DE L IMAGINATION
On ne doit pas même la confondre avec quelque conception que ce soit , et ainsi elle n'est pas l'opinion. La fantaisie en effet dépend de nous (i^s/ rj^Iv) et de notre volonté , et l'on peut toujours s'en mettre les objets devant les yeux , comme font ceux qui s'occupent de ranémotechnie et qui ont recours à des images. Nos opinions au contraire ne sont pas en notre pouvoir, et nous ne sommes pas libres de porter ou de ne pas porter tel jugement (I ). De plus , l'opinion suppose la croyance et cette conviction qui résulte du raisonnement , tandis que l'imagination se rencontre dans certains êtres qui ne sont capables ni de raisonner, ni d'être persuadés , ni de croire (2). Il est donc bien clair que la fantaisie n'est pas plus une opinion qu'une sensation ; elle n'est pas davantage une combinaison de l'opinion et de la sensation (3). S'il en fallait donner quelque preuve, il suffirait de rappeler que certaines choses dont nous avons une opinion vraie peuvent cependant nous apparaître sous de fausses images : en vain notre esprit se sera-t-il fait une idée juste de la grandeur du soleil, jamais nous ne nous représenterons cet astre avec un diamètre de plus d'un pied (4).
Qu'est-ce donc que l'imagination? L'imagination paraît être une sorte de mouvement (5) qui dépend de la puissance sensitive , et qui ne se produit que dans les êtres doués de cette puissance et pour les choses seulement dont il y a sensation. Si donc il existe un tel mouvement résultant de l'acte de la sensation , et
(i)Del'ûmc, ni,.3, ^4.-('2)ll.iil.,(j8.— (;))Il.i,l., ^5^9, 10.— (il Ihid. . § 10. —(S) Pliys,,VIII, 3. p. îài.a.