‹ De la puissance américaineChapitre 113 sur 135 · RÉSUMÉ COMPARATIF · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ COMPARATIF

d'Observations faites au moyen du baromètre^ pendant quatre années sur quelques points du continent américain.

A Hudion (Obio), latitadc 41 M 4' 40" N., hauteur moyenne corrigée. 50"^ 054

A Montréal (Canada) 29<* 989

ANew-York (N.-Y.) 29« 977

A Québec (Canada) 29*919

A Hudson, dans FOhio, la pression moyenne de Tatmosphère a été plus grande en automne qu'au printemps.

A Montréal, elle a été plus grande également en automne, mais plus faible en été.

Dans rOhio, le printemps est la saison la plus sèche, et avril le mois de plus grande sécheresse. L'hiver est la saison la plus humide, et décembre le mois déplus grande humidité. II est tombé annuellement 34® 635 pouces en moyenne, dans cette région, sur trois années d'observations y parmi lesquelles l'année 1838 a été remarquable par son extrême sécheresse. Dans une série d'années ordinaires, la moyenne de pluie tombée par an peut être portée à 36 pouces, ce qui correspond à la moyenne pour l'État de New- York.

Les renseignements qui précèdent sont loin sans doute d'être complets et de pouvoir dès lors satis-

faire la science et F économie sur l'important sujet du climat de l'Amérique du Nord. Il est évident qu'avant de généraliser l'explication des phénomènes atmosphériques on désirerait pouvoir s'appuyer sur des séries d'observations faites simultanément^ à divers points de ce vaste continent, avec des instruments d'une égale perfection, et d'après des méthodes régalières et uniformes. Sans doute la science et l'économie même de Thomme auraient beaucoup à gagner d'un pareil travail au moyen du baromètre, du thermomètre, de l'hygromètre et surtout de l'anémomètre, principalement depuis l'admirable explication donnée par M. le professeur Espy, savant américain, sur la théorie physique des phénomènes aériens connus sous les noms de tomadoy trombe, ouragans, storms. Néanmoins les renseignements dus au zèle et aux connaissances scientifiques du corps médical de l'armée américaine sont précieux dès ce moment, en ce qu'ils jettent un jour nouveau sur les divers climats des Ëtats-Unis, et qu'ils prouvent combien ils sont favorables au développement physique, industriel et intellectuel de l'homme dans cette partie du nouveau monde.

En résumé, j'ai la conviction personnelle que les savants américains s'efforceront de répandre à l'honorable appel fait au nom de la science par MM. Arago, Pouillet et Robinet, dans leur intéressant rapport sur les beaux travaux météorologiques de M. Espy, et qu'ils contribueront largement à agrandir la sphère de la science, et à cimenter ainsi plus étroitement le pacti

social qui doit unir toutes les parties civilisées du globe.

Déjà le gouvemement américain a montré qu'il savait apprécier la part qu'il est appelé à fournir dans le tribut que toute nation civilisée doit à la science^ en faisant exécuter un premier travail géographique et hydrographique, qui devra rendre les États-Unis complètement indépendants de FEurope pour les connaissances nautiques et géographiques de son propre continent. Cette tâche importante, confiée aux mains habiles de M. Hasseler (1), un des astronomes les plus distingués de cette époque, a déjà fait de très-grands progrès, et très-prochainement on doit espérer que le public pourra jouir de ce beau travail, du moins, et en premier lieu, quant à la partie la plus intéressante du littoral américain.

Espérons qu'un gouvernement aussi éclairé, et si directement émané du peuple, fera encore davantage pour répondre à ce qu'on est en droit d'attendre d'une des nations les plus intelligentes du monde, si intéressée d'ailleurs par ses habitudes commerciales à asseoir ses mouvements sur des vérités immuables. La nation américaine doit réclamer de ses législateurs Férection d'un observatoire; aujourd'hui cet établissement public est une nécessité, un complément obligé de l'indépendance politique que la nation a déjà si

(1) Ce beau travail hydrographiqae eiige maintenant la création d'un dépôt de cartes maritimes, établissement aussi nécessaire et indispensable que celui des cartes et plans du dépôt de la guerre pour les opérations militaires, j

glorieusement conquise, et qu'elle doit savoir conserver en se maintenant à la hauteur des connaissances des phénomènes célestes, qui seuls peuvent servir de base certaine aux calculs des hommes icibas.

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