COLONIE DU MARYLAND
Le territoire actuel du Maryland fit partie de la colonie de Virginie jusqu'en 1632, qu'il en fut détaché par suite d'une charte royale du 20 juin, qui fut accordée à Cécilius Calvert au nom de son père Georges Calvert, lord Baltimore, en Irlande, qui avait conçu le généreux projet de fonder une colonie en Amérique pour servir d'asile à ses coreligionnaires persécutés. Cette colonie a reçu son nom de Henriette-Marie, fille de Henri IV et femme de Charles I".
L'étendue du domaine concédé sous le nom de Maryland était, d'après cette charte, beaucoup plus considérable que le territoire actuel. Au sud, il était liïnilé par une ligne tirée du promontoire de la Chesapeake, appelé Watkins-PoiiU, à l'Océan; à l'est,
44 ft DE Là puissance: AMéRICAtNC.
par rOcéan et la rive occidentale dô la baie de la l)elâwaire jusqu'au 40* degré de latitude ; au nord, par une ligne tirée de Cô parallèle à l'ôuest jusqu'au méridien dé la feôurce principale de la rivière PotomâC, et de ce points en suivant le rivage occidental de Cette rivière, jusqu'à Si»i/AVPd/n^ et enfin jusqu'à Wàikins-
PôiiU.
Âinài céà lifnites comprenaient Tétat actuel dé là Delaware, Une partie de la I^eU^ylvanié, la Inôitié du côtnté dé Chester jusqu'au Schuyllcill, et une portion considérable de la Virginie.
Là question de délimitation de cette côlohîe à été la cause de troubles et de contestations violentés entré ses habitants et ceux des établissements voisins, et ces disputes ne furent finalement assoupies qu'en 1818.
L'expédition pour coloniser les. terres concédées à lord Baltimore fut confiée à Léonard Calvert, un de ses fils; Il mît à la voile de l'île de Wight le â2 novembre 1633, avec deux cents émigrant», principalement catholiques, de fortune et de noms ; il débarqua le ^i février à Point-Cdmfért, en Virginie, isUf l*éffiplâcemenf actuel des fortifications qui défendent la rade d'Hamplon. L'expédition remit èU^uiteâlft voile pour aller reconnaître la baie de là Chesâpeâke, remonta' la rivière du ï^otomac pendant quarante lieues, jusqu'à un village indien nommé Piscataway, et redescendit ensuite jeter l'ancre à l'embouchure du Potomàc, dans une baie magnifique qui fut appelée Saintê-Marîe ; et, le 27 mars 1634, les émigrantà mirent définitivement pied à terre sur le lieu où ifs
résolui'eftt fle teûdet leui* établissement permanent, ptès d'un Village indien , Yaocomaco , auquel ilg donnôl^ént îe ioiù de Sàînte-Marie. Les propriétaires de ta (iôflcesSîôii du Maryland dépensèrent sur cet élâ- Missëment, en moins dé trois ans^ plus de deux mîlliôiig de francs.
£ii 1660, la population du Maryland était déjà dé dôijte mille habitants, la plupart planteurs de tabac, dé j^t^ôduit Servait alors aux colons d'intermédiaire commç pifli d'éèhangé pour toutes les nécessités de la vie. Cependant, dès 1686, la législation du Maryland autorisa un nouvel étalon monétaire qui fut reçu en place dé la livre sterling anglaise dans toute la colonie. Les àtlWes colonies suivirent cet exemple, et la monnaie ^ h glaise se trouva ainsi remplacée par des valeurs cotoWales.
Les colons venus avec Calvert appartenaient, pour
Isi plupart, à Une classe d'émigrants distingués par
Ifeur instruction, l'élévation et la libéralité de leurs
idées; aussi adoptèrent-ils une forme de gouverne-
Aèùt calquée sur celle de l'Angleterre : on créa un
<%i!iseil sur le modèle de la chambre des pairs et qui
6tàit Côibpôsé des membres les plus distingués de la
<%lcrfaiè^ et Une chambre basse de députés nommés
directement par les habitants de chaque commune.
Il fut déclaré par une loi qvC aucun individu ne pour- •'ittï être recherché^ inquiété ou molesté pour cause d'opinion ^tijieuse. Les émigrants du Maryland donnèrent ainsi 1< ^einiér téïrioigUage éclatant de tolérance religieuse <ldi^s le nouveau monde^ en faisant dé leur colonie un
véritable lieu de refuge où tout individu pouvait rendre grâce à Dieu suivant sa croyance, pourvu toutefois qu'il fût chrétien. Bel et grand exemple qui fait honneur aux catholiques de ces temps contre lesquels toutes les autres sectes s'étaient combinées, et d'autant plus remarquable que, dans la Nouvelle- Angleterre, les puritains, réfugiés par suite d'idées religieuses, persécutaient eux-mêmes leurs concitoyens protestants, et qu'en Virginie les épiscopaliens exerçaient la même sévérité sur les puritains, leurs coassociés dans la grande tâche de porter les lumières dans le nouveau monde.
Aussi vit-on arriver dans le Maryland un grand nombre de protestants non conformistes de la Nouvelle-Angleterre et de la Virginie qui se considérèrent comme trop heureux d'échapper à l'intolérance de' leurs concitoyens, et qui accrurent ainsi les ressources et la prospérité de la nouvelle colonie.
Enfin, une circonstance qui fait également honneur à l'esprit éclairé des premiers fondateurs du Maryland, c'est qu'une résolution législative fut immédiatefaient. adoptée, mettant à part une certaine étendue du domaine colonial pour créer un fonds pour les écoles où tous les enfants de la colonie devaient être élevés gratuitement.
Ainsi les mêmes hommes, qui venaient de fonder, pour eux et leurs descendants, la liberté de conscience et d'opinion, pensaient en même temps à pourvoir au plus important des besoins du citoyen d'une démocratie, l'instruction !
DE LÀ PUISSANCE ÀMÉmCÂIINE. 121
En 1689, la colonie du Maryland fut fortement ébranlée par une émeute protestante contre les catholiques; et en 1692, elle passa sous l'autorité de la couronne d'Angleterre, qui envoya, pour gouverneur, sir Lionel Copley, Le premier acte de ce nouveau chef politique fut d'établir la suprématie de l'Église anglicane et de soumettre les habitants à une taxe en faveur du clergé. A cette même époque les catholiques elles quakers furent persécutés.
Sainte-Marie contenait alors soixante à soixante-dix nudsons et une église catholique qu'on avait laissée tomber en ruine. La construction de cet édifice, un monument alors pour l'Amérique, avait coûté quarante mille livres de tabac, ce qui était un prix considérable pour les temps. Cette église fut remplacée par iine chapelle du culte anglican.
En 1710, le siège du gouvernement de la colonie, qui jusqu'alors avait résidé à Sainte-Marie, fut transféré à Annapolis, dont la création date de cette époque qui est aussi celle de l'établissement des postes. La population de la colonie pouvait alors présenter trente mille habitants. En 1763, elle s'élevait déjà à cent soixante-cinq mille, dont vingt mille déportés de justice de l'Aïigleterre.
La colonie produisait environ vingt -huit mille koucauts de tabac dont la valeur pouvait s'élever à 3,500,000 francs ; elle importait pour une valeur de *)000,0OO de francs. Dès cette époque on s'occupait ^^ec succès de la fabrication du fer, on comptait ^éme huit fourneaux et neuf forges, produisa^it trois
m DE LA PUISSANCE AMÉRlGAlNË.
mille Cinq Cehik iotmeê de fer m ^euge ôt six mats tonttes de (et en barré.
Telles éuient lei ressourMs et là ëituatiOri dé lA colonie du Maryland lorsque cOmmeti^a la /âittetlsd lutte pour les libertés civiles avec TAngletâfré.
COLONIE DE LA CAROLINE bO HùM.
Les Ânglo-Saxons établis dans 1» Nouvelle^^^Aftglé^ terre livaient apporté avec etii cet esprit d'émigration qui Uk distingue gi étfilneiâtûem dé toutes les àtitfM races d'homâies et qui a si puissamment contribua t rendre cette colonie la mère de tous lei^ autres êtA** blissements en Amérique. Dès 1663, Utie petite Côlônid d'émigrants de la Nouvelle-Angleterre était vettttè s'établir près du cap Féar, sur les eaux de Ik rtVièi*é de éè flom, et entiêfemetit en dehors de tôui^ les établittsèiDéiits àfiglais dé la Virginie. Ils àvaieht li*ati&plàtifé àVée eux leurs principes de liberté et d'indé' peiidftlieë; et féclaiùèreiit le droit de ée gouter&ei' et dé ii'âdâiirtiitré^ sUi* des terres dont ils aVàietit acquis lefi titfeëâe prdfiHété des indigènes.
Les Vil'gilllëfi^, doués dti tnéoie eâprit d'étitigratioft, avaient également étendu leurs et^tlôràtiofis, îtfittié' diatëfnëtif apfèë leiif àMvée eh ÀMériqué^ tërii les VèTtëH eottnuéiji â«Us lé iloib de Vit-gifiie du Stid-bli Gardlihê; et dès 1663, flif àtaietit fondé, sUr le détfdii d'AIbêmiftlé ( Albemuk Sdund ), dé» étàbliâSéniefitS sdtl^ Itt dirédtioA d'uû ôértâiii Georges Callmaid.
EA leaSj lé faiAéttX histôi^iéil Gla^éâdûn, IttiiiiAtfé
DE LÀ PUISSANCE AMéHICÂlNË. 4 25
dévoué dé Charles 11, mais détesté du peuple^ obtint, en juin, une charte royale qUÎ lui àccôfdâit', aîûôî qu'à ses associés, tout lé tewitotrê dô l'AtîàAtlque à la Pacifique, depuis le 29"^ jusqu'au 36^ degré dé latitude boréale, par oôii«équent, sur tiflè étendue de 1 dégrés, et cottipfôliaûl ainsi toute là Caroline du Nord et du Sud, la Géorgie, lé Tennessee, TAlâbattaa, lé Miississipi, la Louisiane, TArkansas, une grande partie de la Floïidé et du Missouri, et presque tout le Texas avec une grande portion du Mexique! tût inlttïènSè empire devenait lèut propriété directe ; ils pouvaient faire des lois poui* en gouverner les habitants, toutefois avec le consenletnent déé hômffiés libres, habitants futurs de la colonie;, léS privilèges dont ils devaient jouii* étaient lefe mêmes que ceux concédés aux propriétaires de Rhode-Island «t dé Cônnectîcut.
lifté clause priucipâlé recofiuaissàit la liberté dé conscience, une autre avait rapport aux âvàutagéa attachés à rintroduetion du système (iôloiiial dàUé les ports de la colonie. Les propriétaires devaient avoir fe droit de créer des titres, de coUstituer des domai- Jtes, dès comtés, des barônnies, ètiRu, d'établir Utiè noblesse, seulement avec d'autres titres qu'èû Aiigle- ^^ffe. En résumé, tout était prévu pour éoflàtittter en ^•iérique un vaste empire!
Le célèbre philosophe John Lôclce fut consulté par ^kâiftesbury, un des propriétaires, pour là rédàétion ^* système et de la forme de gouvernement à adopter; '^^is les spéculations, les doctrines, ffuîts d^uft tH-
vail élaboré dans le cabinet, se trouvèrent complètement en désaccord avec les besoins, les exigences des habitants pour Fadministration desquels elles étaient destinées.
Locke avait rêvé la création d'une aristocratie sur la terre américaine, mais celle-ci ne pouvait faire fructifier qu'une démocratie pure. Aussi la nouvelle constitution adoplée par les huit propriétaires, en 1670, ne put jamais être mise en vigueur dans la colonie.
Les habitants d'Âlbermale, alors beaucoup plus nombreux sur ce point que sur aucun autre, adoptèrent des formes et des lois simples, mais en harmonie avec les besoins de leur position. La première assemblée populaire eut lieu, en 1667, dans le comté d'Albermale.
Longtemps la Caroline du Nord fut considérée comme le rendez-vous de tous ceux qui avaient quelques bonnes raisons pour fuir leur patrie ; on y trouvait des émigrants de tous les pays, de toutes les langues, des Anglais, des Écossais, des Irlandais, des Français, des Allemands du Palatinat, des Suisses : ces derniers fondèrent la ville de New-Berne, sur la rivière Neuse.
Le gouvernement de la colonie resta aussi, pendant un certain nombre d'années, soumis à celui de la Caroline du Sud, dont il relevait.
Malgré les difficultés que cette colonie éprouva à s'établir et à se constituer sous un gouvernement indépendant et stable, et malgré l'esprit turbulent qui
caractérisa longtemps ses habitants, étrangers les uns aux autres, elle ne s'en accrut pas moins plus rapidement que la Caroline du Sud, qui fut fondée d'une manière plus régulière.