'homme; sa morale repose sur l'étude de la volonté et des habitudes de l'àme; sa politique prend pour point de départ la nature humaine et se rattache à nos penchants sociaux; enfin sa métaphysique elle-même fait appel à la conscience sur la question de l'essence et sur l'important problème des attributs de Dieu. Ainsi , en bien des parties de cette vaste encyclopédie qui porte son nom, Aristote emprunte ses principes à la science de l'âme et souvent il en traite les points les plus délicats. Ce n'est pas tout : non content de ces analyses partielles , il a esquissé dans son traité De l'âme un système presque complet de nos facultés. On trouve donc dans ses écrits tout ensemble une théorie générale des facultés de l'âme et une analyse particulière de chacune d'elles. N'allons pas nous imaginer
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cependant qu'Aristote ait compris la science de l'âme comme les philosophes modernes , comme l'école écossaise par exemple. Loin de là : alors même qu'il observe et qu'il analyse, il se place toujours à un point de vue général et synthétique. La psychologie n'a môme pas reçu de lui un nom ; à vrai dire , elle n'est pas une partie distincte de son système ; les éléments en sont épars dans la physique et dans la métaphysique, dans la logique et dans la morale, en un mot dans toutes les sciences qu'Aristote a cultivées , honorées, perfectionnées. C'est une grave difîîculté dans l'exposition de ses théories psychologiques que ce mélange d'idées de toutes sortes dont il les faut dégager. Une fois cette séparation opérée , quand on a sous les yeux et l'ensemble et le détail de ces théories, bien souvent on a lieu d'en admirer la profondeur; on admire cette analyse à la fois savante et hardie, une sagacité merveilleuse et une incomparable précision. On s'étonne de voir un philosophe ancien aussi avancé, plus avancé parfois que les plus grands philosophes modernes ; et d'un autre côté , à de nombreuses, à de graves imperfections, on reconnaît aussi la différence des temps et surtout des méthodes. Soit donc que l'on expose , soit que l'on discute pour les apprécier ces doctrines un peu vieillies , on doit se garder à la fois d'un aveugle enthousiasme et d'un mépris irréfléchi , et la justice veut qu'on ait présente à l'esprit cette pensée de La Bruyère : « On se nourrit des anciens; on les presse, on en tire le plus qu'on peut ; et quand enfin on croit marcher tout seul , on s'élève contre eux, on les maltraite, semblable à ces enfants drus et forts d'un hon lait (ju'ils ont sucé, qui