CHAPITRE XIV
DU CLIMAT DBS ETiTS-UNIS.
Causes qui concourent à rendre le climat des États-Unis tempéré. — Obser* f ations météorologiques exécutées par ordre du département médical ée l'armée. — Résultats qu'elles constatent. — Trois climats bien distincts aai États-Unis, suiyant trois grandes dirions terri roriales correspondantes da littoral, de rintérieur et des bords des grands lacs. — Le nombre des jonrs clairs et couverts suit la même division. — Quantité d'eau tombée. — Tableau des températures moyennes aux Etats-Unis. —Théorie des ouragaas, tempêtes, par le pfofesseur Espy.
Le climat d'un pays influe au moins autant que sa configuration physique sur le caractère de ses habitantSy leur esprit et leur tendance industriels, l'espèce d'industrie qui peut s'y développer, enfin sur le mouvement des populations. On nous saura donc gré de dire ici quelque chose sur le climat des États-Unis.
La position géographique du continent américain assure au climat des États-Unis une température moyenne, favorable au plus grand développement possible des facultés physiques et intellectuelles de l'homme.
Diverses causes tendent à assurer cet heureux résultat ; la première, c'est la présence du courant du golfe ygulf siream)y sur le littoral de l'Atlantique, qui apporte avec lui une masse d'air chaud et humide qui, inces*
samment renouvelé, exerce une puissante influence pour modifier la température des terres. Ce courant, qui longe les côtes depuis le cap des Florides jusqu'au banc de Terre-Neuve, devient aussi un puissant agent pour combattre l'effet de masses de glaces flottantes qui sortent de la baie de Baffin. Sans cet heureux phénomène naturel, le littoral des Ëtats-Unis serait, une grande partie de Tannée, sous l'influence glaciale des frimas du Nord.
Une seconde cause, non moins importante et qui contribue également à rendre le climat des Ëtats-Unis tempéré et salubre, c'est l'admirable système hydrographique de cette partie du nouveau monde, présentant un immense développement de côtes baignées par l'Atlantique, une espèce de mer intérieure d'eau douce au nord-ouest, évaluée contenir la moitié des eaux douces du globe, et des fleuves, des rivières, dont les eaux courantes arrosent et vivifient toutes les parties de ce vaste territoire sans y créer de ces marais insalubres tels que le travail de l'homme ne puisse rendre à la culture.
Une troisième cause, enfin, qui concourt à rendre le climat des Ëtats-Unis tempéré, c'est l'absence de montagnes assez élevées pour y entretenir des neiges perpétuelles. L'Union est traversée du nord-est au sud-ouest par une chaîne de montagnes dont la hauteur moyenne ne dépasse pas 1,000 mètres.
Pour apprécier, autant que possible, la valeur de ces données générales, il était nécessaire de comparer entre elles un certain nombre d'observations météoro*
logicfues faites suç divers points du vaste territoire des États-Unis ; c'est ce qu'a cherché à établir le d^ partement médical de Tarmée, en faisant exécuter ail)[ divers postes militaires où les troupes fédérales tiennent garnison, une série d'observations sur la température réelle, la direction des vents, et la quantité dès jours clairs ou couverts de l'année.
Ce travail météorologique, commencé par les soiûs du chirurgien en chef Lovell, a été continué par son habile successeur, M. Thomas Lawsoh, qui a fait imprimer tout dernièrement le résultat de ses observations sous la forme de tableaux.
Les divers postes auxquels ces observations ont été faites sont compris entre 27® 57' et W 39' de latitude boréale, et entre 67® 34' et 95® 43' de longitude ouest de Greenwich, embrassant, par conséquent, une étendue de territoire de 18® 40' dé latitude et de 25® 39' de longitude.
Voici les résultats que j'ai été à même d'en déduire.
Les Ëtats-Unis possèdent trois climats très-disti&cts que déterminent trois grandes divisions territoriales susceptibles de nouvelles subdivisions ou zoneà, suivant les causes physiques qui peuvent exercer unfc certaine influence atmosphérique.
Ces trois grandes divisions sont : celles du nord, dt milieu et du sud; celle du nord s^étend depuis lé point extrême nord de la frontière jusqu'à 39' de latitude. Ge qui la caractérise éminemment, c'est qjà la température moyenne y est comparâtiv6ibènt pèt
DE LA PUISSANCE AMéRIGÂINE. 487
élevée. Celle du milieu est comprise entre 39^ et 35*, et offre le phénomètie d'une très-grande irrégula-^ rite datis sa température, variant à&^èt brusquement de l'extrême froid à Textrème chaud. EnBn la troisième division, celle du sud, s'étend depuis 35* jusqu'à 25% près du cap Sable dès Florides. Dans cette division, le climat a une température extMàive et très-élevée.
La plus grande variété de climats Se trouve dans là première division. En effet, le long du littoral de la Nouvelle- Angleterre, le voisinage de la mer n'a pas seulement pour effet de rapprocher les points extrêmes de la température des saisons froides ou chaudes, mais encore il augmente notablement la température lihoyëïine. Puis, eii avançant vers l'intérieur des terres, lèis Variations de température sont et plus brusques et pl\is jfôrtes, et, par suite, deviennent excessives dans les deux extrémités.
n a été également constaté que la présence des girànds lacs, dans le Nord-Ouest, exerçait une influence non moins marquée que celle de la mer sur les variations et les intensités du climat : ainsi, dans le voisinage des lacs, on retrouve, à uîie très*-feible différence près, le même climat que sous le littoral ; mais au delà de la limite à laquelle ces mers intérieures peuvent exercer leur influence, oh retrouve les mêmes alternatives de température excessive.
Il est vrai que la masse d'eau que présente la Méditerranée américaine avec son dëbonëhé natnnl, le Shii^Lâttitent^ est quelque cfaoft de tfettiât^usfble.
488 DE LÀ l'dlSSANGË AMÉRICAINE.
Ainsi le bassin du Saint-Laurent seul a déjà une superficie d'environ 103,560,000 hectares dont 24,336,600 hectares sont occupés par les eaux sur un développement de plus de 800 lieues, depuis la tête du lac Supérieur jusqu'au golfe Saint-Laurent: c'est donc une surface qui couvrirait près de la moitié du territoire de la France ! Il n'est donc point étonnant qu'une si grande masse d'eau puisse exercer une influence directe sur le climat des pays environnants.
Je passerai maintenant à donner quelques résultais des tableaux précités sur le climat de la première division.
A Âugusta, dans l'Ëtat du Maine, et situé sur le Penobscot, près de l'Atlantique, et par 43^ 21' de latitude, la température moyenne pendant les années 1819, 1820, 1821, 1822 et 1823, calculée à l'aide de la combinaison des maxima et des minima journaliers, a été de 4- 7^ 80 centigrades : le thermomètre s'est abaissé à — 29** 45 et s'est élevé à + 35"*, présentant ainsi 64® 45 de variation entre les deux points extrêmes.
Au poste du fort Crawford, situé par la même latitude, par conséquent dans la même division, mais dans rintérieur des terres et loin de l'inQuence des lacs ( le fort Crawford est élevé à l'embouchure du Wisconsin dans le Mississipi ), la température moyenne a été de H- 9M5 : le thermomètre s'est abaissé de — 30* 00, et s'est élevé de -h 35® 56 , présentant ainsi 65* 56 de variation entre les deux points extrêmes.
Ainsi , pendant ces cinq années d'observations , 1
DE LA PUISSANCE AMÉRfCÂlNK. ^89
température moyenne dp l'année a été, à l'Ouest, dans l'intérieur des terres, de 0® 65 plus élevée qu'à l'Est, sur les bords de la mer, et la variation du thermomètre a été de 1® 11 plus grande.
En comparant une série d'observations faites sur le climat des bords des lacs et celui de l'intérieur des terres, j'ai trouvé les résultats suivants :
Au poste militaire du fort Brady, situé près des chutes de Sainte- Marie, entre les lacs Supérieur et Michigan, par 46® 39 de latitude, la température moyenne de l'année a été de -f- 7® 78 : pendant l'hiver, — 7*^ 23; pendant le printemps, 4- 5® 10; pendant l'été, -+- IT 78 ; enfin, pendant l'automne, -f- 10^
Au fort Snelling, situé aux chutes de Saint-Antoine, sur le Mississipi, et par W 53' de latitude, en dehors, par conséquent, de l'influence des lacs, et 1° 86' plus au nord que lé précédent poste , la température moyenne de l'année a été de H- 5*^ 00, 2® 78 par conséquent moins élevée que sur les bords des lacs. La température moyenne pendant l'hiver a été de — 7** 78, ou 55 plus basse que sur les bords des lacs. Au printemps, la température moyenne a été de H- 9**, ou 4® plus élevée dans l'intérieur des terres. Enfin, pendant l'été, la température moyenne a été de -h 23^90, ou de 6" 12 plus élevée que sur les bords des lacs; et pendant l'automne de 4- UM 1, ou 1® 11 plus élevée que sur les bords des lacs.
De' la comparaison entre des observations faites à New-London, dans le Connecticut, sur les bords de
Ift puer, et k West-Point, écolo militaire de VllBio&, sur les bqrds de l'Hudsop, dans VËtat de New-yorl^» et à §^ ou SOliieiies environ dans l'intérieur deii iff(f% il résulte la série de faits suivants :
1*19 teKfXfértAvfre ipoyeniie a été :
En hiver, à West-Poiot, de + 1« 11
» à New-LondOD , . -|- 1* 6T
^u nrioteiDiM, à Wei^Poiot -|- 11* Il
• à New-Loodon -(- 10* 8$
En été, à'West-Point , . + 22» 25
» à New-London + 21« 67
En i^ntomne, à West-Point + iip &l
• à New-London 4" ^^'^ ^
Résultats qui s'accordent avec ceux précédenM^ent consigne s et conSrmeAt ainsi en quelque §orte h loi générale sur F influence qu'exerce le voisinage de$ eaux sur les divers climats d'un pays.
Du reste, toutes les observations qui précèdent ét^ Missent très-distinctement l'existence de trois cU^^t^ différents y ou zones ^ dans lesquels les température suivent des lois différentes , savoir : celle du littoral, celle de l'intérieur des terres , enfin celle des bonb des lacs.
Les saisons ne se distinguent pas moins, daos ces trois zones y par le nombre respectif de jours clairs oa couverts dans l'année que par le degré de température et la direction des vents qui y dominent. Cepen^' dant le trait caractéristique du climat en général aoi États-Unis, c'est que le nombre des jours clairs y 4omjbie de I^eaucoup dans toutes les zones celui des jopn
DE Lf PUISSANCE AMÉRICAINE. A^i
qmyerts , et il est extrôn^empnt rjire qu'on y soit privé de la vue du sole^ plus de trois jours, sans que cette circonstance soit regardée comme vip pliié^omô^e atmosphérique.
Ainsi il a été cctpstaté par une sér^e d'observations faites dans diverses localités^ que, sur lo littoral, la proportion annuelle de beaux jours était de 2Q2 sur 365 ; dans les autres régions , de 2^0 ; que sur les bords de l'Atlantique, la proportion des jours couverts ou nébuleux était de 108 , et dans l'intérieur de TJ ; quç le nombre des jours pluvieux était de 45 sur les bords de l'Atlantique , et de 31 dans l'intérieur; enfîn qu'il tombait de la neige pendant 9 jours sur les bords de l'Atlantique, et pendant 16 dans l'intérieur.
Du reste , ces proportions ne sont point accidentelles ; elles sont au contraire en harmonie avec les principes et les lois atmosphériques ; car la quantité annuelle de pluie devant dépendre de la quantité de vaporisation qui a lieu dans le même temps, celle-ci doit nécessairement augmenter, d'après la loi générale , à mesure que l'on s'approche de l'équateur, et, par suite, la pluie doit être plus abondante là où la température moyenne mensuelle est la plus élevée. Or,^ comme cette plus grande quantité de pjluie , dans les régions maritimes et méridionales , tombe généralement à une époque déterminée et 4ans un temps trèsco;urt comparativement aux régions plus froides , le nombre annuel de jours sans pluie , particulièrement dans l'intérieur, doit être augmenté propoirtiompiellement; tandis que, dans les régions maritimes froides
in DE LA PUrSSANCE ÂMÉRIGAINE.
OU tempérées, telles que celles des États-Unis sut la plus grande partie de son littoral, des résultats différents doivent nécessairement arriver. Ainsi, quoique les pluies soient moins abondantes dans ces régions que dans des régions plus chaudes, elles n'en sont pas moins plus fréquentes ; seulement la quantité d'eau tombée est plus petite : ce qui explique pourquoi, sur la côte de la Nouvelle-Angleterre, le nombre de jours pluvieux ou nébuleux est le double de celui des régions sèches et froides au delà des lacs.
M. de Humboldt a établi ainsi qu'il suit la proportion de pluie qui tombe sur chacune des latitudes désignées :
A 0* 96 poaces d'eau.
A 1d» 80 id.
% A 45» 29 id.
A 69» il id.
Du reste, la marche des vents et leur plus ou moins de durée dans certaines directions, ont, pour certaines localités, une très-grande influence sur la quantité de pluie qui tombe pendant l'année. Ainsi il a été observé que la constance de cerlaines aires de venls à souffler dans une direction contribuait à maintenir la même proportion uniforme de pluie tombante, et cette circonstance résulte de ce que la direction des vents dépend de causes générales , telles que l'inclinaison du soleil , la configuration de la côte et la position géographique des continents avoisinant.
Enfin , si on compare le climat du littoral de TAt-
lantique avec celui de Fintérieur du pays, au delà de la zone d'influence des grands lacs , on est frappé des différences qui caractérisent les saisons dans l'une ou l'autre de ces régions , et de l'influence qu'elles exercent sur l'économie animale et sur le règne végétal ; car, ainsi que l'a si justement remarqué le savant M. de Humboldt, « un été d'une chaleur régulière ou uniforme développe moins activement l'action de la végétation que le passage brusque d'une saison trèsfroide à une saison très-chaude. »
On a établi une comparaison entre une série d'observations faites à un poste militaire situé dans la zone ies lacs, le fort Brady, près du saut de Sainte-Marie, >ar 45® 39' de latitude, et une autre faite à un poste $itùé hors de la zone des lacs, le fort Snelling, au confluent de la rivière Saint-Pierre et du MissUsipi;, >ar 44^ 53' de latitude, par conséquent V 8^ plus lu midi que le premier point d'observation; et on est irrivé aux résultats suivants :
La teiopératore moyeime annuelle, sur les lacs, a été de + 5^ 56
» » * dans les terres. . . 4- 7" 78
• » de l'hiver, sur les lacs. . » » » dans les terres.
» » du printemps, sur les lacs. .
» )> * dans les terres.
» » de Tété , sur les lacs. .
• • » dans les terres, » » de rautomtje,sur les'acs. .
» » » dans les terres.
Ainsi, quoique la latitude du poste sur les lacs soit le V 86' plus au nord que ^elle du poste dans Tintélï. ^3
rieur des terres, et que la température moyenne annuelle soit de 2® 22 plus basse sur les lacs que dans les terres, néanmoins la température moyenne en hiver a été de 1® 67 plus haute; celle du printemps, de 3^ 33 plus basse; celle de Tété, de 5^ 53 plus basse; enfin celle de l'automne, de 1^ 67 plus basse que celle des saisons correspondantes au poste dans l'intérieur des terres.
Dans la zone des lacs, les vents de nord-ouest dominent; dans l'intérieur des terres, ce sont les vents d'ouest : ainsi, sur les lacs, le vent de nord*ouest a soufflé pendant 72 jours dans l'année ; dans l'intérieur des terres, le vent d'ouest, 108 jours. Les vents prévalants ensuite ont été ceux du sud-ouest, qui ont soufflé pendant 60 jours sur les lacs, et pendant 72 jours au poste dans l'intérieur des terres.
Sur les bords de l'Atlantique, dans les environs de Boston, le vent du sud domine ; ensuite le sud-ouest, le nord-ouest, enfin Touest.
Dans l'intérieur des terres, et loin de l'influence des eaux, par 35® 47' de latitude, le vent de sud-est a dominé ; il a soufflé 200 jours sur 300.
Le nombre des beaux jours dans l'année sur les lacs a été, sur 3 années d'observation, de 117, et de 215 dans l'intérieur des terres; les jours nébuleux ont été pareillement sur les lacs de 127; dansTintérieur des terres, 73. Il y a eu 63 jours pluvieux sur les lacs, et 46 dans l'intérieur des terres ; enfin il est tombé de la neige pendant 45 jours sur les lacs, et
29 seulement dans l'intérieur des terres, pendant l'année.
Ainsi, sur les bords des lacs ou dans leur zone, le nombre des jours couverts est plus grand que celui des jours clairs ; dans les terres, au contraire, ce sont les jours clairs qui l'emportent sur les temps couverts. Il a été également observé que la proportion des jours couverts était beaucoup plus grande sur les lacs qi;e sur les bords de l'Atlantique.
Les observations météorologiques faites au Canada,* dans la Nouvelle-Ecosse, à la Nouvelle-Brunswick et à Terre-Neuve, s'accordent avec les résultats atmosphériques que je viens de consigner.
Au Canada le climat éprouve des changements si brusques, qu'on y a vu le mercure tomber à Québec, en 12 heures, de 39^ centigrades. Le froid commence dans cette province en novembre et dure jitsqu'en mai, temps pendant lequel la terre est couverte de neige sur plus de 1 mètre de profondeur. Le froid devient si intense dans cette contrée par les vents du nord-est, que le mercure se congèle dans le thermomètre et cesse de servir à faire des observations. Pendant l'hiver, le froid y varie de 0® à — 34° 24 au-dessous de zéro.
Sous la latitude du Canada, les saisons ne se succèdent pas par un passage graduel comme dans des climats plus tempérés. En juin^ juillet et août, la chaleur atteint souvent 35® au-dessus de zéro, et est alors beaucoup plus accablante que dans les Antilles.
Des observations faites k Montréal ont présenté
pour température moyenne de Tannée H- 4® 45. Février est le mois de Tannée où la température est la plus basse; la moyenne dans ce mois a été de — 11* 67, et la plus basse — 28^ 34. Juillet est le mois des plus grandes chaleurs ; la moyenne pendant ce mois a été de -+- 22^ 23 ; mais le thermomètre s'est élevé jusqu'à 35®. Dans cette année d'observation, le vent d'ouest a soufflé 189 jours; Test, 46 jours; le nord, 65 jours, et le sud, 55 jours. Il est tombé dans Tannée 15 pouces 20-100 d'eau.
Le climat de la Nouvelle-Ecosse diffère de celui du Canada, quoique cependant ces deux provinces se trouvent sous la même latitude. Cette différence provient principalement de la position insulaire de la Nouvelle- Ecosse, du nombre de ses lacs, qui, à certaines épo« ques, couvrent une grande portion du sol par leur débordement. On a remarqué que le thermomètre s'y * élevait rarement au-dessus de 31® 11 en été, et ne s'y abaissait qu'à — 21® 11, ou — 22® 78 au-dessous de zéro en hiver.
Le climat de Terre-Neuve ressemble beaucoup à celui de la Nouvelle-Ecosse; cependant, comme les côtes de cette province sont exposées à recevoir des glaces flottantes provenant de la baie de Baffîn et de THudson, les étés y sont moins chauds, plus courts et, de plus, sujets à de brusques variations de température.
Ce même phénomène atteint quelquefois les côtes de la Nouvelle-Angleterre jusqu'au cap Cod.
Aux États-Unis, le climat se modifie considérable-
ment à mesure qu'on approche du littoral le plus méridional ; les saisons passent alors imperceptible* ment de l'une à Tautre.
Âinsi^ par W 53' de latitude, dans l'intérieur desterres et dans la sone septentrionale, au fort Snelling, sur le Mississipi, la différence entre les deux températures moyennes des mois les plus froids et les plus chauds est de 3V 40; à la Nouvelle -Orléans, par 29^ 57' de latitude, cette différence n'est plus que de 29®; et à la baie de Tampa, sur le golfe du Mexique, par 27® 57' de latitude, cette différence n'est plus que de 19® 81. Mais il est juste de faire observer ici que le territoire des Florides jouit d'un climat exceptionnel et d'un printemps presque perpétuel ; jamais la végétation n'est arrêtée, et on peut aussi bien se baigner dans les eaux courantes de cette contrée en hiver qu'en été. C'est, sans contredit, le climat le plus délicieux et le plus salubre que j'aie connu dans cette latitude.
Des observations faites à la Nouvelle-Orléans, pendant 3 années, ont présenté les résultats suivants :
Température moyenne de l'année 4* 19^ 45
Différence entre les plus grands froids et lei plus grandes chalenrs 29" 48
Température moyepne de rhtver + 11» 67
• » du printemps + ^9' ^^
» » de l'été + 26» 67
» » de l'automne + S*' 54
Température plus élevée. ... + ^i^ 61 • plus basse. ... — 1 • 67
Différence. ... 35® 54
in DE LA PUISSANCE AMÉRICAINE-
Sur ces 3 années d'observations il y a eu ^ en moyenne, 219 jours clairs dans l'année, 92 jours couverts et 39 jours pluvieux, qui ont fourni 50 pouces d'eau en moyenne.
En hiver, les vents du nord et du nord-ouest dominent; au printemps, ceux du sud-ouest et du sud; en été, le sud-ouest et le sud-est; enfin, en automne, lé nord et le nord-est.
Dans les États de l'Ouest, compris dans la division ou zone du milieu , et situés dans la vallée du Mississipi, les observations météorologiques ont produit les résuitats suivants :
Température moyenne en hiver + 0" 50
» » au printemps «f- ^^ ^S
» • en été. ...... + ^^ ^
» » en automne + 12^ 78
La quantité d'eau tombée dans Tannée a fourni M pouces ; les vents du sud-ouest ont dominé.
La température moyenne de l'année varie sur divers points de cette zone et dans cette vallée de h-40' 90 à 14^
En général, le climat des pays compris dans la vallée du Mississipi est beaucoup plus tempéré et plus uniforme que hors de ce grand bassin, et cela s'explique par les vents régnant plus constamment du sud et sud-ouest, qui, remontant ce bassin à une grande hauteur, apportent avec eux l'heureuse influence de leur température chaude et humide.
Sous ce point de vue, la vallée du Mississipi est grandement favorisée : la végétation y commence plus
tôt et y finit plus tard que hors de ce bassin, sous les mêmes latitudes. Aussi cette circonstance ajoutée à la fertilité de ses terres qui sont des plus riches alluvions^ et aux facilités qu'offre ce fleuve magnifique pour les transports, a-t-elle déterminé vers les rives de ce fleuve et de ses tributaires un mouvement d'émigration vraiment surprenant ; on compte en ce moment plus de 8,000 ,000 d'habitants dans ce bassin où, il y a un siècle et demi, l'homme rouge était seul et unique maître des lieux !
Le bassin du Mississipi forme la grande région centrale des États-Unis : cette plaine est comprise entre les chaînes des Alleghanys ou Âppalaches et des montagnes Rocheuses; elle a plus de 800,000,000 d'hectares d'étendue ; sa pente générale, à partir des sources des deux grands fleuves qui l'arrosent jusqu'au golfe du Mexique, est presque insensible ; mais ce qui la caractérise davantage, c'est, sans contfedit^ le nombre et l'étendue des rivières navigables qui viennent toutes se rendre dans le Mississipi, comme dans un réservoir commun, pour s'écouler vers le golfe du Mexique par un seul débouché.
 l'est du Mississipi, les terres sont boisées, et présentent comparativement peu de prairies ; à l'ouest, au contraire, les plaines ou grandes prairies sans presque de parties boisées sont très-fréquentes : ces plaines ont de 400 à 600 kilomètres de largeur (100 à 150 lieues).
Tableau de la température moyenne du climat des Élats^Unis^ d'apm les observations faites aux principaux postes militaires de l'Union.