ADDITIONS
Nous tentons ici l'explication et le classement de quelques phénomènes que nous avons omis soit dans la présente étude, soit dans notre étude précédente et connexe sur les divisions de la Linguistique,
1<» Coïncidence des divisions internes de la relation d^idée à idée, de celles de la relation cCidée à pensée, et de celles de la relation de pensée à pensée.
Notons d'abord que le génitif que nous avons compris dans natre tableau ci-dessus des relations didée à pensée, soit morphologiquement de mot à proposition, ne peut être celui qui relie le substantif au substantif, puisque celui-là renferme une simple relation d!idée à idée, soit de mot à mot, mais seulement celui, très-analogue d'ailleurs, qui longtemps unit l'idée à la pensée, lorsque le nominatif n'existait pas encore, et que le sujet du verbe d'abord, puis du verbe d'action seul, se mettait au génitif ou possessif.
Nous n'avons donc pas dressé le tableau des relations d*idée à idée, ni celui des relations de pensée à pensée.
Il serait facile de les établir et on les trouverait parfaitement adéquats à celui des relations d'idée à pensée.
En efiet les relations d*idée à idée, ou morphologiquement de mot à mot possèdent à leur tour : 1° le cas génitif proprement dit, et ici l'analogie va jusqu'à l'identité, le substantif est complété par un autre substantif : le frère de Pierre, comme le verbe est complété par son sujet au possessif : de moi aimer Paul = faime Paul, cette tournure quasi-passive étant la tournure primitive, 2® le cas nominatif-prédicatif qui prend ici le nom d^ apposition : U7*bs Roma, ou qui est représenté par Yadjectif attributif \ l'attributif joue dans la relation de mot à mot le même rôle que le prédicatif dans celle de mot à proposition, 3* le cas ablatif dsxis ces mots : cuir de Cordoue, 4** le cas datif dans ceux-ci : verre à boire, 5** le cas instrumental dans ceux-ci : la mort par les armes, 6® tous les cas locatifs, par exemple Vinessif dans ces mots : Paris en France^ le ter-
minatif: guerre à mort, etc. VaccusatifceipendB,nt semble faire défaut ; il existe pourtant, par exemple dans ces mots : tireboucfion, mais alors il y a composition bien plus que relation proprement dite. En réalité, son rôle est rempli par le génitif; lorsque je dis : le frère, Tidée non-seulement n'est pas complète, mais elle n'est même pas entière, pas réelle ; si j'ajoute : de Pierre, l'idée sera devenue nette. Il en est ainsi lorsque je dis successivement : je fais, puis : je fais la guerre. Dans le premier cas, l'idée est abstraite et vague, elle ne se réalise que par l'addition faite dans le second cas. Le génitif joue donc dans la relation de mot à mot le même rôle que celui que joue l'accusatif dans celle de mot à proposition. Le verbe a emprunté son accusatif au datif, comme idée ; le substantif a emprunté son accusatif au génitif.
La même coïncidence existe dès l'époque où l'expression se faisait par l'ordre de construction seul. Alors le génitif précéda le substantif qui le dominait, de même que l'accusatif précédait le verbe qui le dominait aussi, le tout d'après le principe que le déterminant ou le complément devait précéder le déterminé ou le complété. Le substantif au génitif vis-à-vis de Yautre substantif, et le substantif à l* accusa tifvis-àrvis du verbe jouaient donc le même rôle de déterminant.
Il en résulte que l'idée avec les idées en relation qui gravitent autour d'elle imite une proposition, c'est-à-dire la relation d'idées à pensée, ou l'équation. On peut, en la développant, déduire cette équation. Lorsque je dis : Dieu bon fait le bien, je pourrais dire : Dieu est bon -f il fait le bien, et au lieu d'avoir V une relation d'idée à idée, de Dieu à bon, 2° une autre d'idée à pensée : Dieu fait le bien, j'aurais ainsi deux relations d'idée à pensée. De même lorsque je dis : l homme bon fait le bien, je pouiTais dire avec le même sens : si l'homme est bon, Vhomme fait le bien, et alors au lieu d'une relation d'idée à idée, plus une relation d'idée à pensée, j'aurais deux relations d'idée à pensée, plus une relation de pensée à pensée. On pourrait donc en conclure que la relation d'idée à idée n'est que la réduction , l'abréviation par le résultat de la compression de la phrase, tantôt d'une relation d'idée à pensée, tantôt même, comme dans le second exemple cité, d'une relation de pensée à pensée.
Ce serait cependant une erreur, car la relation d'idée à idée est plus ancienne, ce que nous pouvons constater par son expression morphologique. La proposition s'exprime d'abord comme si elle ne contenait pas son équation, puisque d'abord on ne disait pas faime, c'est-à-dire : moi = aimer, mais bien : de moi-amour^ c'est-à-dire moi < aimery en d'autres termes : le nominatif représentatif de l'équation n'étant pas encore découvert, le génitif, cas caractéristique de la relation d'idée à idée, en faisait fonction. Nous verrons un peu plus loin qu'à son tour la relation d'idée à pensée fit longtemps fonction de relation de pensée à pensée. Enfin la relation tout entière ellemême avait d'abord été renfermée en germe dans la détermination et dans la composition, où l'on peut encore en découvrir les principes antéhistoriques.
Les relations dépensée à pensée ont aussi des divisions coïncidant avec celles typiques des relations à'idée à pensée. C'est ainsi que le nominatif Ae proposition à proposition ou l'égalité est représenté par les propositions simplement coordonnées. Celles suhordomiées par l'intermédiaire d'un pronom relatif qui les relie à un substantif de l'autre proposition imitent le cas accusatif àe la relation à! idée à pensée, ou le cas génitif Aq la relation diidée à idée. Celles qui se relient par l'adverbe où imitent le cas locatif y celles qui se relient par l'adverbe afin que imitent le cas datif etc.
Le point de départ, l'embryon de relation, est donc la relation entre deux idées qui peu à peu se développe en relation d'idée à pensée, puis en relation de pensée à pensée.
Ceci nous amène à rechercher plus profondément d'abord quelle diflférence essentielle il y a entre ces relations, puis ce que c'est que la relation en elle-même.
La relation diidée à pensée, ou proposition renferme un jugement, une affirmation positive^ négative, ou dubitative, c'est donc une équation ou une inéquation subjective établie entre deux idées pour former une pensée.
Nous disons : équation ou inéquation, parce que la proposition ne se compose pas^ uniquement du sujet et du verbe, et qu'il faut tenir compte au même degré des compléments logiques. Entre le sujet et le verbe, il y a équation, et on peut dire que cette proposition : Dieu est bon, serait beaucoup mieux écrite ainsi : Dieu = bon.
Hais dans cette proposition ancienne : de moi-amour-Paul = '■me Paul ou dans celle-ci : de moi esl aimé Paul ^ Paul est m par moi, entre nioi et aime i] n'y a plus d'égalité. L'action lérale d'aimer est regardée comme dominante; le substantif : ï y est subordonné et le restreint ; il y a inéquation dinférilê, dans le possessif ou l'ablatif: moi <C aimer. De même Yinéquation au lieu d'être à'in/ériorité peut être supériorité et s'exprimer par le signe >. C'est ce qui a lieu ns l'accusatif et le datif. Dans ces cas le but de l'action est )érieur à l'action elle-même, la domine, tandis qu'au conire cette action dominait le point de départ, c'est ce qui îlique ïanliquité de la tournure passive, plus logique dans sens. Il est plus naturel de dire : Paul est aimé par Pierre, 3 de dire : Pierre aime Paul, parce que ce qu'il y a de plus éressant, le sujet intentionnel, ce n'est pas le sujet de l'acn, ce n'est pas l'action elle-même, c'est son objet. C'est ainsi e le premier titre d'un livre est l'objet dont on traite ; le m de celui qui agit, de l'auteur, ne vient qu'après. L.a proposition pouvant se définir A=B, A<B, A>B, A et B ,nt des idées différentes, il faut ajouter que A ne doit pas être la même nature que B.
Sous avons dit déjà qu'il n'y a que deux sortes d'idées difféites : les idées de substance, les idées de qualité, ou action ; A est une idée de substance, B devra donc être une idée de alité ou action, et vice-vei-sa.
La relation de pensée à pensée contient aussi l'équation, l'inéation d'infériorité et l'inéquation de supériorité ; seulement i rapports, au lieu d'exister entre deux idées de manière à mer une proposition, existent entre deux pensées déjà enres, c'est-à-dire entre deux équations ou inéquations déjà mulées. Nous n'avons pas à nous y arrêter.
Mais si la relation d'idée à idée consiste aussi à son tour en lations et inéquations, il est plus difficile, de voir alors en oi elle diffère de la relation d'idée à pensée. Quand je dis : eu bon par exemple, ne pourrais-je pas écrire : Z)ieu= bon, ;t comme lorsque je dis : Dieu est bon ? En cela, en effet, il 1 confusion réelle. La relation d'idée à idée se résout en lation, et en inéquation d'infériorité ou de supériorité. Lorss je dis : Vkomme bon, à la différence de l'exemple précédent.
il y a ici inéquation d'infériorité, car tous les hommes ne sont pas bons ; je restreins donc Tidée d'homme, de telle sorte que homme bon < homme^ tandis que : Dieu bon = Dieu, On pourrait démontrer de la même manière l'inéquation de supériorité. Mais ce qui différencie la relation d'idée à idée de celle d'idée à pensée, c'est que l'équation est latente au lieu d'être formelle, que cette équation ou inéquation n'est point intentionnelle, que Fintention, au contraire, est la détermination. C'est pour cela que la détermination et la relation d'idée à idée se confondent si facilement, que le génitif ne se distingue pas par des limites précises de la composition pure et simple, et qu'ils viennent à se fondre ensemble dans le composé syntactique.
Telle est la différence fondamentale entre les trois ordres de relations, malgré la coïncidence de leurs divisions.
Qu'est-ce maintenant que la relation en elle-même ?
Les explications auxquelles nous venons d'être entraîné renferment déjà la réponse à cette question. Qu'est-ce que l'équation, l'inéquation de supériorité et celle d'infériorité, si ce n'est la comparaison, cette source de toute idée subjective, puis de toute pensée. En dehors il n'y a que l'idée purement objective, l'idée isolée. Dès que deux idées se suivent, l'esprit humain les compare ; c'est cette comparaison qui est le fond de la relation.
Dans le tableau que nous avons dressé la première colonne donne la comparaison d'infériorité, la seconde celle d'égalité, la troisième celle de supériorité.
2<> Équilibre et déséquilibre entre Vêlement objectif et télément subjectif de la linguistique, entre la phonétique et le psychique. — Phénomène de mirage linguistique, -— Phénomène de renversement.
Nous avons observé déjà ce qui est bien connu sous le nom de phénomène d'adhérence, et consiste à détacher d'un mot, avec. un suffixe, une partie de sa racine, pour faire du tout un nouveau suffixe qu'on attache ensuite à d'autres mots. Par exemple, le suffixe : Ko s'étant souvent attaché à des mots dont le thème finit en : i, on en a tiré le suffixe plus plein : iko lequel s'attachant à des thèmes finissant en t, on en a tiré ensuite, en arrachant le t du thème, le suffixe plus plein encore :
ko qu'on a pluts tard affixé à d'autres mots. Ce procédé est très 'équent. Quelle en est la cause, ainsi que la vraie nature î
On a coutume d'invoquer l'analogie. L'habitude de rencon- ■er cette finale aurait fait que rorcillc s'y est habituée, et qu'on a généralisée en la transportant à d'autres mots et en y attaliant le sens auquel avait droit d'abord seulement le suffixe loins plein contenu dans cette désinence.
Cette explication, sans être fausse, est incomplète, car si le ingage avait conservé conscience que le phonème transporté ppartenait à un thème et non à l'aflBxe, malgré toute action nalogique, elle ne l'eût pas transporté. Il a ftdlu d'abord que îtte conscience se soit oblitérée. C'est là le point essentiel.
Comment cette oblitération s'est-elle produite ? Par l'oubli e plus en plus profond du sens primitif comme plein du mot lein devenu afflxe, et par l'oubli postérieur de sa forme exacte lle-méme. L'élément psychique, subjectif, a pris le dessus sur élément phonétique, objectif. On n'a plus songé qu'au sens ; i forme est devenue indécise, a empiété sur les formes voisines, ; à la longue on a pris pour un afflxe ce qui était du radical, ^n phénomène très analogue est connu en physique ; c'esj îlui du mirage, phénomène d'après lequel on voit un objet là à il n'est pas. Or, dans les deux cas la cause est la même. C'est ae Xêquilibre qui se conserve ordinairement est rompu entre ibjecli/et le subjectif ; c'est ce dernier qui vient à prédominer •Dp et qui défigure l'objectif.
Ce n'est pas toujours le mot de substance ou un de ses phoèmes qui est pris pour le mot de dérivation ou de relation ; est souvent aussi, quoique moins fréquemment, le mot aflixe ni est pris, au contraire, pour un mot de substance.
C'est ainsi que l'affixe personnel des verbes, détaché du verbe,
été pris pour la copule même, et pour le verbe êlre ; c'est ce ai arrive en Turc, dans la conjugaison : im, je suis, sin, tu es, ;, nous sommes, siniz, vous êtes, id-im, d-im ; j'étais. En Fran- . lis dans le langage populaire, le t euphonique -|- le pronom 3 la 3^ personne devient le symbole de l'interrogation dans ces cutions ; )'éiais-t-U, }'étions-t-U. L'arrouague confond le projm de la 3* personne préfixé avec le radical du substantif et y iperpose ensuite le pronom de la personne qu'il veut espriler. Enfin, il parait aujourd'hui probable, au moins dans les
langues indo-germaniques, que les dfeinences personneEes verbales ne sont point une afflxation des pronoms personnels préexistant séparément et apocopes pour Taffixation, mais plutôt des afflxations de suffixes de dérivation d'origine adverbiale et locative qui n'ont pris leur signijScation personnelle que dans là fonction qu'elles ont remplie dans le verbe, et que c'est cet affixe qui plus tard, en se détachant et en s'ampliflant-, est devenu un pronom personnel autonome. Dans tous ces cas, l'indice de relation a été pris peu à peu pour un indice de substance, et l'est ainsi peu à peu devenu.
A son tour, la perte d/équilibre peut avoir lieu au profit de Yéléne^vt phonétique. C'est ce, qui a lieu par exemple lorsque les pures règles d'euphonie créent ces doublets, qu'on appelle, quoiqu'inexactement, des doublets syntacligues . Par exemple, dans : bel homme, beau spectacle. L'euphonie seule a dédoublé le mot beauj mais quelquefois le dédoublement s'unit à la raison euphonique, par exemple, dans col et cou ; il y a là alors une cause de création de mots, où la production hystérogène phonétique dépasse le besoin psychique, d'où déséquilibre. Ici Vobjectif l'a emporté sur le subjectif.
Cet eœcès tour à tour de subjectif ou d'objectifs c'est-à-dire de l'élément psychique ou de l'élément phonique lors de l'emploi morphologique, est encore très remarquable lorsqu'il s'agit du procédé morphologique d'ordre syntactique pour marquer les relations. Nous savons que celles-ci, entre autres moyens, s'expriment par Tordre obligatoire des mots dans la proposition, suivant le rôle logique que jouent ces mots ; par exemple, le régime direct suit le verbe nécessairement en français, le précède, au contraire, nécessairement dans d'autres langues. Mais cet ordre est souvent interverti alternativement sous l'action de deux facteurs très différents, et à côté de la tournure normate surgissent la /owrwwre inversive et la tournure euphonique.
La première est le résultat de Vêlement psychique en excès Si pour le besoin oratoire je dois mettre en vedette telle ou telle idée, il sera utile, non comme on l'a dit, de placer toujours alors au commencement de la* phrase tel ou tel mot, mais de mettre ce mot à une place autre que celle où on s'attend à le trouver d'après les règles ordinaires ; c'est ainsi qu'en français, le régime direct qui suit d'habitude le verbe le précédera, qu'au
'aire Tad^jectif qui précède ordinairement le substantif i le suivre. Lorsque le mot est ainsi tiré d'une place postée pour occuper la première, cette interversion rend nécesun déplacement harmoni({ue des autres mots de la propo- 1. C'est ce qu'on observe dans la proposition inversive lande. Mais l'inversion n'a pas ce seul effet ; elle a aussi but de changer le sens subjectif de la proposition entière, rendre exclaniative, et surtout interrogative. Cependant ffet se ramène à la même cause. C'est alors le verbe qui est m vedette et à la première place dans les langues ou il ne ipe pas d'ordinaire. C'est que l'interrogation doit attirer îtion principalement sur le verbe, sur l'action. La tourinversive se double souvent, comme en français, de l'eml'un accent d'élévation anormal qui fait partie de l'expresie l'interrogation. Dans d'autres langues il se double aussi pes procédés ; c'est ainsi que le Woloff varie en même s la forme des pronoms personnels employés, seconde tournure est le résultat de l'élément phonique en . En français, par exemple, je dirai un beau chien, mais dirai pas : i:'esl un beau et très fidèle chien. Pourquoi ? Pour otif d'équilibre euphonique. Le mot : chien étant très bref ut faire contrepoids étant àla fin du membrede phrase aux êtes beaucoup plus lourdes ; celles<ci très lourdes, au coni, conviennent à la fin de la période, fin qui est en frand'après les lois de l'accentuation, le centre de gravité. st ainsi que l'élément phonique et l'élément psychique ; souvent en sens contraire, mais d'une manière alternaet font dévier de la position d'équilibre.
Explication du doublet tf ordre syntactigue.
doublet bien différent du doublet syntactique dont nous is de parler, est celui qu'on rencontre dans les locutions ntes : homme brave et brave homme, grand père et père î, bon homme et homme bon, pauvre homme et homme '■e. Nous avons dit dans une étude précédente qu'on était parvenu à varier le sens avec les mêmes mots par le e orde syntactique, lequel dés lors était assez puissant eulement pour exprimer la relation, mais aussi pour chau-
ger la signification, ou au moins la nuancer. Nous avons ajouté que Tordre de Tadjectif avant le substantif indique un sens abstrait, tout au moins figuré, • tandis que Tordre inverse exprime le sens propre. Il reste à expliquer comment cette distribution a eu lieu, une telle distribution ne pouvant être intentionnelle, puisque Tintention ne peut jamais être le point de départ d'un procédé linguistique.
La construction la plus ancienne a été celle où Tadjectif précédait le substantif, et môme cette construction s est conservée presque toujours en français toutes les fois que Tadjectif n'est pas restrictif, ou ne doit pas être mis en vedette par Tin version. Or, les mots ont toujours et de bonne heure une tendance à passer du concret à Tabstrait, du propre au figuré ; cette tendance a donc commencé à produire son effet sur Tadjectif lorsque celui-ci précédait toujours le substantif et a dû ainsi continuer sur lui, tandis que quand Tadjectif a pu aussi se placer après le substantif il a dû prendre le sens contraire, le sens propre et concret .que Tadjectif placé avant avait abandonné.
4*^ Explication phonétique de Vinfluence de Vaffiœe sur la racine dans les langues fleooionnelles , par opposition à celle de la racine sur taffiœe dans les langues agglutinantes à harmonie vocalique.
Nous avons dit dans notre étude sur les Divisions de la Linguistique que les langues Indo-Germaniques faisaient agir la voyelle désinentielle sur les voyelles radicales, parce qu'étant rendues psychiquement à un degré plus élevé de l'abstraction , elles faisaient prédominer Télément plus abstrait de relation sur celui plus concret de substance, tandis que pour la raison inverse, les langues ouralo-altaïques faisaient prédominer dans leur harmonie le radical sur Tafflxe. On peut critiquer cette explication psychique, comme supposant un choix intentionnel, ce qui est contraire à Thistoire du langage ; il faut donc en rechercher le motif immédiat et phonique. Ce motif, le voici.
Le suffixe indo-germanique est de nature pronominale, il se compose d'une syllabe courte, quelquefois même d'une simple
idé- Elle t au aent jue." ion, d'un reut trer I, le i de
agir ical, tmé pas it le