CHAPITRE Vf
DE LA DÉFENSE NATIONALE
AISERAUZ ; — • HANCPACTUIKS D ABMU; — DÉPÔTS ; MAGASINS; — FOHDUIBS.
Dans le vaste plan de défense nationale dont les ingénieurs américains ont eu à s'occuper, remplacement des dépôts, des magasins, des arsenaux a dû particulièrement fixer leur attention : il fallait, en effet, que tout ce qui était à créer, comme partie de ce système, fût établi d'après les règles de la stratégie', pour devenir ainsi, dans les éventualités d'une guerre défensive, des moyens d'obtenir, de s'assurer d'heureux résultats. Il fallait que ces établissements fussent répartis dans l'intérieur du territoire d'une manière à utiliser toutes les facilités naturelles de transport qu'offrait le pays, sur chaque grande division des frontières de mer et de terre, afin de pouvoir approvisionner tous les points de la base d'opération aussi promptement et économiquement que possible.
Toutes ces conditions stratégiques, indispensables à la défense du pays ont été remplies ; elles ont nécessairement été l'œuvre du temps ; mais elles ont, par cela même, retiré d'immenses avantages des décou* vertes nouvelles et de l'admirable application de ïa
vapeur comme puissance motrice, stationnaire et locomotive sur les nouvelles voies rapides ; elles continueront à se développer sous l'influence des nouvelles découvertes que le génie créateur de Fhomme est appelé à introduire dans ce nouvel élément de force.
Les emplacements choisis se trouvent en général dans les parties du pays les plus riches en matériaux de toute sorte où la main-d'œuvre abonde et assure la prompte exécution des travaux et l'organisation des approvisionnements de guerre, au plus bas prix possible.
Ils sont tous à cheval sur les principales voies d'eau navigables, à une distance convenable des frontières qu'ils sont destinés à approvisionner. Les transports peuvent donc toujours y être effectués d'une manière facile, économique et complètement eu dehors des opérations d'un ennemi qui chercherait à les intercepter. Enfin l'extension extraordinaire donnée tout dernièrement aux chemins de fer dans les États-Unis procure au système de ravitaillement de nouvelle» Ê^cilités dont la défense doit profiter au détriment de l'assaillant. Et sur ce point les Américains se tro9V* vent placés, dans une condition extrêmement favorable qui doit leur assurer un ascendant marqué sur les opérations offensives d'un ennemi quelconque.
Les établissements militaires américains sont diirises en trois classes.
Dans ceux de première classe on s'occupe spécialetttent de la fabrication du matériel de guerre ; <m y trouve néanmoins des ateliert de réparation et d'entretien ; des magasina et des dépôts d'armes.
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Demi €d«^ de seconde classe, la réparation et Fentretien du ms^tériel forment au contraire l'objet prin*cipd; des magasins et des dépôts d'armes y sont également réunis.
Ceux de troisième classe sont de simples magasins^ de dépôts d'armes^ de munitions et d'approvisionnemMis de tous genres.
LTJnion américaine possède 31 de ces élablissements^ dont B de première classe^ 10 de seconde et 5 dé troisième. Ils sont répartis par États ainsi qu^l soit :
i dans le Maine ; 1 dans le Massachuselts ; 1 dans le Vérmonl ; 3 dans le New-York ; 2 dans la Pensyl- Vâilie; 1 dans le Maryland; 1 dans le district de Colôilibie, à Washington ; 1 en Virginie ; 1 dans la Cayôline du Nord ; 1 dans la Caroline du Sud ; 2 en Gédfgié; 1 dans l'Alabama; 1 dans la Louisiane; î dans l'Arkansas ; 2 dans le Missouri, et 1 dans le Michigan.
La frontière maritime de l'Atlantique se trouve, |Wir ce moyen, en mesure d'être approvisionnée par iO de ces établissements; celle du golfe du Mexique par 3; la partie septentrionale de la frontière de terre peut être approvisionnée par 6 ; et la partie onentale de la même frontière par 3.
MANUFACTURES d' ARMES.
L'Union nepq/ssède encore que deux manufactures
d'armes nationales : Tune dans Test, sur là rivière de Connecticut, à Springfield, dans le Massachusetts, et l'autre dans la division du milieu, sur le Potomac, à Harpers-Ferry, au confluent de la Shenandoah et du Potomac, en Virginie. Ces deux établissements jouissent d'avantages naturels les mieux appropriés à leur objet. Le dernier surtout se trouve au centre d'approvisionnements des matériaux de toute espèce, bois, fer, houille, et peut mettre à profit une puissance hydraulique incalculable. Enfin cette position, unique peut-être par l'excellence de son site, au milieu des montagnes des AUeghanys, où le mugissant Potomac s'est ouvert un passage pour gagner le grand bassin de l'Atlantique, se trouve aujourd'hui le point où se concentrent des lignes de communication d'eau, de terre et de chemins de fer qui permettent de ravitailler d'armes toute l'étendue du littoral de la frontière du milieu et d'une partie de celles du nord et du midi.
Une troisième manufacture d'armes reste à établir pour l'approvisionnement direct des pays occidentaux, dans la vallée du Mississipi. Le nombre des sites avantageux, où sont réunis en abondance tous les éléments de la fabrication, a seul empêché jusqu'ici de fixer définitivement celui auquel on devait donner la préférence. Cependant il serait très-peu judicieux de retarder plus longtemps la création d'un établissement aussi éminemment nécessaire pour compléter l'organisation du système défensif de l'Union, et les circonstances graves dans lesquelles se trouvent en ce
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moment les États-Unis font une loi à leurs législateurs de s'occuper promptement de la création de cet établissement.
En temps ordinaire^ le gouvernement fabrique 25^000 fusils complets par an; en mettant à contribution l'industrie particulière qui se livre à cette fabrication, il peut aisément tripler ce nombre, et par le commerce il pourra toujours s'en procurer autant qu'il voudra.
Mais une grande nation doit se placer en dehors des éventualités du commerce ou même de l'indiistrie pour s'assurer les moyens de faire respecter son indépendance; et si pour les Américains le jprincipe fondamental de leur loi organique est que tout citoyen est soldat, la conséquence doit être que tout soldat doit être armé !