‹ De la puissance américaineChapitre 114 sur 135 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

DB U POPULATION ÀCX BTITS-ONIS.

ffarche que suit raocroûsement de population : l» chez lei blancs; T chec les noirs libres ; 3° chez les noirs esclaves ; 4^ chez les noirs esclayes ou libres; S* sur l'ensemble de ces diverses classifications. — Résumé comparatif de la population des blancs et des noirs, et celle des blancs et des noirs esdayes, depuis 1800 jusqu'à 1840. — Tableau de la population des États- Unis par classes, par sexes, et par États. — Conclusions qui en découlent.

— Tableau de l'accroissement de la population blanche, par État. — Idem, de la population noire libre, par État. — Idem, de la population esclave. —

— Id., de lajpopulation absolue. — Conclusion de ces tableaux. — Tableau de la proportion des noirs libres ou esclaves par rapport aui blancs. — Conclusion de ce tableau. — Tableau de la population des principales villes de l'Union. — Tableau de la répartition de la population des États-Unis par âge.

Lorsqu'une nation a la sagesse d'asseoir la forme ie son gouvernement sur la liberté et la sécurité indivituellesy elle assure par cela même Faccroissement et 'industrie de ses membres sur des bases durables ; ^r elle a ainsi garanti la prospérité nationale^ à la- {uelle la marche progressive de la population est si lirectement attachée. Dès lors la population devient a plus grande source de ses richesses^ et contribue, Mir le nombre et le caractère des citoyens, à constiuer sa puissance sociale.

Les sociétés partielles qui, plus tard, ont Formé la lation américaine étaient imbues de cette grande vérité, et cela a été pour elles un bonheur de leurs si-

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tuations particulières qu'elles ont pu la mettre en pratique. Entourant en effet leurs berceaux d'institutions libres, au milieu desquelles la liberté indiyiduelle et la liberté de conscience étaient les principes dominants^ elles ont pu grandir sous leur influence, et donner ainsi naissance à une société plus nombreuse, distinguée aujourd'hui par le nom glorieux de VVnion américaine. Depuis lors, nous avons vu cette nouvelle société, ainsi constituée sur les seuls principes de liberté et d'égalité, arriver à un degré de puissance sans exemple dans l'histoire des peuples anciens ou modernes. En moins de cinquante ans, sa population a quadruplé : l'Union américaine comptait à peine 4,000,000 d'habitants en 1790; maintenant sa population dépasse 17,000,000 !

Tel est le résultat du concours extraordinaire des circonstances au milieu desquelles la nation américaine s'est trouvée placée d'une manière, pour ainsi dire, providentielle. Appelés à peupler une des parties du globe les plus favorables à la reproduction de l'homme, les Américains ont joui, en outre, de l'incalculable privilège de naître, croître et grandir loin des haines et des jalousies qui agitent constamment les sociétés européennes. Bien plus, celles-ci ont sou* vent, trop souvent contribué à développer cette nou' velle société en déversant sur elle le plus actif, le plus intelligent, le plus précieux de leur sang.

Mais la première, la principale cause de l'étonnante progression de la population américaine, c'est la forme de son gouvernement : ses institutions libres, son res-

pect pour là liberté individuelle. Sous ces heureux auspices^ les populations d'Amérique ont pu s'étendre sans entraves, suivant leur goût, leur besoin, leur penchant, leur instinct, leur caprice; jamais elles n'ont été gênées en rien. Toujours l'habitant d'Amérique a pu trouver de lui-même la condition la plus favorable à ses dispositions individuelles, à son intérêt personnel. Or aucun système de lois, quelque sages et prévoyantes qu'elles soient, ne peut satisfaire-aussi complètement à ces conditions sociales que la liberté et la sécurité individuelles.

En effet, là où l'homme trouve une situation qui lui présente tous les avantages désirables à son bienêtre, là la population se porte, et, dans un temps com- • parativement très-court, elle doit arriver à peupler ce territoire du nombre d'habitants qu'il peut supporter facilement. Souvent même on voit les populations qui s'y établissent augmenter en dépit des circonstances fortuites qui pourraient ou devraient contrarier leur accroissement.

Ainsi le climat pestilentiel de la Nouvelle-Orléans, qui pèse périodiquement sur cette importante cité commerciale du Sud pendant trois et quatre mois (1), semblerait devoir restreindre Faccroissement de la population sur ce point; cependant le contraire est

(1) Pendant la saison où les eaux du Mississipi inondent le lac PontchartraiD, la températore de la basse Louisiane est en général salubre ; mais, depuis la fin de juin jusqu'à la fin de novembre, les eaux du fleuve s'étaot retirées, les maladies sont fréquentes. La mortalité, à la Nouvelle Orléans, est, en général, dans la proportion de 20 à 100.

arrivé depuis que le territoire de la Louisiane fait partie de l'Union américaine. Ainsi la Nouvelle-Orléans, qui ne comptait en 1830 que 50^03 habitants, en avait 102,121 au recensement de 1840. La population de cette ville a par conséquent plus que doublé dans ces dix dernières années ! Pourquoi un tel résultat sur un des points du territoire américain où la vie de l'homme est le plus exposée? Parce que les instincts providentiels de l'homme sont qu'il se portera toujours avec ardeur là où il y a des chances de succès, et pleine liberté d'agir sous la protection d'institutions politiques favorables à son bien-être matériel.

Examinons maintenant en détail la marche qae l'accroissement dépopulation a suivie depuis un demisiècle, sous les auspices des avantages précités.

Et d'abord rappelons au lecteur ce qu'il sait déjà, que la population des États-Unis est divisée en deux castes : la blanche et la noire, la dernière composée d'hommes libres et d'esclaves. J'aurai donc à présenter pour ces trois divisions leur progression respective, ce que je pense rendre plus sensible par l'adjonction de tableaux composés sur le dernier recensement ofGciel de 1840. . ,, ,,

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