‹ De la recherche de la véritéChapitre 4 sur 46 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

d'abord M. d'ÂUemans, puis le duc de Saint-Simon, le savant marquis de THÔpital, le chancelier d'Âguessau, le duc de Chevreuse. On venait causer avee lui de métaphysique. Autant il aimait peu à discuter, autant il semble avoir aimé enseigner. D'un domestique, Prestet, il fît un savant et se fit un ami. Dans son ordre, il était lié avec le P. Lelong, avec le P. Mascaron et le P. Bernard Lamy. Dans une société rivale il trouva le plus enthousiaste de ses disciples, son biographe, le P. André. Condé l'appela prés de lui à Chantilly, et il eut l'honneur de contribuer avec Bossuet et Bourdaloue à sa conversion. Il correspondait avec Leibniz, Mairans, l'Anglais Bumett. Plusieurs princes allemands firent le voyage de Paris pour le visiter. Un officier étranger, fait prisonnier, se console à l'idée qu'à Pai*is < il pourra voir Louis XIY et Malebranche». Mademoiselle de Wailly tenait chaque samedi des réunions malebranchistes que Miron présidait.

Malebranche s'y rendait rarement. Il assistait modestement à sa gloire, et préférait à toutes les réunions flatteuses pour son amour-propre d'auteur, comme à toutes les controverses, le travail solitaire et les méditations pieuses. Il consacra les dernières années de sa vie à revoir ses œuvres. Il publia en 1712 la dernière édition de la Recherche^. Il avait donné presque tout son bien aux pauvres, et renonça en 1703 à la succession d'un de ses frères. Il se trouvait, disait-il, assez de viatique pour achever sa vie.

« Ce fut le 17 juin 1715 qu'il ressentit les atteintes de sa dernière maladie. Il était à la campagne chez on ami de sa famille, le président de Metz... On se hâta de le transporter à l'Oratoire de la rue Saint-Honoré; il voulait qu'on le mit à l'infirmerie commune, parce qu'il y avait un autel. Les douleurs étaient extrêmes; il souffrait principalement des entrailles; comme il essayait quelques remèdes, le P. Lelong lui dit de ne plus songer désormais qu'aux choses étei^ielles. Le regardant doucement, le malade répondit avec son exquise modestie que, s'il écoutait

1. C'est d'après le texte de cette édition que nous publions le second livra.

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