‹ De la question portugaiseChapitre 2 sur 7 · M. HYDE DE NEUVILLE · texte numérisé non relu

M. HYDE DE NEUVILLE

Prononcé a l'occasion du quatrième paragraphe du Projet d'adresse de la Chambre des Députés des départemens.

Comité secret du lundi i5 mars i83o.

Messieurs ,

Je ne viens point à cette tribune avec le désir d^embarrasser MM. les ministres , je viens au contraire leur offrir une heureuse occasion de rendre hommage à un grand principe , et de venger la morale outragée des nations.

Je viens , fidèle à des doctrines qui furent et seront toujours ma foi politique , doctrines pour

' Avec Notes explicatives et Documens à la suite du discours-

lesquelles je souffrirais encore tout ce que j'ai souffert, provoquer, de la part des conseillers de la Couronne , une explication nette , franche, sur une question qui intéresse essentiellement les Rois , les peuples, et qui est vitale pour la France.

Messieurs , c'est à la légitimité que nous devons le retour des Bourbons ; c'est aux Bourbons que nous devons nos libertés. En faut-il plus pour qu'aujourd'hui la légitimité soit chère à tous les cœurs français , à tous les vrais amis de l'ordre et du repos ?

Ce principe, base première de l'édifice social dans l'Etat monarchique ; ce principe conserva-^ teur de nos institutions , nous devons désirer qu'il se maintienne, qu'il s'affermisse, non-seulement chez nous, mais chez, tous les peuples que protège le sceptre d'un Roi.... Oui , nous devons désirer que les autres nations soient , ainsi que la France , heureuses et libres.... Or , il est une vérité que les fous , les factieux , les visionnaires seuls pourraient aujourd'hui contester , c'est que si la légitimité ne marche pas toujours avec la liberté , elle tend , par la force et la nature des choses , à se rapprocher d'elle , et devient , tôt ou tard , son plus sûr , son plus

ferme appui , tandis que l'usurpation , alors

même qu'elle s'unit à la gloire , ne marche , ne peut marcher qu'avec le despotisme et l'arbitraire. Partant de là , j'aborderai , Messieurs , avec confiance , devant vous , la question relative au Por-

tugal. Et moi aussi, je crois qu'il est important, qu'il est urgent qu'une aussi haute question ne demeure pas plus long-temps indécise : l'honneur et la sûreté des couronnes appellent sa prompte solution.

Le cabinet de Londres paraît tendre à se rapprocher du gouvernement de Lisbonne : tout semble le prouver; cependant je me refuse encore à le croire. Vous avez lu. Messieurs, les discours des ministres de S. M. Britannique; vous savez quels sanglans, quels accablans reproches ^ ils ont cru devoir adresser, en plein Parlement, à l'infant dom Miguel. D'ordinaire , il en faut convenir, ce ne sont pas là les préliminaires d'un traité.

Obligé de parler à mon tour du prince qui règne par la force aux rives du Tage , je chercherai à ne point oublier qu'il est fîls de Jean VI, et que le

' V oir les séaaces du Parlement des 1 8 février et i o mars à la suite des documens. Je ne crois pas qu'il soit possible d'aller plus loin en fait de reproches ; je dirai plus , je ne sais pas comment on peut penser à se rapprocher d'un usurpateur que l'on juge et que l'on traile aussi sévèrement. J'avoue que je sais encore moins comment cet usurpateur peut désirer l'alliance de ceux qui ne laissent rien à dire à ses plus grands ennemis. Que le cabinet de Londres y réfléchisse. Le commerce est beaucoup sans doute ; mais la probité des nations est pour elles une source plus sûre , plus précieuse de richesse. J'oserai dire à tous les gouvernemens : Si vous voulez que les peuples respectent la religion , l'honneur , la foi du serment , respectez , faites respecter la religion, l'honneur, la foi du serment. Si vous voulez que la corruption gagne promptement les masses, mettez les intérêts matériels au-dessus des principes , affranchissez- vous des lois de la morale ; vous finirez par avoir de nombreux imitateurs^ et tôt ou tard vos exemples tourneront contre vous.

sang de deux augustes races coule dans ses veines f je me bornerai donc à rappeler les faits qui se lient essentiellement à la cause sacrée que je défends. Ces faits, d''ailleurs, parlent assez haut.

Ainsi , Messieurs , mes paroles seront moins sévères que celles de nos voisins ; mais s^il j a différence dans les expressions , il y aura aussi différance dans la manière d'envisager Tensemble de la question.

L'Angleterre met en première ligne Fintérêt de son commerce.

Je crois que , sous le rapport commercial comme sous celui d'une saine politique, la France doit voir avant tout l'intérêt de la morale.

L'Angleterre avoue hautement que dom Miguel est usurpateur , et cependant elle paraît disposée à le reconnaître. Et moi , je désire que la France reconnaisse hautement dona Maria II, reine légitime de Portugal et des Algarves.

Toutefois , ne blâmons point la politique du cabinet de Londres : chaque pays a ses mœurs , ses habitudes , ses souvenirs. L'ordre de choses qui régit l'Angleterre date d'une révolution , le nôtre d'une restauration. Je livre, sans commentaire, cette observation à tous ceux qui veulent conserver ce que nous avons, qui ne veulent ni plus ni moins, mais qui ont assez de sagesse et de prévoyance pour sentir que nous ne pouvons pas , comme nos voisins, traiter légèrement un principe qui, pour la France, je le répète, est un principe de vie.

J'arrive à des faits, à des actes tjui ne sauraient être contestés.

Le 1 0 mars 1 826 , Jean VI , le meilleur et le plus malheureux des hommes, descend dans la tombe.

Son fils, dom Pedro de Alcantara, empereur du Brésil et prince royal de Portugal et des Algarves, lui succède. L''héritier légitime des droits de Jean VI , quoiqu' absent du royaume , est reconnu sans contestation. Il est salué roi de Portugal par sa mère, par son frère, par toute sa famille , par le clergé , la noblesse , le peuple , les tribunaux , l'armée de terre et de mer, tous les ordres , toutes les corporations de TÉtat. Une députation présidée par le duc de Lafoes, frère du duc de Cadaval, premier pair du royaume et proche parent du Roi , traverse les mers , et vient mettre aux pieds du souverain Phommage du peuple portugais.

<i Nous venons. Sire (dit le duc de Lafoës), pré- » senter à Votre Majesté Phommage qui lui est dû » comme notre roi naturel et souveraifi légitime. )> L'entendez-vous , Messieurs ? c'est le duc de Lafoës, issu par sa mère du noble sang de Montmorency; c'est l'archevêque de Lacédémone ' qui doit connaître ces paroles de l'Écriture : Les le<^res menteuses sont en abomination au Seigneur; ce sont des Portugais de la situation la plus élevée dans

' La députation était composée du duc de Lafoes , de l'archevêque de Lacédémone et du bachelier de Faria e Mello. ( T'o'ir le Discours-du duc de Lafoës, document n. i.)

Tordre social qui déclarent au inonde entier que dom Pedro est le roi naturel et le souverain légi-^ time du Portugal et des Algarves.

Mais le 2 mai , dom Pedro avait abdiqué la couronne de Portugal en faveur de la princesse sa fille, dona Maria da Gloria. Les députés de Lisbonne rapprennent à leur arrivée , et ils remercient Tempereur en ces termes :

« Si la nation portugaise n^a pas obtenu, comme » elle le désirait ardemment, que V. M. vînt la » gouverner en personne, vous lui avez du moins » accordé un grand bienfait en lui envoyant pour » reine Taînée de vos filles , dona Maria II , dans la » personne de laquelle va se perpétuer Tillustre M dynastie de la sérénissime maison de Bragance. »

Je viens. Messieurs, de vous faire connaître ce qui se passait au Brésil, au mois de mai 1826. Dans le même mois, à dix jours de distance seulement, Finfant dom Miguel écrivait de Vienne à son auguste frère le seigneur dom Pedro :

« Sire , le voyage que le ministre de V. M. I. » et R. près cette cour se dispose à faire à Londres, )) m^offre l'occasion que je saisis avec plaisir de té- )> moigner de nouveau à V. M. l'assurance des pro- » testations inviolables et sincères d'obéissance, de » respect et d'attachement, exprimées dans la lettre )) que j'ai eu l'honneur de vous adresser le 6 du )) mois dernier, à laquelle je me reporte, en re- )) nouvelant maintenant l'expression des sentimens w purs de loyauté que j'éprouve envers l'auguste

)) personne de V. M. que je regarde comme mon » seul souverain légitime »

A la même époque, Tinfant écrivait à sa sœur, la princesse Isabelle Marie :

« Que loin dVutoriser directement ou indirecte- )) ment les personnes mal intentionnées qui tente- )) raient de troubler la tranquillité publique et ose- » raient se servir de son nom pour déguiser leurs )» pernicieux desseins , il ne cesserait de regarder )) avec désapprobation et déplaisir tout ce qui ne )> serait point fait conformément aux dispositions )) du Roi son père, jusqu'à ce que ( ajoute Tinfant » dom Miguel ) C héritier et successeur légitime y » notre très-cher frère et seigneur V empereur du » Brésil, oit p^i^ l^^ mesures que sa haute sagesse <f lui aura dictées^. »

Le 2 mai Tempereur dom Pedro abdique en faveur de sa fille.

Le 29 octobre suivant le contrat de fiançailles * entre la jeune reine Marie et son oncle Tinfant dom Miguel est signé à Vienne ; cet acte solennel a pour témoins les deux fils de l'empereur d'Autriche , Charles et Joseph palatins de Hongrie, le prince

' Voir la lettre de l'infant à sa sœur , du 6 avril 1 826 , document n. 2. ^ FbiV la lettre du même à l'empereur du Brésil, du 12 mai, document n. 3.

5 Fbir l'extrait de la lettre de l'infant à S. A. R, l'infante régente, document n. 4.

* Fb/r document n. 5.

de Metternich et Jes ambassadeurs du Brésil et du Portugal.

Le 2g novembre, la Chambre des Pairs présidée par le duc de Cadaval félicite Tlnfant à Toccasion de ses fiançailles les grands du royaume déclarent que le mariage de leur Reine avec son oncle assure la succession du trône, ainsi que la paix et la prospérité du royaume * .

Le 25 février 1827, Tlnfant remercie la Chambre des Pairs, il parle de ses fiançailles avec la reine de Portugal , « comme d'un lien fortuné )) dans lequel ont été observées les lois respec- )) tables de la monarchie , lien , dit-il , qui en )) perpétuant l'autorité royale dans Tauguste fa- )) mille de Bragance, remplit les vues paternelles » de m on auguste frère et souverain^ ainsi que mes » propres vœux »

Cependant dom Pedro venait de nommer son frère son lieutenant dans le royaume de Portugal ^

« Mon cher frère ( écrit Sa Majesté Impériale à rinfant) , j'ai la satisfaction de vous annoncer > que, prenant en considération votre conduite M régulière et votre loyauté reconnue , je viens de ' vous nommer mon lieutenant dans le royaume )> de Portugal. ))

T'oir document n. 6, - /^'o/r dociinienl 11. 7 = ^ Voir document n. 8,

Le 19 octobre, dom Miguel remercie son frère de Favoir nommé son lieutenant et régent des royaumes de Portugal , des Algarves et de leurs dépendances. Il prend rengagement de se con~ former en tout aux déterminations souveraines de dom Pedro

Le même jour il informe Sa Majesté Britannique de la faveur que son frère et roi vient de' lui accorder, et il promet de maintenir invariablement le bon ordre en Portugal au moyen des institutions octroyées par TEmpereur , son frère et roi, institutions , dit-il, que je suis fermement résolu de faire respecter \

Le même jour , mêmes protestations adressées à la princesse régente, sa sœur^.

Le 21 du même mois, Tlnfant écrit à sa Majesté Catholique * <( pour se plaindre des réfugiés ï> portugais dont le but serait de troubler Tordre )) public en Portugal. )>

« Je désire , dit-il , qu'on leur fasse connai- )> tre ma plus entière désapprobation de sembla- » bles tentatives, lesquelles je suis bien résolu à )) réprimer. )>

Il est à remarquer que ces mêmes réfugiés portugais furent les premiers factieux qui eurent la coupable pensée de proclamer dom Miguel.

'■ Voir document n. g.

^ Voir document n. lo.

^ Voir document n. 1 1 .

* ^oir document n. 12.

Leurs proclamations se terminaient par le cri de Vive dom Miguel I^"^ s^ils^en montre digne ^ \

Et voilà comment des hommes qui se disent royalistes font les rois!... Les révolutionnaires, les factieux de tous les pays procèdent-ils autrement !... Cest toujours le plus digne qu'ils ont la prétention d** élever au pouvoir \ Dieu sait où mènent les choix d\me multitude égarée, et surtout ceux d\me soldatesque qui s'insurge.

Enfin Tinfant dom Miguel prête le serment suivant :

Je jure fidélité a Leurs Majestés dom Pedro et dona Maria II , rois légitimes de Portugal^ et m'engagea remettre le gomernement du royaume à la reine dona Maria 11^ aussitôt qu'elle sera pari>enue à l'âge de majorité.

Je passe , Messieurs , les divers protocoles ^ signés à Vienne et à Londres , d'autres lettres de dom Miguel, d'autres documens officiels qui tous redisent les mêmes sermens , les mêmes protestations, et j'arrive à demander aux partisans de l'usurpation comment ils peuvent expliquer, justifier de tels actes ?

Diront-ils , oseront-ils répéter que l'Infant n'était pas libre à Vienne ? — ^ Je réponds à cette injure grossière faite à S. M. l'empereur d'Au-

' Foi/' document n. 1 3.

* Voir ces pièces officielles dans l'Exposé des droits de Sa Majesté Très- Fidèle dona Maria II.

triche par des hoinmes qui ne respectent rien , je réponds qu^il suffit de lire la dépêche du prince de Metternich au prince Esterhazy, dépêche datée du 18 octobre 1827 pour se convaincre de la fausseté, de Tabsurdité de l'accusation.

On voit non-seulement que Tlnfant était parfaitement libre à Vienne, mais aussi que le cabinet autrichien avait peu d'ascendant sur son esprit et qu'en tout il était difficile de lui faire adopter un parti contraire à ce qu'il avait résolu.....

Mais l'empereur d'Autriche est grand-père de la jeune princesse Marie; or admettons un instant que dom Miguel pouvait avoir une sorte d'intérêt à dissimuler sa pensée, à Vienne.

Cet intérêt existait-il à Paris , existait-il à Londres ? Et cependant à Paris, à Londres, les mêmes protestations ont eu lieu % ce prince s'est présenté devant les rois de France et d'Angleterre comme régent de Portugal, il n'a parlé que de son respect profond pour les ordres de son frère et légitime souverain , l'empereur du Brésil. Le roi de France , le roi d'Angleterre, l'un et l'autre pleins de loyauté, n'ont pas mis en doute la bonne foi de l'Infant. Quelle raison, d'ailleurs, pouvait-il avoir de les tromper ?

'- Voir cette dépêche dans l'Exposé des droits de la reine dona Maria II.

^ Quant à la conduite de dom Miguel , en ce qui regarde la violation de tous les engagemens pris par lui à Vienne d'abord et ensuite en Angleterre elle est sans contredit inexcusable ; oui , il a honteusement violé ses engagemens, etc. {Paroles de lord Aherdeen , séance du Parlement du i8 février.)-

Ah ! n'insistons pas sur de tels souvenirs, ceia fait mal, Messieurs.... Non ! le plus beau trône de la terre ne vaut pas qu'ion Tobtienne à ce prix.

Mais ne tenons aucun compte de sermens aussi solennels, et voyons ce que les partisans de dom Miguel peuvent dire pour donner une apparence de vérité à ce qu''ils nomment ses titres à la couronne de Portugal.

Invoqueront-ils, comme autrefois la Ligue, alors que profanant ce qu'ail j a de plus sacré , elle conspirait à détrôner le chef de Tauguste famille des Bourbons , notre immortel Henri IV ; invoquerontils dans leur coupable délire, et le funeste principe de la souveraineté des Papes sur le temporel des Rois, et le principe plus dangereux encore de la souveraineté du peuple ?

Mais le chef de TEglise n'a pas balancé à reconnaître dom Pedro et son auguste fille ; et nonseulement il n'a pas reconnu dom Miguel, mais il a refusé formellement de le reconnaître.

Mais le peuple qu'ils veulent faire intervenir devient aussi leur accusateur.

Toute la nation portugaise a proclamé dom Pedro, absent du royaume. ... et ce n'est qu'après y être rentré par la ruse que dom Miguel, armé de la terreur , a pu se faire saluer roi par une faction.

Qu'ils nous disent donc ces distributeurs de couronnes quelle voix osa s'élever à la mort de Jean VI en faveur de l'Infant, et cependant depuis

son usurpation que de cœurs battent en Portugal, au Brésil, a Terceire (où s''est réfugié Thonneur portugais), enfin dans les deux mondes, pour cette jeune princesse, destinée, je Tespère, par la Providence à consoler un jour le Portugal et Fhumanité !

Si donc ils persistent à invoquer la souveraineté du peuple.... qui doit régner , je le demande , ou du prince pour lequel des cœurs libres furent unanimes, ou de celui qu'une minorité aveugle, effrayée, entraînée parle fanatisme, appela frauduleusement au trône ?

Les Miguélistes nous opposeront-ils le jugement , l'opinion des rois ?.... Mais tous les rois de la chrétienté se sont empressés de flétrir Tusurpation en rappelant leurs ambassadeurs !

Chercheront-ils à s'appuyer de la décision de ces prétendus États ou Cortès assemblés en 1828 à Lisbonne ? Mais ces États ont été réunis d'une manière illégale, contrairement aux formes établies parles anciennes lois du royaume !..,. Mais en admettant (ce qui n'est pas) que l'Infant eût le pouvoir de les convoquer, ces états avaient-ils le droit de violer , de dénaturer la loi fondamentale du royaume et de changer l'ordre de succession à la couronne de Portugal ?

Et nous aussi nous eûmes en France des Etats, des parlemens , des factions , qui portèrent la criminelle audace jusqu'à oser proscrire nos roi$ légitimes

Charles VII fut repoussé du trône par une mère dénaturée et par un parlement lâche et factieux ! L'arrêt sacrilège de ce parlement prévalut-il contre la loi fondamentale de lamonarchie ?.... Et malgré la Ligue et ses fureurs , malgré le fanatisme déliant dans Paris les Français du serment de fidélité , le Béarnais en fut-il moins reconnu par toute la France comme héritier légitime de la couronne de saint Louis?

Après tout que produisit la Ligne en France ?... Un faux Charles X ! . .. Qu''a pu produire la Ligue en Portugal? Egalement un usurpateur; car il n** appartient pas plus aux Cortès de Portugal et d'Espagne, qu'il n'appartenait aux Parlemens, aux Etats-Généraux du royaume de France , qu'il n'appartiendrait aujourd'hui aux deux Chambres de faire un roi.... La légitimité a des lois fixes , invariables.... et si la loi salique n'a pas besoin, dit Bignon , d'être gravée sur le marbre ou l'airain , puisqu'elle est gravée dans le cœur de tous les Français, la loi de Lamego, moins ancienne, mais toute aussi sacrée que la nôtre, est également gravée d ans le cœur de tout bon Portugais. . . A quoi j'ajouterai , Messieurs , que cette loi est écrite , et qu'ainsi il n'est pas possible de se tromper sur ses dispositions; elles sont formelles, et, pour quiconque a de la bonne foi, il suffit de lire pour être éclairé. Et cependant c'est cette loi même des Cortès de Lamego qu'on n'a pas craint de citer en la dénaturant , en la falsifiant pour créer un titre chime-

rique à celui ( allons au fait ) qui n'est devenu le roi légitime d^un parti que du jour où il a osé fouler aux pieds les lois de son pays et se déclarer ouvertement Tennemi des libertés des peuples.... Que dom Miguel suive demain des voies différentes, qu'il se décide a régner par les lois , qu'il paraisse incliner à donner des institutions saoes à la nation portugaise 5 et ses partisans découvriront bientôt que la loi de Lamego a été mal interprétée! Quel sera alors leur prince légitime ? Je Tignore , il n'est pas plus facile de calculer jusqu'où la passion et l'aveuglement peuvent conduire les hommes qui sç font à volonté des rois , que ceux qui se font à volonté des dieux... Voilà pourquoi, Messieurs, il faut n'aimer, ne servir, ne connaître qu'un Dieu , qu'un Roi : autrement on tombe dans l'idolâtrie; on devient infidèle et parjure!...

Voyons ce que dit cette loi de Lamego :

« Que le seigneur roi dom Alphonse vive et qu'il règne sur nous 5 s'il a des enfans mâles, qu'ils vivent et qu'ils soient nos rois , sans qu'il y ait besoin de les faire rois de nouveau. Voici quel doit être l'ordre de la succession ; le fils succédera à son père , puis le petit-fils et ensuite le fils de l'arrière petit-fils , et ainsi à perpétuité de père en fils. Si le fils ainé du Roi meurt du vivant de son père, le second fils ( après la mort de son père) sera notre roi. Si celui-ci meurt du vivant de son père, le troisième succédera au

» second; le quatrième au troisième, et ainsi des >; autres fils du Roi. »

Telle est , Messieurs , la loi qui règle en Portugal la succession des enfans mâles ; elle n^exige d'autre qualité , d'autre condition pour régner que celle d'être l'héritier par ordre de primogéniture. C'est absolument la loi qui régit en France la succession au trône. Mais en France les filles ne régnent pas, et elles peuvent régner en Portugal; seulement elles n'j régnent point comme les enfans mâles , par le seul droit de naissance.... La loi leur impose une autre condition.

Or voici , quant aux filles du Souverain , les dispositions de cette loi :

« Si le roi de Portugal n'a point d'enfant mâle » et qu'il ait une fille, elle sera reine après la )) mort du Roi, pourvu qu'elle se marie avec )) un seigneur portugais ; mais il ne portera le )> nom de roi , que quand il aura un enfant mâle » de la Reine qui l'aura épousé. Quand il pa- )) raîtra en public en compagnie de la Reine , » il se tiendra toujours à sa gauche , et ne met- » tra point la couronne royale sur sa tête. » <( Que cette loi soit toujours observée, et que la n fille aînée du Roi n'ait point d'autre mari qu'un » seigneur portugais , afin qu'un étranger ne de- )) vienne pas le maître du royaume. — Si la fille )) aînée du Roi épousait un prince étranger , elle » ne sera pas reconnue pour Reine, parce que nous j> ne voulonr. point qu^e nos peuples soient obligés

» d^obéir à un roi qui ne serait pas né Portugais. )> Et c'est de cette disposition qui ne concerne que les filles , qu'on a osé , le croirait-on ! s'armer pour écarter le fils aîné , l'héritier légitime du souverain! La loi de Lamego ne veut pas que la princesse épouse un étranger donc un prince

étranger ne doit pas régner sur le Portugal Il

était assez difficile de faire passer pour étranger dom Pedro, né Portugais ; n'importe, s'il n'est point étranger , il a accepté une couronne étrangère , et c'en est assez pour qu'il soit traité , considéré comme prince étranger A quel degré

d^absurdité peut arriver l'esprit de parti ! et qu'il est pénible d'avoir à réfuter d'aussi misérables sophismes !

Vous avez vu , Messieurs , que la loi de Lamego n'impose aucune condition aux enfans mâles , et qu''il suffit d'être le fils aîné du Roi pour lui succéder. Nous n^aurions rien de plus à dire si nous n'avions qu'à éclairer une bonne foi froide et calme ; mais la passion du moment a été si aveugle , si délirante , tant d'honnêtes gens se sont monté la tête , tant de royalistes se sont trompés ou ont été trompés, que nous ne laisserons sans réponse aucun des argumens de nos adversaires.

Dom Pedro a accepté, dites-vous, une couronne étrangère? Non; car jusqu'à l'abdication volontaire de la couronne de Portugal par ce prince, le Brésil na pas cessé défaire partie des Etats du roi de Portugal. Mais je vous accorde qu'en effet dom

Pedro, prince royal de Portugal et des Algarves, s'est assis, du rivant de son père, sur un trône étranger, qu'ail est devenu, par héritage, roi d'Espagne, ou de Naples, ou, si vous le voulez, roi élu de Grèce ou de Pologne ; où est la loi qui, à la mort de Jean VI, le privait de ses droits à la succession paternelle?... Depuis rétablissement de laloifondamentale des Cortès de Lamego , n'a-t-on pas vu arriver au trône de Portugal un prince qui déjà possédait une souveraineté étrangère, dom Alphonse comte de Boulogne.

N'a-t-on pas vu les Cortès de i499 prêter serment de fidélité à l'héritier de la couronne de Portugal, dom Miguel de la Paix, quoique ce prince eût déjà reçu le serment d'allégeance comme héritier des trônes de Castille, de Léon, d'Aragon et de Grenade?...

Citons d'autres exemples qui peut-être parmi nous. Messieurs , auront encore plus de crédit sur les cœurs franchement royalistes.

Le fils de Philippe-Auguste , le père de saint Louis, depuis Louis VIII, accepta (et il eut tort) la couronne d'Angleterre; le duc d'Anjou, depuis Henri III, monta au trône de Pologne : ces deux princes en furent-ils moins reconnus par la suite rois de France , selon leurs droits ?

Vieux amis des Bourbons , écoutez ce que je vais rappeler et frémissez de la doctrine impie de ceux qui veulent repousser dom Pedro parce qu'il a occupé le trône du Brésil avant d'arriver au trône

I de Portugal Il fut un roi qui, avant de monter

j j au trône de saint Louis, était aussi souverain d^un pays que le royaume de France avait possède.... Ce monarque portait donc , et depuis long-temps , une couronne étrangère... Messieurs , quel était ce prince?... le fils, le noble fils de Jeanne d^Albret.

Partisans de dom Miguel , le repousseriez-vous j ce Henri IV, ce modèle des bons rois ? le repousseriez-vous du trône de France , s'il en était aujourd'*hui riiéritier! ^

Il faut Tavouer, la Ligue de Paris avait moins I d'audace que celle de Lisbonne, elle proscrivait Henri comme indigne du trône, celle de Lisbonne y appelle dom Miguel s^il s'en montre digne; c'est bien le même esprit révolutionnaire, mais enfin la Ligue n'allait pas jusqu'à dire que le roi qui avait porté la couronne de Navarre avait perdu par là ses droits à celle de France... Les rebelles de i585 mettaient plus de franchise dans l'iniquité!

Combattons une dernière imposture.

Dom Pedro, disent les Miguèlistes, a abdiqué par un article secret, de je ne sais quel traité, la couronne de Portugal, en acceptant celle du Brésil.

D'abord, s'il eût abdiqué, il n'aurait pu le faire que pour lui; car ses enfans , ceux du moins qui alors étaient nés, avaient des droits acquis; or, ces droits acquis sont sacrés. Dom Pedro, Jean VI, tous les souverains de la terre n'auraient pu les méconnaître sans violer la loi de l'éternelle justice ^ loi bien supérieure à la puissance des rois......

Mais pourquoi discuter un aussi grossier mensonge ? Dom Pedro n''a renoncé du vivant de son Père , ni secrètement ^ ni publiquement^ à ses droits légitimes sur le Portugal; et Jean VI , par Tédit du i5 mai 1826, a reconnu son fils aine en la double qualité d' empereur du Brésil^ héritier et de successeur des royaumes de Portugal et des Algajves.

Voilà ce que savent tous les souverains de FEurope ; mais leur témoignage est-il de quelque poids? Ils n''ont plus d^ ambassadeurs à Lisbonne : n'importe, les rois se trompent, et la Ligue a raison.

Je viens. Messieurs , de mettre sous vos yeux la question, toute la question relative au Portugal; elle ne présente, comme vous le voyez, ni complication, ni difficidté.

Dom Pedro, par le droit de sa naissance, est arrivé au trône de Portugal; il a jugé (il le fait connaître par son décret du 2 mai 1826 ) que, dans Tintérêt du Portugal et du Brésil , les deux royaumes devaient être séparés ; cédant à la loi de la nécessité , et sacrifiant volontairement une partie de sa puissance au bonheur, à Tavenir de ses sujets , il a fait ce qu'avant lui avait fait Louis XIV lorsqu'il donna l'Espagne au second de ses petits-fils. Dom Pedro a réservé pour son fils et successeur naturel la couronne du Brésil , et il a abdiqué celle de Portugal en faveur de la princesse héritière de droit après son fils. Cette princesse , conformément à la loi de f Laraego, venait d'être fiancée à un Portugais; elle

devait , à Texemple de la reine Marie I^^, mère de Jean VI, épouser son oncle. Vous savez, Messieurs, comment cet oncle a reconnu Thonneur que lui faisait sa souveraine , celle dont il n^était que le premier sujet.

Je dirai maintenant aux amis des rois : Mettez la main sur la conscience et prononcez.

Je dirai aux amis sincères de la liberté : Faites avec moi des vœux pour que le Portugal soit rendu à sa loi légitime ; Maria II régnera sur des hommes libres, dom Miguel sur des esclaves.

Je dirai aux hommes qui , comme en Angleterre, pensent qu'avant tout , il faut examiner quels sont les intérêts matériels du pays; je leur dirai : Soyez aussi pour le pouvoir de droit ^ car notre commerce a plus à gagner avec le Brésil qu'avec le Portugal.

Je dirai aux conseillers de la couronne qui m'entendent Veuillez vous expliquer comme viennent de le faire les ministres de Sa Majesté Britannique. Le peuple anglais connaît du moins la politique de son gouvernement; il sait qu'il incline à reconnaître en Portugal le pouvoir de fait,.,. En sommes-nous là ?.... attendez-vous pour vous déclarer en faveur de l'usurpation l'exemple de l'Angleterre? Je repousse cette humiliante pensée....

Une haute sagesse me rassure puis enfin vous

venez de rendre une sorte d'hommage au principe que je vous adjure de sauver.... Un avis inséré au Moniteur annonce que le deuil de la Reine douairière de Portugal ne sera porté en France que

lorsque la nouvelle de sa mort aura été notifiée par la cour de Rio- Janeiro. Vous reconnaissez donc que la puissance légitime n^est plus à Lisbonne, qu*'ene est au Brésil. Toutefois expliquez-vous d'une manière plus précise ; les demi-satisfactions, les réticences ne conviennent ni à la morale , ni à la dignité dVn grand peuple.... L'Angleterre négocie, et la France a cru devoir se réunir à elle; mais TAngleterre ne craint point d'annoncer d'avance que peut-être son intérêt commercial la

portera bientôt à reconnaître le roi de facto

Déclarez donc d'avance aussi , que la France ne reconnaîtra en Portugal que le souverain de droit ^ par là vous ferez deux nobles actions ; vous rendrez l'espérance à une nation cruellement opprimée, et vous prouverez que la politique britannique est sans influence sur la nôtre.

Ministres du Roi très-chrétien, n'oubliez pas que notreheureuse Restauration date à peine de seize années ! qu'elle nous a fait sortir de l'abîme des révolutions, et qu'il n'est pas moins sacrilège en Portugal qu'en France d'oser toucher à la dynastie , d'oser mettre en question le principe tutélaire de la légitimité !

Et nous députés des départemens, n'oublions pas que plus que jamais nous devons nous rapprocher, nous réunir , pour faire tête aux fous ' , aux fac-

^ Je conviens que ces fous, ces factieux sont aujourd'hui le petit nombre, et cependant ce petit nombre a une grande influence sur nos destinées.

tieux, à ceux qui menacent nos libertés, comme à ceux qui en sont presqu'à dire avec Algernoon Sydney : « S'il nous faut subir la royauté, que ce ne soit pas la royauté légitime... » Répondons, nous, Messieurs , que nous n'en voulons , que nous n'en aurons pas d'autre, et que par elle, avec elle , nous serons libres, parce qu'aujourd'hui si la légitimité est un besoin du pays , tout homme qui a du sang français dans les veines a soif d'une sage liberté et veut le maintien , l'affermissement de nos institutions.

J'espère qu'on ne se méprendra point, qu'on ne cherchera pas à se méprendre sur ma véritable intention; je ne demande point à messieurs les ministres de s'expliquer sur les négociations qui ont lieu à Rio-Janeiro, négociations qui paraissent avoir pour but d'amener une réconciliation entre le droit et le /ait, entre la légitimité et \ usurpation,.. Au Roi seul appartient le pouvoir de négocier : or il est des explications que les conseillers de la couronne ne peuvent donner qu'autant qu'ils y sont autorisés par Sa Majesté ^ . Plein de respect pour la prérogative royale qu'on me verra toujours prêt à défendre, je me bornerai à demander ce qu'il

C'est une question que j'aurai occasion de traiter ailleurs. En attendant , ce que je puis dire, c'est que la raison, le bon sens, la droiture ont bien de la peine à triompher de la folie , du préjugé et de la mauvaise foi.

' Après des paroles aussi précises , aussi explicites , j'ai dû être surpris de la réponse de M. le ministre des affaires étrangères. ( Voir ci-après cette réponse et ma réplique. )

m'est permis de demander, c'est-à-dire une explication franche sur une question qui ne saurait être soumise aux chances , aux calculs , aux combinaisons de la diplomatie, au moins par les ministres du Roi très-chrétien.

Ah ! Messieurs, quelle que soit la nuance de nos opinions , n'abandonnons point le principe qui nous a rendu nos Rois et qui nous a donné la Charte.

L'exposé que je viens de soumettre à la Chambre n'a rien de l'homme de parti , c'est le cri d'alarme d'un vieux royalisme qui ne se lasse point ; c'est l'opinion consciencieuse d'un honnête homme, qui ne désire , ne demande que le triomphe de la vérité , et qui , fidèle au prince comme à la loi de son pays , peut dire avec Montesquieu et comme lui dans toute la sincérité de son ame :

« Je rends grâce au ciel de ce qu'il m'a fait » naître dans le gouvernement où je vis , et de ce )> qu'il a voulu que j^obéisse à ceux qu'il m'a fait i> aimer. »

A la suite de mon discours, M. le ministre des affaires étrangères a pris la parole , et s'est exprimé , je crois , en ces termes :

« Messieurs, je regrette de ne pouvoir satisfaire » la curiosité de Thonorable membre. Des né- )) gociations politiques se poursuivent à Rio-Ja- )) neîro; il ne m^est pas permis d''en dévoiler le )> secret , et tout ce que je puis dire , c^est que )> les relations interrompues avec Lisbonne ne )) sont pas encore renouées , et que si le principe » de la légitimité est dans le cœur de Fhono- )> rable membre , il ne Test pas moins dans celui }} des ministres du roi. »

J'aurais pu relever cette expression de curiosité^ mais je sais 'qu'un mot déplacé peut échapper lors^ qu''on improvise , et je n\ai point voulu prêter à M. de Polignac une intention que je n'avais point, celle de manquer aux convenances parlementaires.

Je me suis borné à répondre à M. le président du Conseil que je croyais m'être expliqué de manière à ne laisser aucun doute sur ma véritable intention... qu'il n'était point question de dévoiler le secret des négociations politiques qui se poursuivent à Rio- Janeiro , que plus que tout

autre j'étais pénétré des devoirs que la diplomatie impose»., mais quVnfin il m''était permis de demander aux ministres de S. M. très-chrétienne de s'expliquer sur le pouvoir de droit , quand le cabinet qui négocie avec nous au Brésil s'explique si catégoriquement sur le pouvoir fait.

J'ai ajouté d'autres réflexions qui ne doivent point sortir du comité secret , réflexions toutes françaises , toutes monarchiques , et qui certainement n'ont pu blesser personne ; enfin ma réplique a été terminée par les paroles suivantes : « Je ne » descendrai point de cette tribune , sans rap- » peler la généreuse conduite de ce noble am- )) bassadeur qui aima mieux se retirer que designer )) un traité qui dépouillait un roi légitime — Cet n ambassadeur qui se nommait Polignac ' ne )) craignait pas de s'expliquer.... »

J'ai dû rétablir cette dernière phrase qui a été fort mal rendue par quelques gazettes. Il était loin de ma pensée de rien dire de désobligeant à M. le président du Conseil : j'ai voulu seulement, en lui rappelant un trait qui honore sa famille, lui prouver qu'il est en effet des circonstances où il importe de s'expliquer.

* Le cardinal de Polignac , se retira au mois de février 1 7 1 3 , pour ne point signer à Utrecht le traité de paix , entre la France et la Grande-Bretagne, qui excluait du trône d'Angleterre Jacques III.

Extrait du discours prononcé par M, le vicomte de Chateaubriand le 8 mars, à V occasion de r adresse de la Chambre des Pairs,

« Je passe , Messieurs , au paragraphe sur le Portugal. Adresse exprime heureusement un vœu pour la légitimité. Dom Miguel est roi en vertu de l'élection populaire. Témoins de la révolution qui brisa le trône de Louis XVI , nous ne devons pas capituler facilement sur la souveraineté du peuple. Les gouvernemens , je le sais, ne sont point appelés à faire de la politique sentimentale. Dans les affaires extérieures surtout, un cabinet n''agissant pas seul , n'est obligé qu'à prendre la meilleure position, eu égard au mouvement des autres cabinets ; mais, dans le cas actuel, la France a le bonheur de voir ses intérêts d'accord avec ses principes; le droit coïncide avec le fait. L'Angleterre pense qu^elle doit s'unir au Portugal à cause des intérêts de son commerce. Nous, nous devons reconnaître que l'alliance du Brésil est utile au nôtre. Nos importations ne s'élèvent guère au-dessus de 2 millions, particulièrement en savonnerie , et encore par le cabotage anglais, dans les Etats de dom Miguel ; elles sont de plus de 3o millions dans l'empire soumis à dom Pedro. Au surplus, pourquoi

dom Miguel, illégitime souverain, est-il un prince légitime aux yeux de ceux qui se disent les seuls défenseurs du trône et de Tautel ? Cest que dom Miguel a détruit la constitution de son pays. Sa légitimité est sa haine de la liberté. Qu'ail s'avise de donner une Charte au Portugal, et vous verrez qu'on aura bientôt découvert qu'il n'est qu'un usurpateure

Paragraphe de F adresse de la Chambre des Pairs relatif au Portugal.

« Le succès des négociations que Votre Majesté poursuit de concert avec ses alliés , pour amener nne réconciliation entre les princes de la maison de Bragance , assurerait le repos de la Péninsule , ferait cesser les divisions fatales au commerce des deux Mondes , et , ce qui n'est pas moins désirable, raffermirait les principes de la légitime succession aux Couronnes, w

Paragraphe de V adresse de la Chambre des députés relatif au Portugal.

« Nous faisons des vœux , Sire , pour le succès des soins que vous consacrez , de concei^t avec

vos alliés , à la réconciliation des princes de la maison de Bragance. Cest un digne objet de la sollicitude de Votre Majesté , que de mettre un terme aux maux qui affligent le Portugal, sans porter atteinte au principe sacré de la légitimité, inviolable pour les rois non moins que pour les peuples. »

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