PAR RAPPORT AUX BLANCS
I Noirs.
Dans le Maine , on comptait
— New-Hampsbire. . . .
— Massachosctts
-» Rhude-Ialand. ..... -^
— Connecticut
— Vermoot
— New- York
— New -Jersey
— Pensylvanie
— Delaware
— Maryland
— Virginie
— Caroline da Nord.. .
— Caroline du Sud. . . .
— Géorgie
— Alabama
— . Mississipi
— Louisiane
— Tennessee
— Keotucky.
— Ohio
— Indiaba
— Jllinois
— Missouri
— Arkansas
— Michigan
— District de Golombia
sur
Blancs. Noirs.
sur
BUnrs.
Ainsi il reste démontré que la race africaine entre
pour une portion assez forte dans la population de chaque division politique de l'Union américaine , et qu'elle tend évidemment à s'affaiblir un peu au Nord^ mais aussi à devenir plus dense dans les divisions du Sud ; enfin dans trois Ëtats du Sud, savoir : la Caroline du Sud , le Mississipi et la Louisiane , la population noire est plus nombreuse que la population blanche.
Sur les 26 Ëtats dont se compose aujourd'hui l'Union, il se sont entièremeiit afifranchis de l'esclavage et 15 reconnaissent encore le principe de la servitude pour la race nègre, qui constitue dans ces États la classe des travailleurs.
Les 1 1 Ëtats où Fesclavage n'existe plus sont : le Maine, le New-Hampshire, le Massachusetts, leRhode- Island, le Connecticut , le Vermont, le New-York, la Pensylvanie, l'Ohio, llndiana et le Michigan. Dans ces trois derniers , la race nègre n'a jamais paru comme esclave.
Les 15 Ëtats où l'eslavage est encore en vigueur sont : le New-Jersey, le Delaware, le Maryland, la Virginie , la Caroline du Nord , la Caroline du Sud , la Géorgie, l'Âlabama, le Mississipi, la Louisiane, le Tennessee, le Kentucky, l'Illinois, où l'esclavage doit être incessamment éteint ; le Missouri l'Ârkansas , et le . District fédéral.
Les hommes des deux races étaient distribués de la manière suivante dans ces deux grandes divisions, dans les.années 1830 et 1840.
En 1830, il y avait, dans les Ëtats où Tesclavageest
254 DE LA POISSANGË ÀMÉRICAiNE.
aboli j ft)409^387 blancs et 118^40 nègres; dans les Ëtats ou autres divisions politiques où Tesclavn^ existe encore , 4^116,875 blancs et 9,210,486 ne* grès.
En 1840, dans la première classification, on comptait 8>659,550 blancs et 145,863 nègres ; dans la seconde division , 5^539,558 blancs et 2,727,595 nègres.
Ainsi la race blanche s'est accrue dans le rapport de 35,1 à 100 sur T ensemble des États où Tesdavage est aboli, et de 34,5 à 100 sur Tensemble des États et territoires où l'esclavage est maintenu.
Quant à la race noire, la progression de son accroissement sur le même ensemble a suivi le rapport de 23 à 100 dans la classe affranchie, dans l'a classe esclave ou sur l'ensemble de ces deux classes.
Il est donc clairement établi par ce qui précède qae Faccroissement de la race noire, dans ces diverses divisions , est de beaucoup inférieur à celui de la reee blanche dans les mêmes divisions respectives. Ansi, quoique, d'un e6té, les noirs s'accumulent sans cesse dans Textrémité sud , à cause de l'application avanlir geuse de leur travail , néanmoins la race blaneke y conserve sa supériorité numérique par le fait de set accroissement naturel et des émigrations. D'où jecoft* dus que , dans les États du Sud, les noirs et les Msnei peuvent Tester dans leurs situations respectives d'esdaves, <l'affrancfais et de maîtres, sans entrer en lutte, si on ne jette , avec intention, des germes île <fiseorée parmi oes ^dasses.
DE LÀ PUISSANCE AMERICAINE. f»
Je le répète avec convictien , si des agitateurs iw^ eensidérés ne s'immiscent pas dans la question de Te»* clatage y au sein des États oh il existe encore ^ et lui laissent prendre son cours naturel ^ s'en rapportait aux intérêts de Thomme et à sa raison mieux éclairée* pour amener sans conflit la solution de cette question tant de fois agitée sans avantages réels ; si, dis-je, des émissaires soudoyés par la pkUa$Uhrafne anglaise ne parviennent pas à souffler l'esprit de la rébellion parmi cette classe de travailleurs, jo ne puis appréhender, avec des écrivains graves qui ont traité ce sujet , une lutte entre les noirs et les blancs qui peuplent le sud de»rUnion.
Si jamais, cependant, par quelques événements que je ne puis prévoir, cette lutte s'engageait, elle serait fatale pour la race noire ; car, il ne faut pas en discon'» venir, la race anglo-américaine forme déjà un peuple immense qui s'est répandu du Saint-Laurent aux ri^ ves du Mississipi, et qui s'avance au pas de charge dés bords de l'Atlantique vers les montagnes Rocheu<^ ses. Le même intérêt , le même sentiment animent Mtte masse d'hommes , grands, forts et puissants par ¥ Union y ils voudront toujours son maintien qui re« pesé sur le respect dû à la constitution qui l'a créée ; crir^ cette constitution dit formellement, article qua^ trième, section quatrième (1), que lés États-Unis pro* tégeront chaque État de l'Union ccmtre toute vio* lence intérieure; les hommes du Sud peuvent donc
compter sur un appui assuré de la part de leurs frères des Ëtats voisins ; car un devoir positif les contraint de marcher au secours du Sud , celui de leur propre intérêt, qui, chez rAméricain, est tout -puissant et sacré.
Lors de la rédaction du pacte fédéral qui émancipa les colonies anglaises d'Amérique, et éleva les États* Unis au rang des nations indépendantes , chacun des Ëtats fit ses réserves et stipula pour le mainti^ de ses droits de propriété en espèce et en nature. Les États à esclaves furent admis dans V Union , avec leur population mixte de blancs et de noirs affranchis <m esclaves, dont une proportion déterminée , trois <ânquièmes , furent compris comme donnant droit à un vote y afin d'égaliser la répartition des représentants au congrès fédéral entre les divers États.
Les États à esclaves ne se sont donc trouvés sur un pied d'égalité avec les autres États, dans le pacte fédéral, que par suite même de l'admission d'une portion de la population noire dans le chiffre proportionnel de leurs représentants au congrès national. Plus tard, les États-Unis ne trouvant pas dans le pacte fédéral la force suffisante pour se gouverner comme nation , acceptèrent une nouvelle constitution qui ne changea rien au principe reconnu de l'existence sociale de chaque État , avec ou sans esclaves. Seulement chaqae État se démit volontairement d'une partie de ses droits comme souveraineté isolée pour donner plus de force au gouvernement central. Cet acte constitua de fiiit Y Union américaine. Attaquer aujourd'hui cet état de
choses 9 ce serait violer directement le pacte fondamental de rUnion, invalider la constitution; les Âmé<ricains sont trop sages pour vouloir en pressentir la possibilité ou même son éventualité. Ils s'abstiendront donc de faire intervenir leur législation nationale dans cet état de choses, que la société seule a le droit de modifier de son plein droit individuel.
Sans doute , si jamais une lutte fatale s'engageait entre les blancs et les noirs, quelle que fût d'ailleurs sa cause déterminante , les noirs auraient pour eux l'énergie du désespoir, et même l'avantage du nombre sur certains points, à son début; mais bientôt les blancs auraient le dessus que leur assigne leur immense supériorité de force, de lumières et de moyens. En outre, la position respective des deux races n'est en aucune façon comparable à celle des populations des Antilles, où les blancs se trouvent isolés au milieu d'un nombre plus considérable de noirs. Enfin , les noirs ne trouveraient pas en Amérique de ces positions inabordables aux blancs, et où les nègres seuls sauraient se maintenir. Le territoire de la Floride était encore, il y a quelque temps , le seul point du continent américain où les noirs, les Indiens et les agitateurs pouvaient espérer agir avec avantage sur ces malheureuses populations ; aujourd'hui que la guerre avec les Indiens est terminée , et que les derniers débris de cette race infortunée vont enfin traverser le Mississipi, et dire un dernier adieu à la terre de leurs pères, rien ne s'opposera plus à ce que la marche de la civilisation ne prenne sa suprématie habi-
tuelle sur la vie sauvage } le territoire recevra , dans un temps très-court, toute la population qu'il est gusceptible de supporter. Et alors, sur le golfe du Mexique comme sur tous les points du territoire américain^ la race blanche reprendra son ascendant numérique, car le continent américain est destiné à être fertilisé par une race blanche innombrable , et remarquahk par son industrie.
Il ne peut pas être sans intérêt de connaître qoeb sont les principaux centres de population de la rép«* blique américaine et son accroissement successit Le tableau qui suit présente cet ensemble :
DE U raiSSANCE AMÉRICilNK. 29f