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De la psychologie de saint Augustin

L’hisloire a négligé trop longtemps les ouvrages des grands écrivains religieux, pour se renfermer dans l’étude des productions purement profanes. Il faut qu’elle se dirige, — on l’a compris de nos jours, — d’après dps principes plus larges, et qu’elle soumette à son examen impartial tous les travaux comme toutes les institutions du passé : autrement il y aurait dans l’ensemble de ses résultats une lacune considérable, et le tableau qu’elle trace de la pensée humaine resterait incomplet et inachevé. A quoi servirait, en effet, d’analyser les écrits d’un Dion Chrysostome et d’un Thémisle, ceux d’un Macrobe et d’un Libanius, qui furent ou de simples artisans de paroles ou de pâles représentants d’une époque évanouie, si l’on dédaignait les ouvrages d’un Origène et d’un Augustin, en qui toute la vie intellectuelle et morale de leur temps se résuma d’une manière si éclatante?

Nous savons combien il est difficile de loucher à ces livres presque sacrés, sans s’exposer à se faire accuser, par les âmes religieuses, d’une témérité coupable, et par les esprits indépendants, d’une timidité indigne de la science. Mais nous croyons que le libre examen et le respect ne sont pas à ce point inconciliables, qu’on ne

puisse pratiquer l’un sans abjurer l’autre. On peut être, suivant nous, dévoué aux idées nouvelles et partisan du siècle présent, sans méconnaître la grandeur de la religion et les merveilles des siècles passés. Nous en avons pour garant un écrivain illustre, le prince de la critique contemporaine. Avec cette même plume qui avait si admirablement reproduit les traits tout modernes de Montesquieu et de Buffon , de Rousseau et de Mme de Staël, n’a-t-il pas fait revivre les mystiques figures d’Âthanase et de Grégoire, de Jérôme et d’Augustin, sans que la différence des sujets ait altéré en rien l’exactitude et la fidélité des tableaux? Nous soi ons heureux qu’on retrouvât dans notre essai la haute i < partialité qui règne dans ses chefs-d’œuvre.

DE

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