‹ De la puissance américaineChapitre 90 sur 135 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

DE LA DÉFENSE NATIONALE

MÂBINB MIUTAIBS DE L'cNION ÀMÊRICÂINB.

Son organisation successlTe, son importance actuelle; matériel; personnel. — Chantiers de construction, de réparation. — Ports de refuge. — Rades de rendez-TOus.

Avant la guerre de la révolution, les colonies angloaméricaines n'avaient point de marine; leur commerce se trouvait alors naturellement sous la protection de la marine anglaise. Cependant, comme à cette époque les côtes de la Nouvelle-Angleterre et de TAmérique en général étaient fréquemment visitées par des pirates, et qu'en outre quelques-unes des colonies étaient en hostilité ouverte avec les Français en possession du Canada et de l'Acadie, elles avaient à leur service quelques bâtiments armés dans le double but de protéger leurs côtes et d'inquiéter leurs voisins.

Ainsi, en 1745, lors de l'attaque de Louisbourg par la colonie de Massachusetts, secondée par le concours des colonies de Connecticut et de Rhode-Island, le Massachusetts avait 15 navires de guerre à son service.

En 1758, le commerce de New-York entretenait

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48 corsaires portant ensemble 695 canons^ et montés par 5^560 hommes.

En 1776, cette même colonie arma en guerre plusieurs bâtiments contre le commerce de la mère patrie ; un de ces bâtiments, portant le nom de la Liberté, et qui était commandé par un nommé Joseph Wheaton, se rendit célèbre par les prises nombreuses qu'il fit sur les Anglais.

A cette même époque, des pétitions furent adressées au congrès national pour demander l'organisation d'une marine militaire ; un armement de 10 navires de guerre fut décrété, mais 5 seulement furent construits. Le congrès émit des lettres de marque; un certain nombre de corsaires sortit des ports du Massachusetts, de New- York et du Maryland, et accrut ainsi les forces navales des Américains.

Le plus fort bâtiment de la marine militaire américaine ne portait que 30 canons.

Cependant le congrès décréta de nouveau la construction de 3 vaisseaux de 74 canons, dont un seul fut construit, et offert au roi de France comme indemnité d'un vaisseau de guerre perdu par la France au service des États-Unis.

Dans la troisième année de la guerre de la révolution, lorsque la force maritime était à son plus grand complet, on ne comptait pas plus de 15 navires de guerre ou corsaires.

Malgré cette disproportion de forces dans la marine militaire, les bâtiments américains ne cessaient de croiser dans toutes les mers parcourues par le com-

moree anglais at même mf les côtes d'Afrique ; et ik réussissaient à faire un bien plus gvwd i^QloIrs fie priiî^s anglgi^es que les Ajiglais n'en pouy^ienl £ûre sur eux,

Parmi la liste des braves qui se digtiEtguèyent 4^B8 qette longue lutte sur mer^ et qui ûomptûent les ]^icbolsoQ, les Qarney, TueHer, Thompson^ Wbipple, Rathbone, Maters, Williams, Manley, Cuiûaghani et autres, Paul Jones, le célèbre commaudaut du cors^re l'Alfred, fut le plus justement distingué* Après sept mois de croisière dans les mers d'Europe, il rentra dans les eaux de RbodoTlsland avec $eûie prises 1 D-après les annales de cette époque, il paraîtrait que ce fut seulement le 14 juillet 1777 que le eengrès adopta des couleurs nationales, et décréta qu'elles seraient composées de treise bandes rouges et blanches alternatives, en allusion aux treize colonies cenfédérées, et treize étoiles blancbes sur un f<md o^ cbamp bleu, comme image de la nouvelle cenitdla— tien qui devait s'élever bientôt au milieu des oationi^

Dans le cours de cette année, Paul Jones mit à voile de Plyipouth, sur le Ranger, chargé d'une mission pour la France ; c'était le premier bâtiment ai guerre décoré du nouveau drapeau national qui entrât dans un port étranger. Aussi, à son arrivée à Bre8t=^ f futril salué par les batteries du port comme le pavillifft^ d'une nation libre et alliée. Paul Jones, ayant reml^ ses dépêches, reprit aussitôt la mer, et fit une descant^ sur les côtes de l'Angleterre; il ancra dans Whita^- Haven^ all^ luÎTméme à terre, encloua les canons du

farU et il aurait infailliblement réussi k incendier les bâtiments dans le pprt, si ses ordres eussent ét^ suivis eiiftcteffippt. En sortant; il c{!ipti]|ra un l^i^^iifiept de g9firre anglais plus fort que le sien, et rentra avec pa prise ^ Brest.

\Gf9 cette même époque, la France conçut Tidée d'KTie descente sur les côtes de l'Angleterre : Pai|) JoA^s devait avoir le çommandeipeiit 4§s fopcQ^ navales ; celles de terr§ devaient étr^ sous celui 4^ gé^ néral Lafayette : mais des circonstances imprévues empochèrent cette expédition d'avoir lieu, C'est alors qu'il prit le commandement du fameui( BQuhQmme Richard, navire de 40 canons, ainsi nommé après décrit célè]^?e de Franklin.

Avec ce navire, il prit ^ui^ Anglais (a Pallas et h Duchesse de Scarborough; mais son bâtiment souffrit tant d'avaries dans le rude combat qvi'il eut à Uyrer à la Pallas, qu'il sombra quelques instants après que Tintrépide Paul Jones en avait quitté le bord. A son retour aux États-Unis» le congrès lui donna le commandement du vaisseau de 74 présenté au roi de Frapce.

L'administration de la marine américaine était alors confiée à des comités du congrès ; ce système trouvé vicieux, on en nomma un seul sous le nom de l'amirauté, qui fut composé de cinq membres, dont trois étaient pris en dehors de la chambrp. En 1781, ce mode d'administration fut de nouveau modifié; on créa alors un département des affaires étrangères, sous la direction duquel fut rangée la marine.

Après la révolution, les marins furent congédiés^ et rUnion se trouva sans marine militaire.

Cependant, peu de temps après, le commerce des Américains étant de nouveau exposé aux déprédations des corsaires, le gouvernement central se vit forcé d'engager à son service un certain nombre de bâtiments armés, qui furent répartis sur les côtes du New-Hampshire, Massachusetts, Rhode-Island, Connecticut , Pensylvanie , Delaware , Virginie , Caroline du Nord, Caroline du Sud, et de la Géorgie. Cette force se composait de 365 navires, jaugeant ensemble 66,691 tonneaux, armés de 2,723 canons, et montés par 6,847 marins.

En 1800, l'administration de la marine fut séparée de celle des affaires étrangères, et confiée au ministre des finances.

En 1801, le congrès organisa enfin un départements séparé pour Tadministration de la marine nationale ; ^ Benjamin Stoddard en eut la première direction. Surra sa recommandation, toute la partie technique du ser — vice fut confiée à un comité d'ofûciers de la marines [Board ofNavy commissioners)^ dont le plus ancien pre — « nait la présidence. Ce comité, tout-puissant par l nature même de ses attributions, se montra soùven en opposition avec le ministre secrétaire d'État charg de ce département. Il était difficile qu'il en fût autre — ment dans un pays où, par l'esprit même des institu — tiens, chaque officier public est porté à se prévaloir* des droits que lui donne la loi en vertu de laquelle ïT^ remplit ses fonctions. Le sentiment de soumissio:

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passive ou hiérarchique entre les individus est inconnu dans la société américaine. Il faut que ce soit la loi C[ai définisse clairement la position relative de chaoun ; sans cela, chaque fonctionnaire agit d'après Fin- -fterprétation qu'il donne à la loi qui le constitue, et cherche par conséquent à se rendre indépendant de son chef.

Cependant les forces navales des États-Unis ne se

oomposaient encore^ en 1809, que de 7 frégates de

44 canons, 2 frégates de 32, 2 corvettes de 20, 5 bricks

<ie 16, 3 goélettes de 10 et 12 canons, et de 170 ^fi*

SoaiSy espèces de chaloupes canonnières portant un ca-

:aion sur pivot, d*un faible tirant d'eau, et susceptibles

d'être manœuvrées à la rame, et recommandéeiï en

1807, par le président Jefferson, pour la défense des

côtes et de l'embouchure des fleuves.

La marine des États-Unis était encore sur ce pied lorsque la guerre de 1812 fut déclarée par la répul>lique à TÂngleterre.

Malgré sa faiblesse apparente, puisque le plus gros l)âtiment de guerre était une frégate de 44 canons, les bâtiments américains naviguaient sur les mers du Nord, traversaient l'Océan et fréquentaient les parages de l'océan Pacifique, défiant les nombreux vaisseaux anglais qui couvraient toutes les mers.

Immédiatement après la déclaration de la guerre, le 19 juin 1812, quarante-trois corsaires armés sortaient des ports de New-York et de Baltimore, portant ensemble 194 canons et montés par 2,230 hommes d'équipage.

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Pendant la durée de la guerre, le nombre des bâ^ timents de la marine militaire fut porté à 58, non compris l#s chaloupes canonnières : le plus gros vais* seau était alors une frégate de 58 canons. Mais le congrès ordonna la construction de 3 vaisseaux de ligne de premier rang, de 74 canons; 4 frégates de première classe, et 5 de seconde classe.

Dans cette grande lutte engagée par les Américains avec leurs puissants ennemis pour soutenir le principe que le pavillon couvre la marchandm^ la marine américaine fit des prodiges*

Le brave capitaine HuU commença cette série de victoires navales continuée si glorieusement par les Lawrence, Perry, Decatur, Porter, Morris, Warrington, etc.

Cette seconde guerre consolida l'établissement de

la marine américaine, devenue à juste titre Tobjet des

soins de la nation. Le congrès fut forcé de s'occuper

de son organisation permanente, et de lui assurer des

' moyens de suivre ses hautes destinées .

Une loi passée en 1816 a pourvu à l'accroissemeat graduel de la marine militaire ; des sommes considérables ont été et continuent à être allouées chaque année pour cet objet. Voici sa situation actuelle.

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