PENSYLVANIE
Gustave* Adolphe I roi de Suède , conçut, au com-
mencement du dix-septième siècle ^ ainsi qu'il a été déjà rapporté plus haut, la généreuse pensée de créer en Amérique une colonie qui devait servir de lieu de refuge aux proscrits de toutes les nations ; à peu près vers le môme temps que l'industrie hollandaise venait indiquer, avec sa rare perspicacité commerciale, le point du nouveau continent appelé à devenir un jour le grand bazar des affaires du nouvel hémisphère.
Mais l'honneur de réaliser la noble conception de Gustave-Adolphe fut réservé au célèbre Oxenstiern ; c'est eii 4638 qu'il confia aux soins du capitaine Minuits, Hollandais fort expérimenté et qui déjà avait résidé en Amérique, une expédition destinée à porter sûr les bords de la Delaware, où il lui était enjoint d'acheter des terres des indigènes, des émigranls podr la plupart Allemands, de toutes dénominations, et dn certain nombre de familles suisses.
L'expédition débarqua dans la baie Delaware, alors comiuel sous le nom de rivière du Sud; le capitaine Minuits , suivant ses instructions , acheta des Indiens des terres près de Trenton, sur lesquelles on créa le premier établissement, et un second à l'embouchure de la rivière Ghristiatia dans la Delaware ; sur ce deirilîef {)oint, on cofistruisit un fort pour la protection de la colonie ^ auquel on donna le nom de Ghristiana, en l'honneur dé la jeune reine de Suède; enfin on établit un troisième point, qu'on nomma Eizimbourg, et un quatrième Gottembourg. Tous ces établissements sont aujourd'hui compris dans le territoire de TÉtal de Delaware.
DE LA PUISSANCK AMÉRICAIXB. ^4\
La création de cette nouvelle colonie mr laDelaware fut l'objet de fortes représentations et frrot^stalions delà part des Hollandais , qui réclamaient des droits antérietirs de découverte et d établissement, mais qui cependant bornèrent là leurs démonstrations de résistance.
La charte suédoise était extrêmement libérale : elle était surtout empreinte d'un esprit de tolérance rare) aussi les établissetiients suédois prirent-ils un œrtain développement. Au nombre des émigtants allemands, suisses et autres^ qui vinfent s'y réfugier^ (les dissidents de la Nouvelle-Angleterre étaient venus aussi s'incorporer, trouvant plus facilement au milieu de ces étrangers les moyens de satisfaire leur ardente * passion d'acquérir que parmi leurs concitoyens du Nord. Aussi, dès ^646, tout un qttartier de la ville actuelle de Philadelphie était déjà établi par une population mixte^ suédoise et anglo améf icàine.
La colonie suédoise subsista sousi le régitoe colonial dé la charte primitive de Gustave-Adolphe pendant près de dix-sept anS, malgré l'opposition des Hollàndiis et surtout l'iilvasiDn de leurs voisins plus actiff^, les émigrànts dé race anglo-satonne.
tiln \ 655, les établissements suédois de la DdkWàte laissèrent sons l'autotité des Hollandais , et letir goutWîiemeiit releva diwctement de celui des Hollandais^ ^^ en possession de New- York.
Lorsque New^York devint la propriété dés Anglais, ^ établissétnetits de la t)elawatë detneruf èreiii sousf 1* dominatioti dtt hèiiteatr gonvérrtémënt deNew*York,
quoique leur territoire relevât directement de la concession de la colonie du Maryland^ et cet état de choses dura jusqu'au jour où Penn créa sa colonie de Pensylvanie, et acheta directement du duc d'York le territoire de FÉtat actuel de la Delaware.
Telle fut la courte durée de la seconde colonie Scandinave plantée sur le continent américain y mais qui, plus heureuse néanmoins que la première, laissera des traces plus durables de son passage dans l'histoire industrielle de l'État de Delaware, mais surtout dans celle du riche État de Pensylvanie, où le cachet de la race Scandinave et allemande s'est conservé d'une manière indélébile.