PREMIÈRE PARTIE
DOCXAmS MÉTAPHYSIQUE DE PLÂTOI>I âUA L AME.
Il est impossible , dit Platon , de bien connaître la nature de TÂme si Ton ignore la nature universelle. * Comment Tbomme aurait-il une ftme si Tunivers n'en avait une , * et comment se rendre compte de la nature de l'âme universelle sans connaître le système de Funivers, et le rôle que l'Âme y joue, la place qu'elle y remplit? Trouvons d*abord l'essence absolue des choses, et, cette essence connue, nous trouverons ensuite ce que nous sommes nous-mêmes. * Lors- qu'on veut connaître un objet quelconque et en étudier la nature, il faut commencer par en cher-* cher la notion générale, * et considérer si c'est une chose simple ou composée. Si c'est une chose simple, il faut étudier son essence d'abord, puis ce qu'elle est destinée à faire et sur quoi elle doit
1 Phèdre, p. 970, e.
2 Phèdre, id.
3 1" Alcib., p. 129.
4 Philèb. . p. 30.
FKEMIÈRU l'AKTiË.
agir, ce qu'elle est destinée à souiïrir, et do (jni ou de quoi elle doit le souffrir; en un mot, ses propriétés actives et passives. ^ £n commençant Texposition delà psychologie de Platon par la métaphysique de l'âme, je reste <loiic fidrlc non seulement à l'esprit de sa méthode, qui certainement consiste à s'élever tout d'abord à un principe général , mais encore aux indications précises et spéciales qu'il a formulées dans le Phèdre, à l'iu'casion de rt'iiKir de Tàme, et (ju'il a suivies lui-môme dans ce dialogue, aussi bien que dans le dixième livre des Lois et dans le Timée.
Si donc il est vrai , suivant Platon , qu'on ne puisse connaîtr»' la nature de l ame humaine sniis eunnaîlre la nature de l'âme de l'univers, ni comiaitre la nature de Fàme de l'univers sans connaître l'univers lui-même et la nature entière des choses, il faut se résigner à suivre Platon et à ahorder courageusement avec lui ce grave problème de l'origine et de la nature des choses, dans l'espoir d'y trouver aussi Vàme, et nous l'y trouverons en olVet.
11 nous est d'autant plus nécessaire de montrer qu'il y a une métaphysique solide dans Platon, qu'une des objections capitales élevées contre son système ne va pas à moins qu'à l'accuser de ruiner l(^s fondemenls de l'être et de le remplacer par un vain idéalisme. Dans une doctrine qui n'admet aucune substance individuelle, dit-on, ni matérielle ni immatérielle; où il n'y
1 Philéb. , p. 11).