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DE LA

PSYGHOLOaiE DU LANGAGE

Nous avons dans une précédente étude sur les Divisions de la Linguistique indiqué quelles sont la part et la place de Vêlement psychique dans cette science, comment il vient animer le langage et accomplir définitivement l'œuvre commune que la phonétique avait préparée et qui se réalise dans la morphologie. Nous envisageons dans l'étude présente séparément la psychologie du langage, auquel nous donnons le nom spécial de Psychique.

Ce nom était nécessaire, car [la psychologie du langage ou psychique diffère profondément de la psychologie générale ; la psychique ne considère la pensée humaine qu'en tant qu'exprèssïble et s'accommodant à l'expressionj

Les grammaires pratiques contiennent à côté de la phonétique et de la morphologie une partie spéciale appelée syntaxe ; il ne faut pas la confondre avec la psychique^ quoiqu'il y ait sur beaucoup de points coïncidence. Ainsi la syntaxe s'occupe de l'ordre syntaxique des mots, de la construction de la phrase ; ce chapitre de la syntaxe n'appartient pas à la psychique, mais à la morphologie dans beaucoup de cas ; c'est un moyen pour certaines langues ^exprimer les relations, ce qui est essentiellement morphologique. Par contre, la psychique contient de plus que la sjmtaxe le classement des mots en diverses parties du discours. Il y a coïncidence en ce que les deux s'occupent de l'emploi des différentes catégories grammaticales, modes, temps, cas, etc. En un mot, la syntaxe, division empirique et un peu composite, n'est qu'une partie importante de la psychique.

Qu'est-ce que la psychique ? Est-ce l'introduction d'un élément volontaire dans le langage, élément qui disposerait ensuite

i son gré de ceux naturels et nécessaires fournis par les autres )arties de la linguistique ? Nullement ; la psychique n'est pas )lus volontaire que la phonétique ou la morphologie ; si elle 'était, ce ne serait plus une science. La psychique vient de "homme, mais se fait sans et malgré lui, par conséquent, est lussi régulière que toutes les autres parties de la linguistique. lans doute, quelquefois, la volonté volontaire de l'homme ipparaît à titre d'exception dans la psychique, mais elle appaait bien au même titre dans la morphologie et la phonéique, et nous nous en occuperons comme telle seulement dans m chapitre, spécial. C'est faussement qu'on a cru voir dans analogie l'exercice de cette force capricieuse attribuée à la isychique ; l'analogie, comme nous le démontrerons, n'apparient pas exclusivement à la psychique, mais aussi bien à la Qorphologie et à la phonétique, et d'ailleurs ce n'est nullement me force capricieuse.

VLa psychique peut se définir : l'étude de télément intellectuel u langage, dont la phonétique est l'élément physiologique, t la morphologie la résultante ; dans cette définition, il faut onsidérer le langage déjà parlé comme un être véritable [uoiqu'abstrait, et non le langage non encore parlé dans sa iroduction, dans son état de simple fonction]

L'élément intellectuel du langage a sa place historique. Il l'apparait pas tout de suite ; les autres éléments lui sont antéieurs. L'enfant prononce toutes les syllabes, avant de leur ittacher aucun sens. D'ailleurs quand cet élément apparaît, il ne aisonne point, mais opère par instinct. Cependant il est bien listînct du langage lui-même, n'en est pas la simple efflores- :ence. Ces points importants ont besoin d'être expliqués.

La science Unguistique actuelle a une tendance trop marquée i ne voir dans la linguistique que des sons lesquels produisent les formes, lesquelles à leur tour, par une abstraction pureûent hystérogène et imaginaire, donnent quelques principes )sychiques. Les buts psychiques sont rejetés comme des causes înales. Aucune intention instinctive n'existerait dans le langage, et les résultats ne seraient qu'une suite logique, mais non Jierchée ni prévue, de l'évolution.

Nous pensons que le principe psychique du langage possède ine plus grande autonomie.

Il est vrai qu'il n'existe pas à l'origine, que non-seulement lé langage n'a rien de conventionnel, mais que l'iiistinct psychique qui tend de plus en plus à le diriger, ne s'est pas éveillé tout de Suite. Les sons et les formes opèrent longtemps seuls, chàotiquement d'abord, puis logiquement et par sélection, sans que la psychique y soit pour rien, si ce n'est pour fournir les idées que les formes et les phonèmes expriment. Mais lorsque le temps en est venu, lorsque l'ordre naturel s'est fait, lorsque les sons et les formes sont capableîs de se prêter à la pensée, la pensée humaine les façonne à son tour, et elle le fait, non point volontairement et antiscientifiquement, mais involontairement et scientifiquement par l'instinct. Cet instinct ne vise pas d'ailleurs des causes finales ; il se dirige vers elles sans le savoir en suivant simplement sa pente naturelle. Tel est le rôle vrai, non exagéré, de la psychique dans le langage. Comment l'idée n'aurait-elle pas imprimé sa forme au vêtement qui la recouvre j son caractère à ce qu^8lle rend seule significatif?

Souvent on dit pour abréger que tel système morphologique a été appelé pat tel besoin psychique et lui correspond. C'est là sans doute une expression vicieuse. Tous les phénomènes soit phonétiques, soit morphologiques, sont purement mécaniques), avant de devenir non pas dynamiques^ comme on le dit communément et comme nous l'avons dit ailleurs (le mot dynamique^ dans le langage de la science s'opposant non au mécanique^ mais au statique) mais avant de devenir fonctionnels^ c'est-à-dire avant de répondre à un instinct psychique. Mais lorsqu'ils se sont complètement produits, la psychique intervient, en détourne la direction, en modifie le caractère, y substitue l'instinct psychique à l'instinct phonétique, et les rend fonctionnels ; en ceci encore elle ne raisonne pas, elle ne veut pas, elle se développe sin^)lement et se réalise. Nous en voulons donner un exemple. L'harmonie vocalique est d'abord purement mécanique et phonique ; ce qui le prouve c'est qu'en Jakute elle subordonne la voyelle des syllabes subséquentes à celle de la première, que le mot soit une racine ou se compose d'affixes. Mais bientôt la psychique s'en empare, modifie le phénomène, en lui faisant signifier la subordination des affixes déterminants à la racine déterminée ; eii effet, dès lors, contrairement' à la loi phonique primaire, les voyelles des affixes seuls sont modi-

a celles radicales, et d'autre part l'harmonie, s'il le rient régressive et comme en Accadien modifie le préibrmément à la voyelle radicale qui cependant le suit, le principe psychique, s'il ne préside pas à la formation et des formes, à un moment donné s'en empare, possède iative, et fait prévaloir souvent non le raisonnement ition qu'il n'a pas, mais l'instinct qu'il a, sur l'instinct e et sur l'instinct morphologique. C'est cet instinct ue nous revendiquerons pour la psychique, jour ceux mêmes qui nient cette intervention de la psyians la phonétique et la morphologie, la psychique a sa iropre ; les pensées, les idées qui sont à exprimer lui nnent, et l'étude de ces pensées, de .ces idées serait e pour former toute une science, même en ne les envicomme le fait la psychique, qu'au point de vue de leur bilité.

lent une idée, une pensée en tant qu'expressible se dis- -elle d'une idée, d'une pensée pure et simple ? -Cette on semble un , peu abstraite et nou» l'expliquerons ar un exemple. L'idée pure distingue toujours le concept ï«e, l'être, du concept verbal, AeVaction ouXa. qualité ; il i de pensée humaine qui confonde le substantif œil et voir ; cependant il y a des langues qui les confondent ement morphologiquement, mais psychiquement et qui iguent pas : œil-de-moi et je vois. La pensée pure . deux catégories, la pensée en tant qu'expressible les quelquefois.

est la psychique, telles les limites de son domaine, jont ses divisions ?

5t statique ou dynamique. La statique étudie Yidée et te au repos ; la dynamique les étudie en mouvement, issaiit et réagissant sur l'idée, la pensée sur la pensée, l'idée sur la pensée et réciproquement, enfin les autres le la linguistique, phonétique et morphologie, ou les I extérieurs agissant et réagissant sur ces idées et ces Cette division que nous avons faite dans une autre 5té empruntée par nous aux sciences naturelles, et surmécanique. Il est utile d'observer les éléments séparés, i les voir en contact et en action.

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