DÉFINITION, FORMES, DIVISION
La plupart des auteurs définissent la rectite une inflammation du rectum. Cette définition nous parait par trop générale, car elle peut s'appliquer à toutes sortes de rectites, aussi bien à celles d’origine traumatique ou chirurgicale qu’à la rectite dysentérique dont nous avons l'intention de nous occuper. Nous devons donc chercher pour cette dernière maladie une définition plus précise, et nous adopterons la suivante :
« La rectite est une maladie généralement apyrétique, de même nature que la dysenterie endémique, se localisant au rectum tout d’abord ou à la suite de la dysenterie ; caractérisée par des selles moulées ou diarrhéiques, précédées, accompagnées ou suivies de mucus sangui-
nolent ou purulent, avec épreintes et ténesme anal, et rarement coliques abdominales. » (Leclerc.)
La rectite est habituellement concomitante ou consécutive à la dysenterie. Elle peut toutefois être indépendante et se montrer localisée, soit sous la forme aiguë, soit sous la forme chronique. Elle peut être partielle ou étendue à toute la muqueuse rectale. Enfin elle peut être simplement érythémateuse ou catarrhale, ou bien être plus profonde, atteindre le tissu cellulaire sous-muqueux, la couche musculaire, et devenir phlegmoneuse. Elle constitue alors ce qu’on a Ho la rectite phlegmoneuse ou parenchymateuse.
Pour bien comprendre les particularités des différentes formes de la maladie : a) rectite aiguë ; b) rectite chronique; c) rectite s’établissant d'emblée ; d) rectite succédant à la dysenterie, il est nécessaire de se faire une idée du mécanisme à l’aide duquel cette maladie se produit et se manifeste. C’est ce que nous allons essayer de montrer en étudiant l’étiologie et l'anatomie pathologique de la rectite.
ÉTIOLOGIE
Les causes générales de la rectite sont les mêmes que celles de la dysenterie. On peut accuser le climat, les aliments, les boissons, etc. En effet, la rectite consécutive n’est autre chose que la dysenterie du côlon ayant gagné le rectum, et s’y localisant.
Dans la rectite primitive, on peut accuser la constipation. L'accumulation des matières fécales dans le rectum jouerait alors le rôle de
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corps étranger et irriterait la muqueuse, qui ne tarderait pas à s’en-. flammer et à s’ulcérer, et dès lors la rectite serait constituée.
La dysenterie (et par conséquent la rectite dysentérique) est considérée aujourd’hui comme étant de nature infectieuse; mais les recherches entreprises par divers auteurs pour trouver le germe de la dysenterie n ont pas encore abouti. Les uns le confondent avec celui de la fièvre intermittente, d’autres avec celui de l'hépatite. La question est encore trop obscure pour que nous entrions ici, à son sujet, dans une discussion qui pourrait nous entrainer trop loin-et nous faire dépasser les limites du plan que nous nous sommes tracé.
Parmi les causes locales de la rectite, nous placerons la grande vascularité du rectum. Les valvules manquant dans les veines hémorrhoïdales et mésaraïques, la circulation en retour se fera mal dans l'ampoule rectale ; les ulcérations du rectum seront, par suite, gorgées de sang et n'auront aucune tendance à la cicatrisation. De plus, les matières fécales, par leur passage, agiront directement sur les ulcérations, les irriteront et ne feront que retarder cette cicatrisation.