‹ De la psychologie d'AristoteChapitre 24 sur 53 · CHAPITRE Xin · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xin

DE lA PUISSANCE IMAGINATIVE ( tè (paVTao-ClXO'v ) ; JAGINATION ( cfavTacitot ), SONGES (èvûitvia), MÉMOIRE (!J.VYi!X-ri ), ATTEÎVTE ( ï^Tîtç ),

Parmi les puissances de l'âme on remarque l'imaginative, qui par ses actes se distingue de toutes les autres. Où la faire rentrer? comment la mettre absolument à part? C'est ce qui présente de grandes difficultés (1).

Tantôt l'imagination est accompagnée de raisonnement et de volonté , tantôt elle est purement sensitive (2). Dans le premier cas, elle semble être une manière de penser (3) et ne se rencontre que chez ies êtres raisonnables (A). Dans le second, elle est commune à tous les animaux (5), et se réduit à une sorte de sensation affaiblie, premier fondement de l'espérance et du souvenir (6).

L'imagination ou fantaisie est proprement le pouvoir que nous avons de nous représenter une image quelconque (c^avra^f/a rt) (7). Cet acte ne saurait se produire sans la sensation , et il est à son tour la con-

(1) De l'âme, III, 9, § 3. - (2) Ibid., III, 10, § 9 ; ch. 11, § *; Mouv. des anim., VIN, § 4. - (3) De l'àme, III, 3, § 5. — (4) Ibid., ch. 11, § 2. — (5) Ibid., cil. 10,4^9; cli. Il, 5^^ I, 2. — (6) Rlict., I, II, p. 1370, a, I. 28, — (7) De l'Ame, III, 3,^0.

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dition de nos concepts ; mais il se distingue et de la sensation proprement dite et de la pensée (1).

Pour que l'imagination se confondît avec la sensation , il faudrait qu'elle fût toujours sensation en acte , comme la vision , ou en puissance , comme la vue. Or il peut arriver, par exemple dans Fétat de rêve , qu'une image se présente à nous sans qu'il y ait exercice actuel ou même possible d'un de nos sens. Il est certain que les objets de la vue, entre autres, nous apparaissent même quand nous fermons les yeux (2) . D'un autre côté, quand nous percevons distinctement un objet sensible , nous savons fort bien que nous voyons en effet cet objet ou que nous l'entendons, et il ne nous arrive jamais de dire que ce soit un effet de l'imagination (3). C'est que la fantaisie nous donne moins la réalité même qu'une peinture de la réalité; elle nous laisse dans l'état de simples spectateurs , et ne saurait nous émouvoir au même degré que la sensation ou même que l'opinion (4). De plus, il ne semble pas que l'imagination se rencontre partout où il y a sensibilité. La sensation est certainement chez tous les animaux ; mais quant à l'imagination , il est douteux qu'elle leur appartienne à tous (5). Enfin, les sensations sont toujours vraies (6), tandis que les images de la fantaisie sont mensongères pour la plupart (7).

L'imagination étant susceptible de fausseté , ne sera pas davantage l'une de ces deux facultés éternellement vraies, à savoir l'entendement et la science (8).

(1) De l'âme, III, 3, §4. —(2) Ibid., § 7.— (3) Ibid.- (4) lbid.,111, 3, §4 fin.— (5) lbid.,§7.— ((;)Vovc7, plus loin, chap. XIV, p. 135.— (7) De l'àme.l. c— (8) Ibid., m, 3, §8.

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