DIAGNOSTIC
Le diagnostic est généralement facile. La rectite se reconnait trèsaisément aux symptômes que nous avons énumérés (selles moulées, précédées, accompagnées ou suivies de mucosités sanguinolentes, absence de douleurs abdominales, douleurs vagues et sourdes dans le bassin, etc.)
Ce diagnostic se complète par le toucher rectal et par l'introduction du speculum ani. On reconnaîtra aussi les ulcérations caractéristiques de la rectite, on se rendra compte de la couleur de la muqueuse, de son degré d’hyperhémie, de son épaississement, de son ramollissement. On notera la douleur produite par le passage du doigt ou de l’instrument, enfin on pourra se rendre compte des lésions de voisinage (abcès périrectaux, fistules, prostatite, etc.).
La rectite dysentérique se distinguera de la dysenterie proprement dite par le nombre bien moins considérable de selles, par leur consistance, qui est beaucoup plus grande dans les selles de la rectite, par
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leur couleur, qui est lavure de chair dans les selles dysentériques. Dans la dysenterie on observe des douleurs abdominales qui manquent absolument dans la rectite.
Dans la dysenterie il y a de la fièvre, de la prostration, une perte totale de l'appétit, tous symptômes qu’on ne rencontre pas dans la rectite sans complications.
Le cancer du rectum présente certains symptômes qui pourraient le faire confondre avec la rectite (sensation de pesanteur dans le bassin et de gêne au fondement, douleurs au moment des selles et dans les instants qui suivent, selles accompagnées d’un écoulement glaireux, sanguinolent ou purulent, etc.).
Il détermine ordinairement de la constipation; quand il s’accompagne de diarrhée, les matières sont parfois sanguinolentes, offrent l’aspect lavure de chair ou purulent et la fétidité des selles dysentériques ; mais il y a incontinence dans leur évacuation, et, par l'inspection anorectale et la palpation de la fosse ischio-rectale, on constate l’existence d’une tumeur. De plus, l'écoulement cancéreux à une odeur repoussante sui generis. Enfin, à une époque plus avancée, la teinte cachectique des malades achèvera d’assurer le diagnostic.
Chez les enfants, la rectite dysentérique est quelquefois simulée par un polype rectal. Cette production, qui atteint parfois le volume d’une noisette, se développe communément à 5 ou 6 centimètres au-dessus de l’anus et provoque du ténesme et des selles sanguinolentes comme dans la rectite dysentérique la plus légitime. Les petits malades ren. dent également des matières dures qui sont cannelées, c’est-à-dire qui offrent une dépression latérale produite par l'impression du polype. Celui-ci sort parfois pendant la défécation ; le toucher rectal, d’ailleurs, le fera découvrir aisément. Il n’est pas rare de voir ces polypes se détacher pendant les efforts pour aller à la selle. Les enfants sont, dans ce cas, guéris à l’instant des incommodités qu’ils. éprouvaient.
Hémorrhoïdes. — M. Béranger-Féraud a résumé, dans le tableau suivant, le diagnostic différentiel de la rectite d’avec les hémorrhoïdes :
Rectite | Hémorroïdes L'écoulement de sang ne soulage pas
le malade.
à Dans la rectite, on ne trouve pas, à ÿ l'exploration, de tumeurs hémorrhoïdales turgides, soit en bourrelet hors de l'anus, soit dans l’intérieur du rectum; | mais on constate de la rougeur let des rhoïdes. ulcérations dans les profondeurs de l’a-
nus explorées par le speculum.
Les matières sont en général entourées de mucosités en même temps que de sang, =
souvent d’un sang pur assez abondant et sans traces aussi sensibles de mucosités.
Nous ne citerons que pour mémoire les rectites vermiculaire, chancreuse et blennorrhagique. Les lésions qui accompagnent chacune d'elles ne permettent pas de les confondre avec la rectite dysentérique. Le diagnostic sera d’ailleurs complété par les commémoratifs des malades. à