IV. Dans Torigine, les âmes incorporelles vivaient
dans le sein de la pureté , de la vie divine des idées : leur incorporation est le résultat d'une chute inexplicable , et que le destin seul amène.
y. Dans cette existence supérieure , toutes les âmes ont vu , les unes de plus près, les autres de plus loin , les idées , êtres universels et réels , avec qui elles ont nue affinité de nature.
VI. Les ftmes , dans la vie terrestre , se souviennent des idées qu'elles ont vues dans leur vie incorporelle. Les idées, ou plutôt la seule néminiscence de ces idées, voilà le principe de la conna^sance humaine.
YII. L'âme est essentiellement une intelligence : sentir comme vouloir, c'est pour elle connaître ; c'est là son essence.
VIIL Cette intelligence a trois grandes facultés :
1" La faculté de sentir ou de connaître par les sens les choses particulières; c'est l'intuition sensible, paifois accompagnée de peine et de plaisir, et à laquelle se rattache la mémoire matérielle et passive ;
La faculté de réunir sous une idée générale et abstraite, les qualités communes à une umltitude de choses particuHères, £acuUé d'induction,, de généralisation, d'abstraction, de comparaison que Platon nomme l'essence mixte de l'àme ;
3* La faculté de saisir directement et par \m ellurl
CONCLUSION
volontaire , par un acte de mémoire spirituelle ou de
réiniiiiscencc , mais toujours à Voccasion do données sensibles, les principes universels et nécessaires de la connaissance et de Téire. C'est l'intuition du supràsensible, la raison pure , attribuée k l'essence indivisible de l'âme , douée d'un mouvement constamment identique.
IX. Tout ce que l'esprit pense , est réel : on ne peut pas penser le néant. Le degré de réalité des objets pensés se proportionne au degré de pureté de la connaissance qui les saisit ; tout est ainsi tel qu'il est pensé, et aux trois modes de connaître correspondent trois modes d'être , trois degrés d'objets réels.
X. Les chosos saisies par la sensation n'ont pas une existence absolue , ni une essence fixe ; elles ne sont pour ainsi dire qu'une apparence , qui produit dans l'intelligence une connaissance incertaine, l'opinion. L'opinion se présente sous deux formes : la croyance aux objets extérieurs attestés par les sens ; 1 imagination, degré inférieur de la croyance; on peut joindre à ces Acuités la mémoire passive.
XL Les lois générales, tirées par induction de la multitude des objets particuliers, fprnient des essences intermédiaires, des nombres mathématiques. Ces essences intelligibles ont un degré d'être supérieur aux choses sensibles, parce que, bien qu'elles supposent l'opération préalable des sens , elles ne sont pas connues par eux; elles ressemblent aux idées en ce qu'elles sont immuables et étemelles ; elles en diflèrent en ce qu'il y en a plusieurs semblables, tandis
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que ridée est seule et une , h (mvov. La connaissance qui obtient ces genres logiques est la ^lovota, faculté de latraison discursive, ce que nous appelons l'enten-
demeht.
XII' L'idée universelle et nécessaire est un être réel et absolu, parce que Uintelligence ne comprend
absolument que Tuniversel , et le comprend sans Tintermédiaire des sens. La connaissance obtenue ainsi, est la science, infaillible de sa nature ; la faculté, c'est la pensée, y^mç , ou la raison pure , voCç.
Xin. L'ilme no reçoit pas la scJence : la science est infuse en un cliacun , en ce sens que toute âme en a la faculté et l'organe. Tout se réduit à une méthode de diriger cette faculté, c'est à dire à une éducation de l'âme.
XV. Bien que la gymnastique et la musique puissent contribuer à introduire dans làme quelques vertus , ce n*est là qu*un prélude et comme une initiation par les petits mystères ; mais la vraie méthode pour l'âme de s'élever à la science , la grande initiation aux augustes mystères de la sagesse, c'est la philosophie.
XVI. La philosophie n'est pas purement spéculative, elle est pratique. Fondement de la politique, de l'art militaire, de l'éloquence, de la poésie, de la musique , elle ne se borne pas à faire des sages heureux d'une vie contemplative, solitaire et égoïste; elle n'a rempli toute sa destination que lorsqu'elle a formé des hommes héroïques et sages, des âmes prudentes, courageuses et douces, capables de fonder el de
CONCLUSION
sauver les états. Le inrai philosophe est à la fois un
orateur, un poète , un soldat , un sage et par dessus tout un grand citoyen. *
XYIL Quand l'âme épurée par la philosophie aura rempli cette grande mission, elle ira jouir de la récompense qu'elle a méritée, auprès de l'âme di\ine à laquelle elle est attachée et dont elle partage le bonheur. Mais une fatalité inyincible l'en détachera encore , pour lui Mre recommencer un nouyel ordre d'existences terrestres ; et ce mouvement ne s'arrêtera pas : c'est le cercle éternel de la vie universelle, eireulm œtemi motm,
l R<'p. , VI et Vif. Platon, comme Socrate, avait porté les armes et avait roiiitinltii dans les campagnes do Tanngre, de Corintheetde Délium. C'est ce ((uo nous rapporte Diogène Laërle.