‹ De la puissance américaineChapitre 24 sur 135 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

tant plus actifs qu'ils seront libres et faciles.

Dans Tétat actuel des choses, les nations s'épuisent en de vains efforts, qui ne profitent qu'à un petit nombre; quant aux masses, elles s'appauvrissent ; partout le commerce est en souffrance, nulle part il n'est basé sur les principes d'une large réciprocité ; il suffit qu'une nation ait l'empire des mers pour que la prépondérance lui soit acquise et qu'il lui soit loisible d'imposer sa volonté aux autres nations. Ainsi, tandis que la pléthore engqrge tous les canaux de la vie industrielle, la nation britannique, pour échapper à ses terribles effets, condamne les autres à ne consommer que ses produits. Mais si ce monopole qu'elle veut exercer par la force et à tout prix est devenu la suprême condition de son existence, c'est une témérité inouïe autant que coupable que de prétendre à l'imposer à tout le genre humain.

Cependant de l'autre côté de l'Atlantique s'élève une nation de même origine, de même race, mue aussi peut-être par la même ambition, mais plus apte, sous tous les rapports, à devenir une des plus grandes puissances commerciales et industrielles du monde. Chaque jour, elle s'avance de plus en plus dans la lice et menace déjà d'une concurrence désastreuse l'ancienne reine des mers,

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sa seule rivale. Hier encore l'Union américaine était une nation de consommateurs , aujourd'hui elle révèle sa puissance et ses justes prétentions à déverser sur les autres ses immenses richesses naturelles et les produits merveilleux de son industrie. Pourquoi ne convoiterait-elle pas la riche succession de la Grande-Bretafjne, qu'elle peut un jour déposséder ?

Pour amener le succès de ses vues ambitieuses , elle suit une marche entièrement opposée à celle qui a si bien servi les intérêts de TAngleterre. Le mouvement ascensionnel de celle-ci a été provoqué par l'énergie de son aristocratie compacte ; TAmérique obtiendra la suprématie des mers par la force du principe démocratique ; Tune a inscrit sur sa bannière Dieu et mon droite l'autre inscrira sur ses couleurs tiberté des mers, et fera reconnaître enfin ce grand et salutaire principe, que te pavillon couvre la marchandise.

C'est* ce principe sacré qui viendra puissamment en aide, qui contribuera surtout à la réédification sociale.

La nation américaine emploiera à sa défense, avec sa marine , et son intérêt commercial et son ambition. La souveraineté du peuple constitue aujourd'hui sa force et sa puissance ; elle lui doit

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son origine et sa prospérité sans exemple. Fondée principalement sur l'amour de la liberté^ sur le patriotisme^ sur rattachement des citoyens à la constitution de leur choix, l'Union présente, elle aussi, l'imposant spectacle d'une nation compacte pourvue de tous les éléments de force et de durée . Ses citoyens, heureux sous Tempire de leurs institutions, perdraient à les modifier, et ils n'en risqueront pas répreuve ; car ils compromettraient leur avenir, dont leur prospérité actuelle (\ ) est la plus solide garantie .

Un tableau fidèle de Tétat social des Américains sera toujours un vaste sujet d'étude ; les grands enseignements qu'il contient me semblent tirer un nouveau prix de l'état actuel des choses , aujourd'hui surtout que les peuples dirigent leurs efforts vers un seul et même but, et tendent tous vers la conquête du principe de l'égalité politique.

La démocratie américaine est certainement appelée à soutenir un jour une lutte dans laquelle seront nécessairement entraînées les autres puissances maritimes. De là naîtront des intérêts spéciaux et une situation nouvelle difficile à apprécier,

(1) La crise financière et commerciale actuelle (janvier 1 843) n'est qu'an fait passager, tenant à des circonstances purement transitoires, et qui n'est nulle- BMOt susceptible d'intéresser les déductions du philosoplie et du statisticien.

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mais digne d'exercer les méditations de tous ceux qui s'occupent de^ progrès de la civilisation ; j'ai Tespoir quç mon ouvrage , par la nature positive de ses éléments , fournira une base solide aux déductions de l'homme d'État.

Je ne me dissimule point la difficulté d'une pa-^ reille tâche. Dans cette histoire indu$trielle du peuple américain^ j'ai eu be&oin^ pour soutenir mes efforts, d'associer mes souvenirs au sentiment d^un pieux devoir, et j'ai saisi avec empressement cette occasion de mieux faire oonnaitre des travaux aujourd'hui renommés^ conçus et exécutés par des mains françaises (4 ). «

Je divise mon travail en deux parties : dans la première, je retrace l'origine, les institutions, et surtout l'esprit politique des Américains ; dans la seconde, leurs ressources militaires, et le développement de leur industrie agricole, commerciale et manufacturière.

On n'y trovyera que des renseignements positifs mêlés d'une foule d'observations personnelles, sur une. nation au milieu de laquelle j'ai vécu , dont j'ai suivi les progrès, et à la fortune de laquelle je m'intéresse comine un de ses enfants. J'ai mis tous

(t) La dathm àmérioaine a dépensé plus d'un milliard dans rexécution des tnimÊ$ otnii^i^s à \» àétem natieMje>

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