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fluence des communications navigables, assurées par les lacs, rOhio et le Mississipi. Ainsi ces États ont atteint ou dépassé la proportion de IQO dans leur accroissement de population, et tous les six se trouvent dans le grand bassin du Mississipi, groupés dans la ligne xnéme de la communication la plus directe entre les lacs et le golfe du Mexique.
Trois États ont pris un accroissement dont la proportion dépasse 60 pour 100; ce sont l'Ohio, TAlabama et la Louisiane ; ce dernier a atteint la proportion de 77,5 à 400, confirmant ainsi ce que j'ai dit en commençant ce chapitre, que la population va toujours là où elle trouve une situation avantageuse à son bien-être, sous la protection d'institutions libres.
Ainsi reste constaté par des chiffres cet immense mouvement de la population de l'est à l'ouest, qui a amené dans ces cinquante dernières années plus de 5,000,000 d'hommes blancs dans le grand bassin du Mississipi, mouvement que rien ne saurait arrêter, et qui doit un jour peupler toute cette vaste région de {Jus de 100,000,000 d'habitants.
Mais il reste également constaté que cet accroisse* ment de la population dans la vallée du Mississipi s'est effectué au détriment des États sur l'Atlantique, les plus anciens dans la confédération, et dans lesquels, par suite, 1& population a à peine dépassé un accroissement de 5 pour 100. ^
Parmi ces derniers, la Caroline du Sud est celui où l'accroissement a été le plus faible : il n'a été que de 0,5 pour 100; dans le Dela^vare, 1 ,6 pour 100 ; dam
la Caroline du Nord^ 2,5 pour 100; dans lé Vermont, 4 pour 100; dans le Gonnectiout^ 4^6 peut 100; dans le New-Hampshire^ 5^7 pour 100; enfin dans la Yir* ginie, 6,7 pour 100, et dans le Maryland, 9 pour 100 : tandis que les Etats qui touchent directement aux pays de l'Ouest, à la vallée du Mississipi, ont maintenu leur proportion ; ainsi la Pensjlvanie a encore pris un ^ accroissement de 27,9 pour 100, et le New- York de a7,3pour 100.
Un pareil résultat était inhérent à la nature des choses, aux idées et aux principes américains, et c'est là, suivant moi, un des plus grands avantages de l'état social américain, et qui doit puissamment contribuer à maintenir dans ce pays la suprématie de ses institutions démocratiques : c'est que les hommes et les choses y sont constamment en mouvement, situation éminemment favorable à l'esprit remuant de la démoeratie.
Mais ce résultat signalé également un fait non moins important pour l'avenir administratif de l'Union, c'est que les forces numériques et industrielles gravitent continuellement vers le Nord-Ouest, et chaque jour voit croître la prépondérance de la population du bassin du Mississipi, qui par sa fertilité, son étendue^ aês débouchés faciles, son climat, est appelé à recevoir avant peu une population double de celle des bords de l'Atlantique.
Ainsi, d'après l'ordre naturel et la marche des choses, la direction des afEûres fédérales échappera dans quelques années, aux hommes des États de
l'Atlantique qui ont créé l'Union, et passera entre les mains des habitants de la vallée du Mississipi. Ce fait important et nouveau dans la politique de l'Union sera favorable aux grands intérêts des Américains et à la stabilité de leurs institutions ; car, suivant moi, les habitants de ces contrées se trouvent beaucoup mieux placés, sous les points de vue moraux et matériels, que leurs concitoyens des extrémités du Nord et du Sud, pour juger avec impartialité des grands intérêts opposés qui se partagent la république ; et ils sont surtout trop directement intéressés à la conservation de rUuion, qui seule peut maintenir et accroître leur prospérité, pour ne pas mettre en pratique les grands principes démocratiques auxquels l'Union doit son existence.
Mais, du reste, l'origine de ces nouveaux citoyens est une garantie puissante de la prépondérance de ces principes dans leurs actes administratifs; car ces mêmes Ëtats de l'Ouest, où la population devient chaque année plus considérable, sont peuplés en grande partie d'émigrants de la Nouvelle-Angleterre, où la démocratie a été le plus longtemps en pratique dans ses formes primitives, et d'où est sortie la première idée de V Union américaine.
Le huitième tableau montre l'accroissement de la population noire libre par État ; cet accroissement a été plus sensible dans les Ëtats de l'Ouest, nommément d'Ârkansas, de Missouri, de Michigan, de Mississipi, dlUinois, d'Indiana et d'Ohio, que dans les autres : il a été dans le rapport de 230 à 100, et pas
moins de 81 à 100. Sur ces sept Ëtats, trois seulement ont des esclaves : ceux d' Arkansas, du Missouri et du Mississipi; dans les autres, l'esclavage n'a jamais existé.
Dans l'État de la Louisiane, la proportion d'ac* CFoissement de la race noire libre est encore restée dans le rapport de 52,6 à 100; dans les Ëtats sur l'Atlantique elle a varié de 4,6 à 26,2 pour 100 ; mais elle a été décroissante dans le New-Hampshire, dans le Rhode-lsland, dans le Yermont, dans le Tennessee et dans le territoire de la Floride.
Ce huitième tableau montre en outre la répartition de la race nègre libre ou affranchie parmi tous les Ëtats de l'Union : elle se trouve, on le voit, dans toutes les divisions politiques de l'Union, mais plus forte dans le Maryland, Ëlat du Milieu^ que dans les autres; puis successivement dans le New -York, la Virginie, la Pensylvanie, la Louisiane, la Caroline du Nord, le New-Jersey, enfin dans l'Ohîo, où on compte encore près de 17,3^2 habitants de race africaine. Dans chacun des autres Ëtats non mentionnés, le nombre des noîrs affranchis ne dépasse pas de 1,000 à 8,000.
Du reste, cette classe d'habitants se déplace peu, car l'émigration ne saurait améliorer son sort; elle reste toujours vis-à-vis de l'homme blanc dans une position d'infériorité morale que rien ne peut altérej : elle ne quitte donc point le Nord pour passer au Sud ; et souvent même, dans le Sud, par exemple, les affranckis préfèrent rester dans l'Ëtat où ils ont été escla-
vesy parce qu'ils y trouvent moins de préjugés contre eux : les blancs gardent moins de hauteur, par cela même que la situation respective des deux races se trouve bien déterminée par la condition même d'es^davage de la race de couleur.
Le neuvième tableau présente le mouvement de la population noire esclave^ et fait voir que son accroissement a été beaucoup plus sensible dans les Ëtats du Sud et vers les bords du golfe du Mexique que dans les autres parties de l'Union. Dans TArkansas, Faccroissement de la classe noire esclave a été dans Fénorme rapport de 335 à 100; dans le Mississipi, dans celui de 197 à 100; dans le Missouri, de 132 à 100; enfin dans l'Âlabama, de 124 à lOO. Dans la Floride et la Louisiane, cette classe s'est accrue dans les rapports de 68 et 58 à 100; dans la Caroline du Nord, de 40 à 100; dans la Géorgie, de 38 à 100. Mais dans le New-York, dans le Delaware, le Maryland surtout, et dans la Virginie et le district fédéral dé Golombia, la classe noire esclave a considérablement diminué.
C'est-à-dire que l'esclavage s'est déplacé dans ces dix dernières années des bords de TAtlantique âUt bords du golfe du Mexique, des rives de la Delaware et du Potomac aux rives du Tombeckbee et du Mississipi. Ce mouvement est le résultat d'une question purement matérielle, fondée sur la valeur du travail et la nature des produits qui distinguent le Sud du Nord. Ainsi le tabac, le coton, la canne ne croissent que dant les Ëtats méridionaux, et eonstîtuent la ri-
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chesse relative de ces divisions territoriales de Tllnion que la fertilité du sol et le climat ont rendues seules aptes à ces cultures. Ces Ëtats ont donc intérêt à conserver ce genre d'industrie dans lequel ils ne peuvent redouter la concurrence des États de l'Ouest ou du nord de l'Atlantique; aussi le nombre des noirs augmente au Sud, non-seulement par le mouvement naturel de la population, mais encore par l'émigration forcée des nègres du Nord.
Néanmoins la race noire, soit afifranchie, soit esclave^ se retrouve dans tous les Ëtats de l'Union, et s'y maintient encore dans des proportions assez fortes par rapport à celle des blancs, et subit même de très-faibles cbangements. C'est ce que prouve le tableau qui suit.
DE LÀ PliiSSÂNGIi: AMERICAINE.