AU PAT.AIS-ROYAT
J'adresse cet exposé de faits aux hommes consciencieux, à tous ceux qui aiment et cherchent la vérité. J^ose surtout le soumettre aux princes de la terre ; c'est la cause des rois que je défends ; c'est aussi la cause des peuples , car je ne sépare jamais , dans ma pensée , les intérêts des souverains de ceux des nations. C'est pour cela que je suis , que j'ai toujours été royaliste ardent et ami sincère d'une sage liberté.
Des hommes, qui ont la prétention d'être monarchistes par excellence , n'ont pas craint de dire , d'imprimer que l'affaire de Portugal était une affaire de famille * ; d'autres
' Un journal minislériel a été jusqu'à prêter ces ])aroles inconvenantes et îuili-nionarchiques ali prince de Polignac; M. le président du Conseil Ji'a
ont mis en avant cet argument peu réfléchi : Mais si dom Pedro reconnaît son frère?,..
Je réponds aux premiers que la question de légitimité est une question de principe , une affaire de conscience , et nullement une affaire de famille ; c'est là du moins l'opinion ou l'erreur d'un royaliste, ou , si on veut, d'un libéral tel que moi.
Je réponds aux autres que dom Pedro nV certainement pas l'intention de deshériter ses enfans , mais que , dans tous les cas , ni l'empereur du Brésil, ni totis les souverains réunis, n'ont reçu du ciel le pouvoir de faire un roi légitime ; la légitimité est l'œuvre de Dieu et du temps.
Allons au fait, ou dom Miguel est roi légitime de Portugal , ou il ne l'est pas.
S'il est roi légitime , il faut , sans examiner sa conduite , sans discuter ses actes, le reconnaître, lui envoyer des ambassadeurs ; les mauvais rois passent, les bons principes restent.
rien dit de semblable. ( Voir à la suite de mon Discours sa réponse.) Le même journal, cherchant très-gratuitement à m'insulter, a prétendu que j'avais reVe/e tout ce que ma position d'ambassadeur m'a permis de recueillir; mon caractère me place au-dessus d'une telle invective. Personne d'ailleurs n'ignore qu'à la mort de Jean VI je n'étais plus, et depuis long-temps, ambassadeur à Lisbonne : puis je n'ai pailé que de documens imprimés. On trouvera toutes mes révélations dans X Exposé des Droits de Sa Majesté Très- Fidèle dona Maria II, publié et distribué à Londres et à Paris ; on peut les trouver aussi dans les Discours des ministres de S. M. Britannique.
IHP S'il est usurpateur , et je ne crains pas d'avancer qu'aucun gouvernement n osera déclarer y du moins hautement, le contraire , il faut flétrir de plus en plus son usurpation.
Ah i comment résiste-t-on à l'évidence I Je parle ici aux hommes de probité , et ne pense nullement à convaincre la mauvaise foi. Certes l'Angleterre, qui paraît tendre à se rapprocher du gouvernement de Lisbonne , aurait intérêt à adopter les idées folles et coupables que certain parti cherche à propager en Europe; cependant qu'on lise les discours des ministres de S. M. Britannique, on verra ce que pensent le duc de Wellington, M. Peel, lord Aberdeen , non-seulement du caractère de l'infant dom Miguel , mais de sa légitimité.
M. Peel reconnaît (séance du 10 mars) « que dom » Miguel a manqué de la manière la plus odieuse à ses » sermens. » A Dieu ne plaise qu'il profère un seul mot pour défendre cet usurpateur ; il partage également l'intérêt que son noble ami a témoigné sur le sort de la jeune et légitime reine de Portugal; « mais le devoir d'un » ministre, ajoute-t-il, n'est pas de traiter les affaires par » le sentiment , il doit avant tout consulter la raison et » la convenance de son pays. »
Ne contestons pas la doctrine de M. Peel, mais disons que c'est consulter en France la morale, la raison, la convenance du pays , que de faire des vœux pour la
jeune et légitime reine de Portugal. Je désire donc, et bien ardemment, pour les Portugais ce que j'ai désiré constamment pour ma patrie , le triomphe du droit sur le
fait Espérons il ne faut que du temps Dieu a
sauvé la France ; il sauvera le Portugal