PROLOGUE
Plus un peuple s'avance dans les voies prospères de la civilisation chrétienne , plus il élève et doit élever la barrière qui sépare les enfanls du mariage des fruits malheureux d'une union illégitime; et une législation serait très judicieusement logique, qui la rendrait infranchissable, après avoir consacré en principe l'inviolable unité du mariage, le plus haut degré de perfection mo* raie que puisse atteindre la sociabilité humaine.
C est ce qu'a fait. Rome catholique , en se montrant d'ailleurs sincèrement et profondément touchée du sort de ces enfants qui portent les premiers la peine d'une faute ou d'un crime dont ils sont innocents; et en leur donnant à tous, quelle que soit la tache de leur origine, ce pain quotidien que leur refusent impitoyablement, sous des prétextes mensongers, les égoïstes et hypocrites apôtres du progrès philosophique.
Là OÙ a régné la polygamie, cette lèpre morale du sensuel et despotique Orient, la ligne de démarcation entre les enfants de l'épouse et ceux d'une rivale autorisée par de contagieux exemples et des usages corrupteurs, a dû plus ou moins s'effacer. La famille ne peut ^ être pure de tout alliage que lorsqu'elle a pour source unique le mariage tel qu'il a été institué par Dieu dans l'œuvre même de la création. — Lorsque les lois de Manou, que l'on croit être les plus anciennes des peuples de rinde, et sur lesquelles paraît en effet reposer toute leur primitive organisation religieuse et civile, admettent simultanément à la succession du chef de la famille les enfants de huit mariages de formes plus ou moins solennelles, contractés avec des femmes de conditions différentes, en attribuant à chacun des droits plus ou moins étendus, selon la caste à laquelle appartient la mère, elles ne pouvaient pas en exclure d'une manière absolue les bâtards dont la filiation paraît certaine , les enfants d'une concubine. 11 arrivera même que ce bâtard, si le père est d'une certaine caste , probablement la dernière de toutes (1), héritera comme fils légitime; mais généralement les droits du fils d'une concubine sont réduits à la moitié de ceux qu'il aurait pu réclamer s'il était né d'une union consacrée par tel ou tel rite religieux. Ainsi cette bizarre légitimité partielle que les créateurs de notre Gode ont attachée à la reconnaissance dite légale d'un enfant naturel, se trouve empruntée à l'antique code des Indiens, tant il est vrai qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil.
(1) C'était la caste dite de Sudra.
Les Chinois , que la polygamie a fait descendre au dernier degré de l'échelle sociale, la pratiquaient sans y mettre autant de cérémonies que leurs voisins. Ils avaient une sorte de femme principale, qui se chargeait de les pourvoir de concubines de tous rangs, autant qu'en réclamaient leurs besoins factices ou leur vaniteuse impudicité. C'est ce qu a fait madame de Pompadour pour la majesté avilie de Louis XV. — La femme dite légitime, à qui se trouvait confiée cette honteuse souveraineté , et qui, suivant la façon de voir de M. de Montesquieu , aurait joui dans la maison à peu près des hormears qua dans nos climats une femme unique (i)^ avait sur les autres cet avantage que la dignité du pèreéchéait à son premier né. — Quant aux biens, ils étaient partagés, sans distinction de mère ni d'âge, entre les produits mâles de ce troupeau , tous considérés comme appartenant à la souveraine du harem. A l'aide d'une telle fiction, ajoute l'auteur de V Esprit des Lois, il ri y a plus de bâtards (2). J'aimerais mieux dire qu'il n'y a plus d'enfants légitimes. En vérité, est-ce là une famille? Et devons-nous nous étonner de l'état de dégradation où est tombé ce pauvre peuple chinois, qui, premier inventeur de la poudre à canon, et pouvant mettre sur pied cinq à six millions de soldats, se laisse conquérir par cinq à six mille chétifs Anglais et Français (3) ?
La famille égyptienne, si ce n'est dans la caste des
(1) Esprit des Lois, Ut. XXHI, chap. v.
(S) Loc. cit.
(3) Expédition en Chine de 1860, débutant par la prise da fort de Takou, et se terminant par la bataille de Pali-Kao, qui oblige le céleste empereur à déserter sa capitale, où cette bande de soldats européens entre triomphante.
prêtres, n'était pas mieux constituée que la famille chinoise. Si Ton en croit Diodore de Sicile, enfants légitimes ou illégitimes, c'était tout un.
Les Hébreux, choisis par Dieu pour être les dépositaires de sa loi et en conserver au monde la sublime unité, ont eux-mêmes bien dévié de la tradition sacrée , en ce qui touche le mariage. Celte race était sans doute supérieure à toutes les autres par Tin telligen ce et le sens religieux de Thomme moral, non moins que par la force et la beauté de l'homme physique ; mais elle n'aurait pas valu la moindre de celles qui ont depuis entendu et goûté la parole du Christ. Il a fallu la main de fer de son grand législateur et la terrible pénalité de son Code pour dominer ses instincts idolâtres et la défendre du grossier polythéisme égyptien. Et cependant ne médisons pas trop d'un peuple à qui nous devons notre Dieu I Qu'est-ce que nous a donné, qui vaille un tel bienfait, cette antiquité païenne pour qui nous avons épuisé toutes les formules d'une reconnaissante admiration ?
Moïse voulait certainement le mariage tel qu'il l'avait montré dans son naïf et touchant récit de la création. L'homme, dans l'esprit de sa loi, devait appartenir tout entier à cet os de ses os^ à cette chair de sa chair : Et ERUNT DUO IN CARNE UNA. Mais, malgré l'énergique hardiesse de son génie, il ne crut pas pouvoir l'obtenir de ce peuple auquel, tout en proclamant sa mission sacrée, il reprochait si vivement sa dureté de cœur et d'esprit : CeRNO QUOD ISTE POPULUS SIT DURiS CERVICIS,
dit Dieu lui-même h Moïse implorant sa clémence pour
ridolâtrie du veau d'or, d'ailleurs si terriblement réprimée par le glaive des Lévites (1).
Et il faut bien convenir qu'ici du moins son opiniâtreté semblait avoir une légitime excuse dans l'exemple de deux de ses grands patriarches.
Isaac est la figure biblique la plus pure ; Fils soumis jusqu'au sacrifice de sa vie même, il a été un fidèle époux jusqu'à paraître renoncer aux promesses du ciel. Son mariage avec Rébecca est une églogue de la plus charmante innocence, et à laquelle nous ne voyons rien de comparable dans tous les classiques anciens et modernes. Cette belle et forte jeune fille qui, après avoir fait avec une grâce touchante les honneurs de la maison paternelle, va courageusement trouver l'époux que Dieu lui destine, et qui, lorsqu'elle l'aperçoit de loin, se couvre instinctivement d'un voile pudique (2) , a été aimée du plus chaste et plus constant amour : tJ affection d Isaac pour elle fut si grande, dit l'historien sacré, que la douleur qu'il ressentait de la mort de sa mère en fut adoucie {3). Et malgré une désespérante stérilité de vingt ans, aucune autre femme n'entra dans sa couche , que Dieu, touché de sa vertu, a enfin fécondée en lui accordant deux jumeaux , chefs futurs de deux puissantes nations (4).
Tel fut Isaac. Mais cette fidélité conjugale, dont il est un modèle accompli, il n'en avait point reçu l'exemple de son père, et il ne sut point l'imposer à ses fils.
(1) Exode, xuir, 9, 28, S9.
(1) Genèse^ xxiv.
(3) « lutantum dilexiteam, ut dolorem, qui ex morte matris ejuB acciderat, temperaret. » (Genèse, xxiv, 67.)
(4) Genèse, xxv, 41, Î6.
Abraham, à qui Dieu avait promis uue innombrable postérité (i), se persuadant qu'il n'aurait point d'enfants de Sara, parvenue avec toute sa force et même toute sa merveilleuse beauté à un âge où les femmes sont ordinairement affligées d'une irrémédiable stérilité, prit pour conc.ubine une Égyptienne du nom d'Agar. Et il le fit aux instances de Sara elle-même, dont cette femme était l'esclave, et qui voulait ainsi devenir mère par une sorte d'adoption (2).
Sara fut punie de sa provocatrice complicité à cette violation de la foi primitive du mariage par les mépris insultants d'Agar devenant enceinte d'Ismaêl ; et Abraham, par les terribles épreuves auxquelles Dieu le soumit, après avoir rendu à la femme légitime, toujours jeune et belle malgré ses neuf dixièmes de siècle, la faculté de concevoir. Sara nourrissant de son lait ce fils inespéré qu'elle donnait à un mari déjà centenaire, exigea impérieusement de lui qu'il purgeât la maison conjugale de TÉgyptienne et du fils né d'elle. Abraham en fut très douloureusement ému, surtout k cause d'Ismaël, digne souche du peuple arabe (3). Mais il dut obéir; Dieu lui en fît un devoir; c'est d'Isaac et non d'Ismaël que devait sortir le peuple élu : cui dixil Deus : Non tibi videatur asperum quœ tibi dixerit Sara, audi vocem ejm, quia in Isaac vocabitur tibi semen (4) ; c'est ce qu'explique encore plus énergiquement saint Paul : Quiddi-
(1) « Suacipe cœlum, et numera stellas^ si potes; sic erit semen tuum. » (Genèse, xv, 5.)
(2) « Dixit marito suo : Ecce, conclusitme dominus, ne parerem ; ingredere ad ancillam meam, si forte saltem ex illa suscipiam liberos. » (Genèse, xvi, 4,2.)
(8) « Dure accepit hoc Abraham pro filio suo. » (Gen., xxi, 11.) (4) Genèse, xxi, 12.
cti scriptura ? Ejice ancillam et filium ejus; non eîum erii Aœres' filius ancillœ cum Hlio liber œ (\).
Veuf de Sara qu'il pleura trois ans, le patriarche, afin de multiplier les adorateurs du vrai Dieu, prit une seconde femme nommée Cétura, mais probablement peu digne de lui par sa condition ; car il ne considéra comme devant être appelé à le représenter aucun des six fils qu'elle lui donna. Isaac est son unique héritier ; les autres enfants ne sont point inhumainement oubliés ; mais ils ne reçoivent que des dons particuliers, comme n'appartenant pas à la famille même (2). Cependant le premier né, Ismaël, partage avec Isaac Thonneur de conduire le deuil du père commun et de réunir ses restes mortels à ceux de la femme que Dieu lui avait donnée pour épouse (3). Ainsi, malgré une faute durement expiée, Abraham a rempli dignement et sévèrement peutêtre ses devoirs de père de famille.
La justification de son petit-fils, chef prédestiné d'Israël, ne semble pas aussi facile.' Nous supposerions volontiers que si Jacob, de mœurs- douces, enfant gâté de Rebecca (4), eût obtenu tout d'abord pour épouse celte charmante sœur cadette qu'il croyait n'avoir pas trop chèrement achetée par sept ans d'un servage dévoué et très profitable k son futur beau-père, il se serait montré, comme mari, digne fils de son chaste père; et nous nous affligeons, pour l'honneur et la beauté du sang
(\) Epist ad Galatas, c.iY, 80.
\%) Genèse^ xxt, 1, 9^ 5, 6.
(3) « Et sepelieruDt eum Isaac et Umaêl in spalunca duplici , sita in agro EphroD quem emerat a flliis Heth ; ibi sepaltos est ipse, et Sara azor ejos. » (Genèse, xiv^ 9, 10.)
(4) « Jacob yir simplex Diligebat enm Rebecca. » (Genèse^ xts, 27,
d'Israël, que par la déloyale substitution d'une sœur à l'autre, le fils d'Isaac se soit trouvé avoir épousé, sans s'en douter, Lia (quœ lippu erat oculis) (1), dont il n'avait voulu à aucun prix, au lieu de Rachel [décora fade et venusto aspeciu) (2), pour laquelle il avait soupiré avec une constance sans exemple même dans les romanesques fictions de notre grand siècle. — Bien que nés tardivement, Joseph et Benjamin auraient, avec les bénédictions du ciel, pu suffire à multiplier sa race autant que les étoiles du firmament ou les sables de la mer. Nous ne nous en tiendrons pas à cette hypothétique cause d'excuse. — Jacob, cruellement déçu, aurait sans doute très légitimement renvoyé Lia introduite dans la couche nuptiale par une fraude dont cette fille mal dotée de sa personne, et probablement jalouse de sa jeune sœur, ne pouvait pas ne pas être complice (3). Vainement le beau-père répondait aux justes reproches du gendre quil n était pas (f usage au pays de pourvoir les cadettes avant les aînées (4) ; le consentement matrimonial de celui-ci n'en était pas moius vicié par une
(t) Genèse, xxiz, 17. — « Ayant des yeux chassieux, c*e8t-&-dire des yeux rouges, d'où sortait une humeur gluante. » (Traduction de Tabbé Glaire.)
(2) Eod. loG.
(8) Voici comment quelques auteurs ecclésiastiques prétendent justifier Lia :
« Laban fut très coupable dans cette action , comme ayant trompé Jacob contre la parole formelle qu*il lui aTait donnée , et ayant en quelque sorte déshonoré sa fille, la donnant à celui qui ne pensait point à elle, et en avait épousé une autre. Lia, néanmoins, peut être un peu excusable, en ce qu'apparemment son père Tavait trompée, lui faisant croire que Jacob voulait bien Tépouser comme sa sœur, n'étant pas extraordinaire alors qu'un homme épous&t plusieurs femmes. » (Bible traduite, avec explications tirées des saints Pères et des auteurs ecclésiastiques, t. I*^, 711, édit. de 4692.)
(4) « Non est consueiudinis in loco nostio , ut minores ante tradamus ad nnptlas. » (Gen., xxix, 26.)
erreur substaotielle des mieux caractérisées. Il s*écriait avec raison : Pourquoi m'avez-vous trompé ? JVest-^e pas
pour Rachelqueje vous ai servi sept ans? {i).
Mais en faisant un tel affront à la famille, Jacob devait renoncer à Rachel que Laban était disposé à lui donner par surcroît, et qu'il lui donna, en effet, après la semaine des néfastes noces de Lia. 11 lui aurait fallu, pour faire le sacrifice d'un bonheur rêvé et poursuivi pendant sept ans, une vertu surhumaine que Dieu ne lui avait pas donnée. 11 se soumit même avec joie à la condition qui lui fut imposée d'un second servage de sept ans; lourde charge qu'il sut, au surplus, instruit à l'école du beau-père, rendre profitable à lui-même par des procédés d'une probité équivoque.
Voilà donc le fils d'isaac avec deux femmes dites légitimes; car, bien qu'il n'estimât ni n'aimât Lia, il avait nécessairement, par sa volontaire cohabitation de sept jours avec elle, ratifié ce malheureux mariage : Achevez, avait dit Laban, les sept Jours de noces de r aînée ^ et je vous donnerai ensuite la cadette pour le temps de sept autres années que vous me servirez encore. — Jacob, ajoute rhistorien sacré, consentit à ce que voulait Laban, et au bout des sept jours, il épousa Rachel (2). Il doit être permis de croire que s'il n'a pas été, comme son ancêtre Lamech, maudit de Dieu (3), c'est parce que ce ne fut
(1) « Quare imposuisti mîhi? nonne pro Rachel septem annis serrivi tibi?» (Genèse, xxix, 25.)
(S) « Impie hebdomadam dierom hajus copulœ, et hanc quoque tibi dabo pro opère quo serriturus est mihi septem aliis annis acquievit; Jacob placito, et hebdomada transacta, Rachel duxit uxorem. i> (Genèse, xxjx,
(S) « Lamech a Deo maledictus qui primaa duabus maritatas contra Dei prflBceptam très in unam carnem efficit. » (Tertullieni Dt exhort. cast,. cap. 5.)
pas d'une volonté spontanée, mais , au contraire, bien à contre-cœur, qu'il viola la sainte unité du mariage. — Nos jurés verraient certainement dans ce cas de bigamie des circonstances atténuantes.
Et par une autre fatalité qui était probablement dans les desseins de Dieu, et comme une première peine de la faute, la femme méprisée se trouve de la plus heureuse fécondité, tandis que la femme préférée semble, comme sa mère et son aïeule par alliance, devoir renoncer au bonheur d'être mère.
Rachel , offerte comme modèle à toutes les jeunes épouses chrétiennes, avait les défauts d'une iille gâtée par les hommages prodigués à sa beauté. Elle porte envie à sa sœur, et demande impatiemment à son mari des enfants, le menaçant de mourir si son vœu n'est point exaucé (1). A quoi Jacob, sortant de son caractère,
répond d'une voix irritée : Suis-je donc comme Dieu, qui dorme la fécondité d qui il lui plaît ^ (2) .
Que fait alors Rachel, qui ne meurt pas? Au lieu de s'arrêter, pour se conduire par l'exemple d'autrui, à la sage Rebecca, elle remonte à Sara; et, comme celle-ci, elle jette dans la couche nuptiale une suivante, afin d'avoir des enfants qui lui appartiennent (3).
Et voici que Lia, dont la fécondité paraissait épuisée par quatre couches, ne voulant rien perdre de ses avantages sur sa rivale, met aussi sa suivante entre les bras
(1) « Damihi liberos ; alioqain moriar. » (Genèse, zxx^ 1.)
(t) « Gui iratuB reapondit Jacob : Nom pro Deo ego sam, qui privaTit te
fhicta Tentris toi. » (Gen., xxx^ S.) (8) « Ingredere ad famulam meam, nt pariât super genuamea, ethabeam
ex illa liberos. » (Bod. loc., 8.)
de son mari, afin d'augmenter le nombre de ses en* fants (1). Et le faible Jacob cède encore à cette coupable séduction.
Ce patriarche, d'ailleurs plein de foi religieuse, adorateur fervent du vrai Dieu, s'est-il en cela, comme le dit naïvement notre bon Pothier d'après quelques commentateurs de la Bible, conduit par les inspirations du ciel (2) ? L'historien sacré ne permet pas une telle supposition. Dieu a pu vouloir que les douze tribus d'Israël sortissent de ces douze frères dont la conception était plus ou moins entachée d'inceste et d'adultère, et entre lesquels, comme on va le voir, il était difficile de faire un choix ; si sa mystérieuse justice frappe trop souvent le père dans la personne même de l'enfant, elle peut
(i) a Sentiens Lia, quod parère desiisset, ancillam suam marito tradidit. » (Gen.^ xzx, 9.)
(2) « Il n*e8t pas douteux que ces saints patriarches (Abrahaiti et Jacob), qui se conduisaient par les inspirations dont Dieu les favorisait, n*aient contracté ces mariages ayec plusieurs femmes en même temps , ayec la permission et l'approbation de Dieu. » (Contrat de Mariage, n« 100.)
« Lamech, qui a le premier introduit la polygamie, c'est-à-dire la pluralité des femmes, est condaomé de tout le monde, parce qu'il n'en usa de la sorte que pour sa passion. — Abraham, au contraire , ne prit Agar pour sa seconde femme qu'à la prière de Sara, et par une inspiration secrète de Dieu, qui voulait marquer de grands mystères par les enfants de ces deux femmes; mais l'exemple de ce patriarche , non plus que celui de Jacob et des autres, ne justifie pas pour cela la polygamie, qui est certainement contraire à l'institution divine du mariage. » (Bible traduite, t. !•', p. 477.)
Quoi ! C'est par une inspiration secrète de Dieu qu'Abraham prend une concubme, condamnée par Dieu à errer dans le désert, avec une miche de pain et une cruche d'eau? Comment croire à cette inspiration purement devinatoire, lorsqu'elle est démentie par un ordre rigoureux de séparation ? « Toutes tes AcnoNS des saints, dit très bien la Bible traduite (p. 686), me sont pas