AUGUSTE DURAND, LIBRAIRE
RUB IIB8 GRiS^mBOmiB, 5
DE
« De CfOo dmtnâU :
(4«i%aal , Sol.. X , 87. )
< La oottnaissanoe de dei-méaie esl le priitciiMt de la pliilosophie etdo ladoelrioeda Platon. *
(Proelus, C&mmml. $wr l'Àkib,, loni. H , p. 9. Ed. Carnier. )
Sous ce titre, que les anciens n'ont pas connu, et dont la signification^ dans la science moderne^ est peut-être ici trop étroite, je me propose de faire connaître Fensemble des théories de Platon sur Fàme.
Les philosophes de l'antiquité ne se sont pas contentés d'analyser les phénomènes et d'étudier
.oogle
les facultés de Tàme humaine : ils ont cru pouvoir
pénétrer sa nature et son essence, découvrir son origine ^ &ire son histdre et prédire sa future destinée^ comme ils pensaient retrouver les traces de ses destinées antérieures. De là, dans la science de Tàme, pour eux et principalement pour Platon, deux grandes divisions , et dans ce travail deux parties très distinctes. L'une, toute métaphysique, aura pour objet la nature, Fessence, l'origine, la destinée de l'âme; l'autre, plus véritablement psychologique, aura pour objet de déterminer, de détinir, de classer les actes de Tâme, et de les ramener aux causes diverses, c'est à dire aux diverses facultés qui les ont dû produire.
Dans une troisième partie, purement complémentaire, je me suis efforcé de montrer rapidement les rapports intimes de ces doctrines avec le système général dont elles font partie, et je ne crois pas exagérer Fimportance du rôle que joue dans la philosophie de Platon la science de l ame, eu disant qu'elle en est le véritable fondement et le principe solide.
Enfin, j'ai formulé en un certain nombre de pro-
positions, et, pour les appeler par leur nom, de positions, que je me suis efforcé de rendre à la fois claires et brèves, les points principaux de la psychologie platonicienne^ dans leur succession logique et leur ordre rationnel. On trouvera là, en quatre pages, la conclusion de cette longue analyse, et le résumé rapide de la grande et féconde doctrine qui en a été 1 objet.
Platon n'a pas composé, comme l'a fait Aristote, un traité spécial de Tàme; sur ce sujet, comme sur tous les problèmes de la philosophie, ses théories sont éparses et disséminées. Pour refaire l'ensemble de sa doctrine psychologique, pour en retrouver le principe et 1 unité secrète, il faut courir d'un dialogue à l'autre. Le choix des textes, l'ordre des idées, la succession des citations qui constitue à elle seule un ordre logique, tout est arbitraire, ou du moins tout est libre : ^c'ést déjà une interprétation et une critique. Je n'ai pas cru pouvoir, après l'avoir nécessairement commencée, la laisser dans cet état informe ; j'ai donc mêlé la critique à l'analyse, et fait effort pour juger les doctrines en les exposant.