‹ De la puissance américaineChapitre 128 sur 135 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

DU GOHMBBGB.

Gbei l'Américain, le génie des affaires se lie à son caractère ambitieax. — L'Américain est, avant tout, homme d'affaires. — Il est dévoré du désir de oonstitoer son bien-être personnel. ~ Caractère des commerçants américains. — Influence de la démocratie. — Communauté d'intérêt national cht-s le peuple américain. — Tableaux des exportations ; des importations. — Considérations qui eu découlent. — Commerce intérieur. — Son développement. — Commerce des Américains avec les pays étrangers. — Son accroissement graduel. — Son extension à tous les points habités du globe. — Tableau résumé du tonnage américain. — Cabotage. — Pêcherie. — Construction navale. — Nombre des maisons de commerce des Etats-Unis ; capitaux engagés. — Notice sur les habitants de l'ile de Nantucket.

Lorsqu'on cherche à s'expliquer quels sont, sous le puissant stimulant de la civilisation, les instincts propres à la ^atu^e de Thomme, on trouve avant tout ^ haine du repos; ce qui caractérise ses qualités estimables, l'esprit d'indépendance, constitue en lui un pouvoir actif, et tout ce qui le rend recommandable est le résultat d'un effort. Si ses erreurs, ses crimes proviennent souvent d'un abus de son activité , ses vertus, ses qualités , son bonheur n'en résultent' pas moins de l'emploi utile de son esprit. Aussi, tant que l'homme se donne du mouvement, il maintient sa considération parmi ses concitoyens ; mais s'il vient à s'arrêter, elle diminue aussitôt et finit souvent par s'éteindre à la suite d'un long repos.

L'activité est donc la loi fondamentale de la nature

humaine, tout a été disposé d'une manière remarquable par une main providentielle , juste et bienveillante, pour répondre à cette condition essentielle de notre être. Cependant il arrive que nous nous troavons emportés vers un des extrêmes, une trop grande agitation ou un trop long r^pos : décider quelle position moyenne nous convient le mieux, est souvent fort embarrassant. Néanmoins, ce qu'il est facile d'admettre en principe général, c'est que, quelles que soient les ressources de l'homme, sa position sociale, sa nature même exigent qu'il soit occupé ; son bonheur, qu'il soit juste !

Si tel est le caractère de l'homme en général, il me parait surtout le trait distinctif de la race anglo-américaine.

Les fondateurs de la Nouvelle-Angleterre n'étaient point seulement des sectaires fanatiques, des puritains austères en principes religieux et politiques; ils étaient encore des hommes très-actifs , très-laborieux et d'une grande énergie.

L'esprit des novateurs qui plantèrent les premières colonies anglaises du Nord fut constamment tourné vers deux choses : être chrétiens suivant leur conscience, et vivre indépendants par leur travail. BientAt ils trouvent dans les difficultés de tout genre qui les environnaient, de nombreuses occasions d'exercer leur intelligente activité et leur rare énergie. Os eurent à pourvoir à leur existence, tout en se protégeant contre les attaques des indigènefis.

L'agriculture, le commerce des pelleteries avec les

Indiens^et lapôche, constituèrent leurpremière industrie. Plus tard y lorsqu'ils eurent réussi à faire rendre au sol d'abondantes productions, ils s'occupèrent d'échanger le surplus de leur consommation pour des produits des îles ou d'autres commodités dont la mère patrie s'était réservé le monopole. Des vues commerciales s'allièrent ainsi pour la première fois aux vues industrielles des habitants, et prirent plus d'extension en proportion du caractère producteur même des colons. Bientôt, l'activité anglo-saxonne, trouvant un champ plus vaste , plus libre, plus en harmonie avec son génie particulier, s'y livra , sinon exclusivement, du moins avec d'autant plus d'attrait, qu'elle y trouva de plus grands bénéfices à réaliser. La population angio- américaine n'occupait guère alors que le littoral de la Nouvelle-Angle terre et de la Virginie méridionale; il n'est donc point surprenant que les avantages mêmes de cette position n'aient entraîné les premiers colons vers le commerce, dont la société prit bientôt les usages, les habitudes, l'esprit, et , en quelque façon, les mœurs, qui sont encore aujourd'hui celles de la nation entière.

Il semble, en effet, que chez l'Américain^ le génie des affaires, l'aptitude qu'il y apporte, se soient retrempés constamment au milieu des entreprises et sous l'influence de l'ambition dont il paraît être incessamment animé. Mais d'autres considérations morales et physiques ont contribué également à faire de l'Américain un peuple spéculateur. Placé loin ou plutôt en dehors du tourbillon des influences morales qui

agitent, remuent^ entrayeat et le plus souvent modifient sur le vieux continent l'application utile de l'intelligence humaine , son esprit n'a point été un seul instant détourné de la poursuite du bien-être ou des moyens d'y pourvoir ; et son ardeur a été alimentée ensuite par l'immensité du territoire qu'il habite, sm climat et ses produits variés, sa vaste ceinture de frontières de mer favorable aux moyens d'échange; h nécessité de trouver un marché pour les produits de son sol ou de son industrie ; mais par-dessus tout, les facilités et les avantages que lui assurent son instruction y la diffusion des lumières dans tous les rangs de la société ; enfin, les institutions libres qui ouvrent et donnent à tous également les moyens de parvenir, ont dû marquer la physionomie américaine de l'empreinte d'une activité spéculative plus profonde que celle des Européens.

Mais de ce caractère général de la nation qoi porte ses efforts vers l'amélioration de son sort, il n'en résulte pas que fous les Américains soient des commerçants, ou que les goûts et les habitudes qui naissent de l'égalité conduisent naturellement les hommes vers le commerce et l'industrie. Cette assertion ne peut éfre prise dans un sens absolu. Sans doute, l'Américain est, avant tout, hcnniné d'affaires, c'est-à-dire un individu doué de cette aptitude d'esprit qui permet de calculer toutes les chan* ces d'une affaire ; mais cette aptitude, cette disposition, il la porte dans toutes ses occupations, dans lé commerce comme dans l'industrie^ dans ragrico}-

DE LA 1>UISSANCE AMÉRIGAINfi. 305

ture cdiiiDûlë dans la jurispradence orii toute autre branche qui fait l'objet de sa vocatioii.

L'Américain éprouTe un besoin incessant de tra-^ Tailler à son avancement personnel ; c'eât une lot de sa nature avec laquelle il a eu soin de mettre en har^ monie les lois qu'il s'est données ; mais il ne suit pas plus une vocation qu'une autre; il obéit en cela à Tintelligence de son individualité comme le reste des hommes.

La démocratie multiplie, il est vrai^ le nombre des travailleurs, en atgmentant la concurrence et la rendant la même pouf tous ; mais elle ne porte pas les hommes à un trslvail plutôt qu'à un autre, elle ne les dégoûte pas de l'agriculture pour les diriger vers le commerce et l'industrie. Elle fait aux Ëtats-Unis précisément le contraire : ce n'est point l'agriculteur qui y vend son champ et quitte sa charrue pour se livrer à quelque profession hasardeuse et lucrative , c'est l'homme des villes, le négociant , l'artisan , l'iildufttriel qui , fatigués d'une existence soumise à tant d'éventualités, deviennent agriculteurs, parce que c'est dans la profession agricole, en dernière analyse, que rhomme trouve l'indépendance, l'abondance, le bonheur!

Veut-on des chiffres à l'appui de cette assertion : consultez le treizième tableau , dans le quinzième cha- Idtre de ce livre, et vous trouverez que la population agricole y est de 3,717,756 habitants, et la population industrielle de 1,013,415; c'est-à-direl qu'il y a UA industriel pour près de 3 3/4 agriculteurs ; et que

304 DE LA PUÏSSANCE AMÉRICAIiNE.

la population commerçante n'y est que de 117,575, c'esl-à-dire qu'il y a pas moins d'un individu par 100 sur la population totale, qui se livre au commerce.

Dans les Ëtats de la Nouvelle-Angleterre, on compte 11/2 agriculteur pour un individu engagé dans une profession industrielle ou autre.

Dans le New-York, 2 agriculteurs; dans TOhio, 3; dans rillinois, 5 1/â; dans l'Indiana, 5 1/2; dans le MichigaQ, 6 1/2 pour un individu engagé dans une profession industrielle quelconque.

Le commerçant américain est éclairé , entreprenant; il a des vues grandes, des principes arrêtés qui en font un négociant habile et un spéculateur hardi; il ne demande aucun secours à l'Ëtat, mais sait qu'il peut compter sur sa protection partout où son génie d'entreprise peut le diriger. Aussi le négociant américain n'est pas moins dévoué aux institutions de son pays, dont il apprécie continuellement les avantages, que l'agriculteiir qui lui fournit les moyens d'alimenter son commerce.

Le fait est qu'entre ces deux classes de citoyens il y a une plus grande identité, un plus grand rapprochement qu'on ne peut d'abord le supposer; et cela s'explique facilement : l'une et l'autre ne sont riches, puissantes^ quelque chose enfin vis-à-vis du monde, que par l'ensemble et Taccord de leur action, par Vunion administrative qui les vivifie l'une et Tautre, en les couvrant toujours et partout de sa protection.

Il est donc vrai de dire deV Union américaine qu'elle a constitué de fait une nation également puissante et

riche au dedans comme au dehors par son corps d'agriculteurs et de négociants.

L'objet du commerce étant de rendre les individus riches, plus ceux-ci gagnent, plus ils augmentent la richesse du pays : car s'il est vrai que le bonheur individuel soit l'objet principal de la société, il est également vrai que dans un pays de liberté le bonheur général doit former le but principal des individus. G)mment, en effet, une communauté pourrait-elle être considérée comme heureuse, si les individus dont elle se compose ne le sont pas?

Or, aux Ëtats-Unis, les sages .institutions qui régissent le pays ont su concilier à la fois les intérêts individuels et ceux de la société ; là , l'individu rapporte la considération dont il jouit à la société, mais reçoit aussi pour équivalent cette même considération qui, au fond, constitue la plus grande partie de bonheur dont il puisse jouir; et le plus grand bienfait que la communauté puisse offrir comme équivalent aux particuliers, c'est de faire qu'ils soient attachés les uns aux autres, qu'ils aient de l'estime les uns pour les autres, des égards, de bons procédés. Dans une société ainsi organisée, la tranquillité intérieure est assurée par l'ascendant de ces sentiments plutôt que par l'interposition des lois; et alors elle est heureuse.

C'est aussi ce qu'a accompli la démocratie aux États-Unis : sous sa protection, tous les citoyens sont également heureux, parce qu'elle offre à tous les moyens de développer leurs dispositions les plus nobles, leur capacité, leur intelligence. Le fractionne-

Jl. 20

ment de la société en plusieurs États indépendants que la constitution américaine reconnaît , a été trèsfavorable à cet état de choses, en secondant le maintien des vertus et de la félicité du peuple, en conservant Téffiiulation qui le stimule au meilleur emploi de ses facultés et à la juste appréciation du mérite des affaires qu'il traite sur un pied d'égalité,^ quoique avec des intérêts différents.

Tels sont les avantages de la liberté pratique^ de la liberté résultant d'un gouvernement de lois, où les lois , comme aux États-Unis , sont maintenues , soutenues, exécutées par ceux même qui les ont faites, où les lois enfin émanent da peuple. Dans ce cas, les lois ont une tendance directe à maintenir la liberté, puisque celles-ci dépendent de l'influence même des citoyens qui, voulant être libres, ont dû régler eux-mêmes les conditions auxquelles ils consentent que leurs relations existent soit avec l'État, soit avec leurs concitoyens. Ces conditions une fois déterminées par la loi , leur observation demande la pltis grande vigilance et la volonté la plus énergique : car cette vigilance, cette volonté ferme constituent la vertu la plus indispensable à la puissance nationale qui dépend également de la capacité et de l'esprit vigoureux qu'apportent les citoyens dans la gestion des affaires.

Les Américains possèdent ces qualités à un trèshaut degré, et cet avantage est un des traits dominants dans leur caractère national ^ et qui contribue

DE La PUISSfANGE AMÉMCAINK. Wt

pQMf bêâttéOlkp au mâitltién des \(n% tel k la proipérîté d« létit société.

Je croji^ âtoii* stifûs&mment ôtabl) quê la démoora^ tie n'est point la seule cause qui ait déterminé^ dans hi dociété américaine^ le développement commercial q[ue nous y remarquons aujourd'hui, mais que le génie actif et entreprenant de ses habitants, les nombreux avantages physiques d'un riche et immense territoire, l'étendue des côtes autant que sa liberté dans les institutions ont porté également les Américains à se livrer avec succès aux entreprises commerciales*

Je décrirai maintenant en peu de mots l'importance du commerce américain ^ ses rapports avec les étrangers , son accroissement, son avenir.

Kt d'abord, je ferai observer que sur le vaste territoire qui forme les États-^Unis, entre les 26 États qui les composent, il n'y a point de lignes de douanes; les produits de chaque contrée peuvent passer dans les autres sans rencontrer de prohibition ou de tarifs protecteurs.

La liberté commerciale intérieure existe stir tout ce qui appartient à l'Union américaine.

Voilà pour cette grande république une des premières causes de prospérité et de richesse^ et pour les institutions politiques, de stabilité, d'intérêts mutuels; la même nationalité couvre tous les intérêts du pays.

Et qu'an ne cherche pas à établir que des intérêts différente existent, que ceux du Midi sont peu en harmonie avec ceux du Nord, et que les lois qui protègent

les uns sont inutiles aux autres. Ces arguments ne sont point fondés et ne sont mis en avant que par les. ennemis de la démocratie, jaloux de voir sa domination si heureusement constituée dans ces contrées.

La communauté d'origine nationale n'existe point pour les Américains j mais on trouve chez ce peuple la communauté d'intérêts nationaux^ ce qui assure, au moins, autant sa prospérité, sa puissance.

SITUATION DU COMHEBCE iHÉRIGilN DANS SES DIVERSES BBAIfCUES.

Il résulte des documents des douanes des États- Unis que,^ pendant la dernière année fiscale du 30 septembre 1840 au 30 septembre 1841,

Le chiffre total des exportations de marchandises • américaines s'est éle?é à 660,429,730 îr.

Et celai des importations de marchandises étraogcres à 555,707,595

IW

Ce qui donne en faveur des exportations f 24,782,131 fr.

Il en résulte encore que :

Le tonnage des exportations s'e^t éle?é à. . . . 2«353,595 Ioqd. Et celui des importations à 2,289,309

Ce tonnage s'est réparti de la manière suivante entre les navires américains et. étrangers :

Tonnage américain (exportations) 1^647,000

Tonnage étranger id. . . 712,063

Surplus du tonnapre américain, id 954,946

Tonnage américain (importations) 1,576.946

Tounage étranger id. ...... . 706,185

Surplus du tonnage américain , id 870,460

En rapprochant ces chiffres, on voit que, dans un. tonnage total de 4,642,964, les navires américains . sont compris pour 3,223,955 tonneaux, tandis que les navires étrangers n'y entrent que pour 1,418,549; ce qui donne en faveur des premiers une balance de 1,805,406. En d'autres termes, les Américains ont eux-mêmes transporté plus des 2/3 des marchandises par eux vendues ou achetées. S'il était possible d'apprécier en chiffres les bénéfices qui ont dû résulter de ces transports, on trouverait, en les ajoutant au surplus des exportations déjà constatées, que, dans leurs échanges commerciaux avec les pays étrangers, les États-Unis ont réalisé, pendant la dernière année, un surplus de 150,000,000 de francs.

(On ne dDit point négliger de faire observer que les Américains comprennent dans la valeur de leur mouvement commercial les métaux précieux et le numéraire.)

Les principaux États de l'Union qui ont contribué le plus à la composition du chiffre général des importations, sont : au premier rang le New-York, qui seul a fourni près des 2/3 du chiffre total, la valeur de ses importations ayant dépassé 300,000,000 de francs (1); ensuite le Massachusetts,. qui est entré pour 1/6 ou près dé 90,000,000 de francs; puis la

(1) Eo 1802, les importations de New- York n'étaient guère qae le quart de la yaleur totale des importatious de l'Union; en 1821, elles s'éle?ërent à 115 millions ; mais, en 1856, époque de la grande prospérité commerciale aux États-Unis, elles atteignirent lénorme chiffre de 590 millions de francs ! Depuis, elles sont retombées à 500 millions de francs où elles sont aujourd'hui.

910 DE LA PllSSÂNCE AMÉRICAINE.

Louisiane, pour 1/10 ou 50,000,000 ^e francs; puis la Pensylvanie, pour 42,000,000; le Maryland, pour 34,000,000 1/a; enfin la Caroline du Sud, pour 13,000,000. Les autres États n'ont contribué quç pour des sommes comparativement ^liniines daos h) valeur des importations; cependant, parmi ce; é^tr nier s, F État du Maine figure encore pour plus dQ 3,000,000 de francs.

Quant aux exportations, elles ont procuré une clasr sification entièrement différente, La Louisiane (4) 6\ le New-York (2) ont acquis le mémo degré d'importance par le chiffre respectif de la valç^r de }euF exportation, qui s'est élevé à 174,000,000, pouf chacun environ 1/4, ou ensemble la moitié des ex* portations générales. Après ces deux États Tient l'Alabama (3) avec un chiffre de 64,000,000 pu 1/19 environ des exportations de rUqi^n } puis le Massachusetts pour 50,000,000, la Caroline du Sud également pour 50,000,000, la GéprgjiQ pour 34,000,000, kl Pensylvanie pour 34,000,000, 1q Maryland pour

(1) En 4S4MM Mportaaantde la Lo^il2aae u'éUmt qa9 dQ iO«OQO,Q(^4e frao«8.

(2) En 1791, les exportations de New- York s'élevaient à 12 millions f /2, no pen plus par conséquent qne cdle de ta Noavelle-Orlëans. Vingt ans pkn lard, «n 4SI 4» elles «'étaient déj^ ^ay^ à 60 raiUfons, dix foi^ celles #e I9 ^qft- ?elle-0rléans, à la même époque. Aujourd'hui le chiffre des exportations de ces deux Tilles est le même, quoique cependant il soit plus élevé delSmiiUoos en n^eime, depuis cinq etiix ans k la Nou?elle<Orl^i^( qil'4 ^0¥f-YQr|^

fS) Mobile est le priooipal port de l'Alabama, et le tr^sième au^^jrd'tuiide ilJnkm par rimporiaace de ses ezportaUoQS. Qe^endaqt l' Alabamf n'a 41^ ooastitaé Etat Mépendaiii que traote «sa afurès i'^^i^iv^f^jtiiCMi /IçigofTeiDfitmentMéral.

28,000,000, la Caroline du Nord pour 23,000,000, le Missouri pour 5,000, 000,.et le Maine pour 5,000,000. Les autres Ëtats fournissent comparativement fort peu aux exportations.

Un fait assez important à consigner ici dans la n[iarche progressive du commerce américain, c'est que le chiffre total des importations, depuis les quatre premières années de l'établissement du gouvernement de l'Union^ n'a fait que doubler, tandis que celui des exportations des produits indigènes a quadruplé. En dix ans la valeur des exportations des produits américains a doublé :

Ea 1830, elle 8*éîevait à. , ,, 295,000,000 fr.

En «840, elle s'est élevée à S75,M),00a

Cette différence d'accroissement entre Içs impor^ talions et le& exportations provient de ce qu'une plus grande proportion de la population est actuellement engagée dans les manufactures et l'agriculture, et qu'elle fournit en conséquence davantage^ au& besoins du pays. Il y a 25 et 28 ans, les importations ont été pendant 3 et 4 ans aussi considérables qu'aujourd'hui.

Parmi les articles ^ui; lesquels la plus grande variation dansi le chiffre des exportations a pc^rté^ le çpton occupe la première place. Ainsi^, saoas avoir ég^Ny par exemple, i la coâG^ommation de cet article dans Ic^ paj^, dA quel^ue^ centaines de. fio^ieirs. de fjçani^. qui regré^^taî^sA^ a^jQtfoîs la vaiew disi^ ces Qj;ipf^li^^e)le^gi'^^t;élAyéeà SiOO et.350 ,00(^100 de

francs! Or cet accroissement d'exportation n'a été dû à aucun droit protecti^ur, mais ^simplement aux avantages réels que présentent le sol et le climat des États-Unis, aux perfectionnements apportés dans la préparation du coton pour les marchés étrangers, à l'emploi de plus grands capitaux, et à l'application d'une plus grande partie de la population à la culture de cet important article.

Les autres principaux objets d'exportation ont peu ou point varié pendant ces quarante dernières années; quelques-uns même ont plutôt diminué.

Ainsi les exportations de tabac, qui, par exemple, s'élevaient en moyenne de 30 à 35,000,000, les farines à 20,000,000, les bois de construction à 10 ou 15,000,000, les riz à 5 et 15,000,000, etc., sont restées à peu près sans variation ; mais les exportations d'objets dus à l'industrie manufacturière américaine se sont considérablement accrues : de 5,000,000 au plus qu'elles produisaient en 1793, elles ont produit, en 1830, 25,000,000 1/2, et malgré l'abaissement des droits de douanes sur les importations dans ces dix dernières années , elles se sont élevées, en 1840, à près de 65,000,000 de francs.

L'industrie manufacturière a pris un tel développement dans la Nouvelle-Angleterre, que la valeur des objets de manufacture domestique exportés par le seul Ëtat de Massachusetts forme le 1/4 de l'immense exportation du coton pour toute l'Union.

Par suite de l'abaissement du prix des articles fabriqués de coton par l'introduction des machines^

les importations de ces articles ont considérablement augmenté. De 55, 000, 000^ valeur moyenne des importations de ces articles, elle s'est élevée jusqu'à 85,000,000, malgré le progrès de la fabrication aux

États-Unis. ^

Les importations en soie, inférieures dans l'origine à celles du coton, ne dépassaient pas, en 1821 et 1822, 20 à 30,000,000; elles se sont élevées, en 1836^ à >l 10,000,000, et dans ces dernières années elles n'ont jamais été moins de 65,000,000.

Les importations de numéraire se sont élevées de 15 et 25,000,000 annuellement à 60,000,000.

Les importations de café, destiné du reste en grande partie pour la réexportation, se sont accrues de 25 à 40,000,000.

Les importations d'objets manufacturés en laine, malgré le développement donné à cette industrie aux États-Unis, ont augmenté pendant ces vingt dernières années de 35 à 60,000,000.

Ainsi le commerce extérieur des États-Unis a pris l^ur les points principaux de l'Union un immense développement^ et a été constamment en augmentant depuis la formation du gouvernement général jusqu'en

1836, qui paraît avoir été l'année de plus grande prospérité commerciale en Amérique. Mais depuis

1837, époque du commencement de la crise financière amenée par les opérations malheureuses des banques, le crédit américain a constamment perdu et n'a pas encore pu se relever. Cet état de choses a influé naturellement sur les transactions commer-

544 m U PUISSANCE AMËRICAINf:.

ciales» qui ont dès lors dû subir de très-grands changements. *

Mais en dehors de celte cause étrangère du changement survenu dans les affaires commerciales, certains ports de l'Union, particulièrement dans les États du Sud, ont considérablement perdu de leur importance comme ports d'importation et d'exportation; de ee nombre sont Baltimore, Gharleston^ P^orfolk çt Savannah. Plusieurs de ces villes, il est vrai^ ont pris un développement de commerce intérieur qui a largement Qontre-balancé la diminution du commerce extérieur.

Si j'examine maintenant quels sont les rapports commerciaux que les Américains entretiennent avec les diverses nations européennes, je trouve que les États-Unis font un plus grand commerce avec l'Angleterre qu'avec aucune autre nation 4u globe.

En 1810, la Talear des import^iioDi <ki cb pavç

8'éleTait h 165.370,000 fr.

Celle d68 eiporUttODs à 385,000,000

La France vient ensuite. J^s Êt^l^s*Uni$ n'ont commencé ^ établir das échange^ ^yec ce pajs qu'apr^ h déclaration de l'indépendance ; ay^nt cette époque les colonies anglo^ américaines ne pouvaient comniiercer qu'avec l'Angleterre ou ses dépendance^. Ap^^ 1% révolution, la valeur annuelle dei; exportationiï 4e« Êtats*Uniâ en France s'éleva jusqu'à 400,QOQ,OO0s II double de ce qu'eDes étaient av^c l'Angleterre » Il même époqu«^

DE 1^4 PDISSANCÇ AMÉRICAINE. $49

fn I84O4 la T^ear des impOFtatioii^ s'A^Tait à. 87,850,000 fr. GeUe des exportations à 109,205,000

Le £otûn egt le principal artiela des txpoftatioas^ et entFô pour les 3/4 de leur valeur ; le tabac est I0 second; puis le houblon^ le poissoD| Tbuile de barr leine, etc., articles considérés comme produits in*« digènes. Le sucre, lé café, le thé, 1q cacao, les épiées, etc.^ importés par les Américains, sont regardés comme des produits étrangers.

Les Américains tirent de la France des vins de diverses qualités, mais principalement de Bordeaux, de ]M[arseiIle et de Champagne ; des eaux-de-vie, de l'huile d'olive, de la bijouterie de prix, et des objets de luxe de l'industrie parisienne ; des étoiles de cotop 00 soie 46 prix, etc,

Les relations commerciales avec la France acquiè« rent d'année en année un plus grand intérêt : elles sont basées sur l'ej^tension que le luxe a prise aux États-Unis, où l'on recherche aujourd'hui, pour tout ce qui concerne l'habille^ient, ou Taioeubleroçnt des maisons, des objets de fabriques françaises, à cause du bon goût qui distingue notre industrie. Enfin Tusage 4es nm d^ fnnc^ s'e^t copsidéraJidewei;^! rép^tndu pan»i h lafM^e m^^ 4«S ha]^it,%ut« depnû içe^ dçr^ nier es années.

Mais une remarque que j'ai été à même de vérifier souvent, ^t sur laquelle je dois appeler Tattention, c'est qu'un Américain consomme généralement en #bjets de luxe ou de superflu è| p&a près quAtfe fois «ntaat qu'un Français^ leur positioii sodak ^bmi

d'ailleurs la même. Cette différence dans les habitudes américaines provient de ses facilités à satisfaire ses goûts ou ses besoins. Aussi arrive-t-il souvent qu'on rencontre dans une maison d'un fermier américain du Michigan ou des Illinois des objets de luxe qu'on trouve rarement même dans les maisons de nos riches bourgeois de province.

Il me paraît donc important, dans l'intérêt de notre commerce avec les États-Unis, de savoir conserver des habitudes déjà prises et d'en profiter pour les augmenter, car on sait combien est grande et importante leur influence : à égalité de valeur, c'est le produit que le consommateur connaît, dont il a déjà usé, qui obtient sa préférence; et souvent même il est préféré longtemps encore à des produits supérieurs, mais nouveaux venus.

Les importations des colonies françaises des Ad-

tilles ont été, en 1840, de 1,675,000 fr.

Les exportations 2,570,000

Avec la colonie africaine de Saint-Domingue,

les États-Unis ont fait, en 1840,

En importations. • • 6.264,000

En exportations 5,135,000

Avec FEspagne et le Portugal les Américains font un commerce très-actif, mais surtout avec les républiques de r Amérique du Sud.

Avec TEspagne, les importations sont de. . . 40,000^000 îr. » les exportations 75,000,000

Les Américains exportent une très-grande quantité d'objets de leur industrie de la Nouvelle-Angleterre

au Brésil^ à Tile de Cuba et dans les Ëtats de l'Amérique du Sud.

Les objets d'exportation au Brésil et autres colonies portugaises sont des farines, du poisson, du bœuf, du porc, du jambon, de la chapellerie, des souliers, des bottes, de la sellerie, des savons, des cotonnades, des calicots et des toiles. Les retours se font en cuirs, en sucre, café ; de l'or, de l'argent, etc.

Les Ëtats-UDîs importaient de Russie, en 1840, pour 12,860,000 fr.

Mais leors exportations avec ce pays étaient peu considérables.

Avec la Suède,

Les importations étaient de 6,800,000

Les exportations 2,700,000

Ayec les colonies suédoises des Antilles,

Les importations étaient de 28S,000

Les exportations 510,000

Avec le Danemark,

Les importations s'élevaient à • 35,000

Les exportations «^ . . 380,000

Avec les Antilles danoises,

Les importations étaient de 4,845,000

Les exportations. 4,590,000

De Hambourg, Brème et le nord de l'Allemagne,

Les importations s'élevaient à 5,000,000

Les exportations 19,280,000

Les Américains font également un commerce trèsavantageux avec la Hollande, où ils portent des tabacs, du riz, du coton, des huiles, de la potasse, etc.

Avec Batavia, colonie hollandaise des Indes, les

exportations, en 1840, se sont élevées à. . . 4,000,000 fr.

Les iiuportaiions. 1,665,00Q

Avec l'Italie, les importations sont dé. . . . 5,500,000

• les exportations. ,....» 7,350,000,

51» Dfe ik mmkma kMAickmÈ.

Mâi^ après Ykti^léîétte et là France, c'eut aVec h Chine que les Américains font un plu9 gt^ttd OÙIt^

Les pi*einièréâ f élations côdimef dale» avec la CbiM sotit dnes à ttn habitant d'Âlbany qtii cotiçut, eii 178S, la hardie entreprise de traverser toutes lé» mefn qtA sêpai'cfnt rAméfiqtlè des IttàeÉ p<mr y trafiquer^ et Fa mise à exécution sur ttn sloôp de 64 tonneaux et dtéO un équipage de 7 kommes et 2 mousses; sou voyage eut ufi plein succès, et un nouveau marché fut ainsi ouvert à l'industrie américaine.

Les Américains tirent de la Chine des thés^ des étoffeà dé soie, des nankins, de laporcelaiflé, du sucre, du cassîa et divers autres objets; ils y exportent principalement du jeaseng, planta indigène aux forêts américaines; des cotoûs de letir sol, recherchés à cause de leur qualité et pour subvenir à la fabrication chinoise, h laquelle la production dé la Chiné ne suffit pas ; de Vargent en espèces, du mercure, de l^opîum, et un gratld nombre d'objets de leur Jnropre industrie, tels que draps, cdfoïinades, etc., sortant des fabriques de la Nouvelle-Angleterre.

En 1841, les Américains employaient dans ce commetce seul 70 bâtiments.

La f tfleur et kart inqidrtetioaf t'ële?4it à. . . V^OOÛ/Hm h. Celle de leurs exportations 30,000,000

Dàftâ tcMites ces évaluations dtt commerce américain, â nW pas question de celui de revente fait par les Américains, et qui, se faisant directement d'un

DE LA PUISSANCE AMÉftlGAINB. 549

lieu de production à un lieu de consoinl&ation^ saiM toucher dans un port des États-Unis^ échappe païf conséquent au contrôle des documents soumis au congrès. On ne saurait estimer exactement cette portion importante de la navigation américaine^ qui comprend rinde, la Chine, le Brésil, Cuba, et les principales échelles du Levant, les ports de la Méditerranée, les villes hanséatiques et les mer^ du nord de l'Europe.

Ainsi il n'y a pas aujourd'hui un point habité du globe où l'Américain ne se soit présenté avec son génie actif et entreprenant, où il n'ait créé des rapports commerciaux avantageux, et sur un grand nombre desquels il n'ait porté les produits mêmes de son industrie manufacturière; et tout cela à'ést à(^compli i?ans avoir, pour ainsi dire, eu recoui's à Tîntervention d^un système protecteur? C'est qu'en effet ce que l'Américain réclame, demande comme un principe de toute justice entre les peuples civilisés, c'est d'être admis sur un pied de simple réciprocité avec les nationaux partout où il peut porter les produits de son sol; et bientôt il est assuré, par sa rare intelligence et son esprit pratique dans les moyens de production à bon marché, d'obtenir une supériorité marquée sur ses concurrents.

II est donc bien démontré qué l'influence de Ist puissance américaine grandit chaque jour par Fextension que prend son commerce, et qu'elle tient non ancienne et unique rivale, l'Angleterre, sùuè la menace d'une concurrence commerciale universelle, qui

tôt OU tard doit amener un conflit terrible entre ces deux nations.

Tableau résumé du tonnage général américain^ de 1815 à 1841 inclusivement.

En 1815. . . , . . 1,368,107 tonneanx.

Nombre de tonoeaux enregistrés en 1841. . . .

» engagés ou avec licence. .

• des bâtiments employés à la

pèche

Total du tonnage. . . .

Cependant il s'est effectué depuis 1824 une différence de rapport entre l'accroissement du tonnage américain et celui de l'Angleterre avec les États-Unis, qui mérite d'être signalé.

En 1824, le tonnage total des nq^ircs an[)éricains employés au long cours s'éleyait à 919,300

Et celui de l'Angleierre commerçant directement avec

les États-Unis, seulement à 69,300

En 1839, le tonnage américain n'était que de. . . . 1,457,900

• celui des bâtiments anglais. . . . . . 491,500

Ainsi^ tandis que le tonnage américain ne s'est accru que de 1/2 pour 100, celui de l'Angleterre avec les ports des États-Unis est devenu 7 fois plus considérable! C'est là sans doute un changement remar* quable^ mais qui s'explique cependant facilement par ce fait, que le gouvernement anglais ne souffre pas

DE LÀ PDISSÀNCB AMÉRICAINE. Mi

que les exportations de ses possessions américaines se fassent sur d'autres bâtiments que ses nationaux.

Il n'est pas présumable que les Américains se soumettent longtemps à cette situation défavorable aux intérêts nationaux, et ne reprennent prochainement une position de parité que leur a fait perdre un traité commercial avec TAngleterre trop légèrement consenti par l'administration du présideîit Jackson.

Mais les États-Unis ont trouvé une compensation à cette différence de tonnage dans l'accroissement remarquable que le mouvement à l'intérieur et le long des côtes a pris depuis 1794, accroissement dû à la fertilité de leur sol, à leur industrie vigilante, à leur application des voies de communication , et aux heureux effets de leur constitution.

Le mouvement à l'intérieur et le long des côtes, qui n'était représenté en 1794 que par 189,153 tonneaux, l'est aujourd'hui par plus de 1,286,231 tonneaux; c'est-à-dire qu'il est 6 fois plus considérable!

.La pêche de la baleine a pris un très-grand développement aux États-Unis, et fournit à la république une pépinière précieuse d'excellents marins. On compte 410 bâtiments engagés dans cette industrie, si pleine de périls et de hasards; 374 sont des troismâts, et 40 barques. Ils sont répartis comme il suit entre les ports principaux intéressés à cette pécha :

146 à New-BedforJ, dans le Massachusetts. 28 à Fairba?eD, •

73 à Nantucket, •

12 à Warreo. t

14 à Bri4oI, dans le Rhode-hlaDd.

il. 2J

i» DE LA PI11SSANC£ AMJÊRlCAirai.

25\k SagbarUir, da^ la Ettede-Iitaad.

28 à New-London^ dans le Gonoecticat.

e à Salem, dans te Massachiuetts,

4 à Bottan,

5 à New-York.

5 à Wilmington, dans le DelawarCi El d'antres mr d'aotres points noif désignés.

Tous ces bâtiments présentent un jaugeage général de 157^405 tonneaux.

TAfiLEAU RÉSUMÉ

Des produite dts pêcheries ^ du nombre des personnes qu'eites occupent et

d9s capitaux qui y sont engagés,

EkISIO.

Polisoasésbé^ qniiQlitéenkilogramiiies. .... 77,39#,700

Poisson salé. id. id 47,255,900

Haile de blanc de baleine, litres 21,631,774

Id. et d'autres 26,136;972

Y/^uf d|^ Meiçies e| aiilce»iyiodwts de tu pèche, f ». 3,766,770

Noi9)2r^dfi|i4p^r8onnesempIo||éf;jui9ns cette industrie. 88,584

Gapitâttv engagés. fr. 82,148,100

Constructions navales»

l^ hgbitantis de^ la. Nouvelle-Àngkteire^.]^ la fidt Vt^VB^t 4e la, DAtuKe du pays ssar lequel ils étaient YWus s'étai>lir et d;u Yoisinage de h mer> . ftirent natuc^Uejaou^pt . pûrytés> vers le comnierce et Ia.nsmgafBeii. 4ui^ se fireipi^t-iU de bonne heure remat quer par leur s^titude^ pQur ce genre d'industrie et.poup. l'art d» coDusftro^tiw^» qavales» qui s'y rattachent, malgré Vmtrême jalousie que témoignait la mère patrie pour tout ce qui pouvait contribuer à donnes^ un cachet d'indépendance à ses colonies.

C'est en 1622 que fut construit, à Plymouth, le pre-

mier bâtiment marchand ; le second^ construit par le gouverneur Winthrop, en 1631 , k^Mii^ick^ aujourd'hui Medford^ fut lancé un 4 de juillet : c'était un petit bâtiment de 50 tonneaux^ qui prit le nom de BlesHng of the Bay; un troisième bâtiment fut construit dans le cours de la même année par les habitants de Saler à Mambleharbovy aujourd'hui Marblehead : c'était un bâtiment de 120 tonneaux. En 1641, les habitants de Plymouth construisirent tin autre bâtiment de

50 tonneaux.

Mais de cette époque à 1770, le commerce des habitants des provinces britanniques en Amérique prit nécessairement un certain développement, et présentait déjà en 1771 :

Entrés ' . . 351^686 tODiieaax.

Sortit 551,644 •

Et les colons vendaient à la mère patrie 51 bâtiments par an, ce qui montre assez que cette industrie était avantageuse aux habitants.

En 1772, 182 bâtiments furent construits dans toutes les provinces^ présentant un tonnage total de 26,544 tonneaux. La répartition de ces constructions sur les diverses colonies était comme il suit : 123 bâtiments dans la Nouvelle-Angleterre, 15 à New-York, 1 dans le New-Jersey, 8 en Pensylvanie, 7 en Virginie, 3 dans la Caroline du Nord, 2 dans la Caroline du Sud, enfin 5 en Géorgie.

En 1840 les Américains ont construit 858 bâti-* ments dont le tonnage total s'élevait à 168,988 ton*^

nés ; sur ce nombre 83 étaient des navires à 3 mâts, 89 des bricks, 439 des goëleltes, 122 des sloops, 125 des bateaux à vapeur.

En 1841, par suite de la souffrance des affaires commerciales, il n'y a eu que 761 bâtiments de construitSy dont le tonnage total s'élevait à 118,894 tonneaux, présentant une différence de 50,000 tonnes en moins sur l'année précédente.

Page 1