COLONIE DE LA CAROLINE DU SUD
Les premiers établissements de cette colonie durent leur origine à l'esprit spéculateur des propriétaires de celte concession ; mais ils ne prirent un peu de développement qu'après que les habitants eurent établi pour eux-mêmes une administration indépendante.
En 1670, un certain nombre d'émigranls étaient venus, sous la conduite d'un nommé Joseph West, s'établir à Beaufort ; mais, ne trouvant pas cette localité avantageuse, ils l'avaient quittée pour fonder un s^utre établissement sur les premières terres hautes de la rivière Ashley. Ils constituèrent de suite leur adnainlstration sur des bases de liberté et d'indépendance, et inaugurèrent un système représentatif eu 1672.
Cependant Shaftesbury, un des propriétaires, n'avait pas renoncé à l'espoir de faire prévaloir, dans cette colonie, les principes de la constitution rédigée sous les inspirations et la révision de J. Locke. Toutefois les conséquences prouvèrent l'erreur de son jugeïï^ent, car, tandis que le conseil supérieur de Londres approuvait la constitution de Locke, la représentation populaire y apportait sur les lieux une ferme résis- *^ce. Ainsi la Caroline du Sud vint à une existence
m m lA PUISSANCE amghiqmniî.
politique p^r suite d'une scission «ntra les partisans 4e l'Église établie et Iqs réforpaisteg,
En 1680^ les émigrants, trouvant leur dernier emplacement sur la rivière Ashley peu favorable sous le point de vue commercial, se décidèrent à s'établir à la pointe mémo ou confluent des rivières Âshley et Cooper, et nommèrent leur nouvelle ville Charles-Town, d'après le nom du roi Charles IL La population de cette ville s'accrut rapidement à l'aide des émigrés blancs et des esclaves qui avaient quitté les Barbades sous la conduite de sir J. Yeamans.
L'intolérance politique et religieuse qui pe^a, vers le même temps, sur l'Ecosse, fut très-favorable à l'accroissement de la colonie. Des émigrés hollandais arrivèrent également de New-York, après la conquête do leur patrie adoptive par les Anglais, L'Angleterre ellen^ême fournit son contingent d'émigrants, ainsi qug l'Irlande; enfin la France, où la révocation de î'édit de Nantes venait de frapper de nouveau les huguenot^ fournit à cette colonie, comme aussi à d'autres points du globe et à l'Angleterre même, le plys précieux de son sang intelligent et industriel.
Sur tous les points de l'Union américaine, on peot retrouver aujourd'hui wêiftc lies preuves vivantes àè ççtte fatale émigrs^tion qui appauvrit la France et an» richit Içs autres nations ; mais c'egt surtout dans la Caroline du Sud et dana la Virginia qu'elle a été plus considérable et qu'elle st exercé une plus grande inflnence sur les mœurs du payi^ en conservant le cachet
péral, intelligent ot passionné de leur origina fran«
çaise. %
(In peu plus tard^ cette colonie s'acerut encore des habitants de TAcadie, qui furent transportés à Charles- Town par ordre du gouvernement anglais, qui les avait spoliés de leur propriété.
De 1685 à 1690, la colonie éprouva de çran4es difficultés intestines dues aux prétentions et exactions fiscales des propriétaires, par Tinlermédiaire du gouverneur Golleton. Celui-ci, ayant voulu employer la force militaire pour faire exécuter ses volontés^ ne trouva heureusement de troupes organisées dans le pays que les milices citoyennes, qui prirent parti avec le peuple et s'opposèrent aux actes de violence du gouverneur.
A Tavénement de Guillaume et de Marie, les pou^ voirs de CoUeton furent révoqués, Setji Siçthell nowmé i sa place, et le système représentatif rétabli- Cette forme de gouvernement subsista dè§ lQr^ sans interruption.
En 1691, le gouverpeippnt de U colonia s'occupa d'établir un pystèmç dû défense nationale, pour protéger le3 b^bitants contre Iqp .ipQuriiona des Indiens $(d6s Espagnols établie en Floride « On créa d^s arse- ^i^ un revenu, Enfin lei^ réfugiés huguenots fr^n- ^ia, entre ^utre^, fureni; ^^mi^ à jouir de tous les droits de citoyen.
Sa 1693, an adopta définitivement que 1-assemblée %iilfttive se réunirait daux fois par an, mesure qui
sert maintenant, avec de faibles modifications, dans la législation actuçUe.
L'administration gouvernementale ressemblait, par la forme, à celle du Maryland.
Les propriétaires nommaient les membres du conseil supérieur.
Le peuple choisissait les membres de rassemblée. La défense du pays était confiée aux milices. Enfin le peuple rejeta les principes que la révolution de 1688 conservait encore en Angleterre, savoir que la propriété donne un droit légitime au pouvoir et la reconnaissance d'une noblesse.
Quant aux opinions religieuses, elles n'exercèrent aucune influence sur les droits de franchise politique acquis à tous les habitants indistinctement ; seulement l'Ëglise établie fut reconnue cotnme celle de la province.
Remarquons ici que la culture du riz par les esclaves, qui devint un des principaux produits du sol de la Caroline , fut introduite vers la fin du dix- septième siècle dans cette colonie.
Concluons de ce qui précède que c'est dans le dixseptième siècle que les Anglais ont fait les plus heureux et persévérants efforts pour coloniser le nouveau monde, où, partis d'un point qui leur donnait à peine un pouce de terrain, ils se sont graduellement étendus sur un territoire de plus de 12 degrés de latitude, du Maine à la Floride, fondant sur leur passage douze colonies distinctes, savoir : de Portsmouth et Nev^- Hampshire, de la baie de Massachusetts, de Connectix
cul, de Rhode-Island, de New-York, de New-Jersey, de Pensylvanie, de Delaware, de Maryland, de Virginie, de Caroline du Nord et de Caroline du Sud ; que chacun de ses mouvements a été marqué par l'envahissement d'abord des indigènes , puis des Français, des Hollandais et des Suédois.
A la fin du dix-septième siècle, les colonies de la Nouvelle-Angleterre avaient déjà une population qui était la moitié de celle de toutes les colonies anglaises, estimée alors à environ deux cent cinquante mille habitants, c'est-à-dire dix fois plus forte que celle de la Nouvelle-France, avec laquelle ils étaient en contestations continuelles.
A la suite de ces contestations, provoquées autant par le désir d'obtenir la navigation du Saint-Laurent 6t les fertiles régions de l'ouest que par leur haine pour les doctrines et les principes professés parles Canadiens, les trois colonies de Massachusetts, de Conneclicut et de New -York formèrent un pacte défensif et offensif, dans lequel le gouverneur de Massachusetts prit l'initiative. Ce congrès fut tenu à New-York.
Aussi le Massachusetts, qui a donné naissance à plusieurs États, revendique-t-il à juste titre l'honneur d'avoir donné le premier l'idée de Y Union américaine.
A ce congrès il fut question de la conquête du Cai^tida coname une mesure qui intéressait également la prospérité des trois colonies, et un plan de campagne fut arrêté.
Ainsi ces colonies, dont les gouvernements étaient
constitués sur les principes de la pure démocratie et I. 9
des libertés de cooscience et d'opinion, trouvaient eo elles-mêmes et dans leur organisation tous les moyeng non-seulement de maintenir Tordre intérieur dans leurs limites, mais encore de projeter la conquête d'une cdonie étrangère et sans Taide de l'Angleterre I
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