A LORD WELLINGTON
(I Ah ! s'il t'étaU donné de clore enfin cette scène de carnage et les maux de l'Europe; si tu pouvais commander le repos au monde, nous ramener lapais à ia figure riante, proclamer ees plaif irs dans toutes les contrées , et faire que toute terre soit bénie ! »
( 235 ) sont pas classées ; une épidémie f arvenant, on ne pourrait pas l'isoler. Il n'y a plus d'interne à demeure dans la maison ; le médecin fait une visite rapide, et ne reparaît plus de la Journée ; les sœurs, qui ont la surveillance générale et la clé de la pharmacie, viennent assez tard et partent de bonne heure. Dés cinq heures du soir, il n*est plus possible d'obtenir le moindre secours.
Voici le mouvement de l'infirmerie :
En 1832, il est est entré 189 détenus civils.
il en est sorti 182
il en est mort 4
Dans les huit premiers mois de 1833 ,
Le nombre des entrées est de. . « 193
des sorties 182
des morts. S
La proportion des détenus malades aux détenus valides paraîtrait assez faible, si on la calculait sur le nombre total ; mais tous les détenus malades ne se font pas traitsr à l'infirmerie. En retranchant, des 1,000 détenus qui sont entrés en 1832, les militaires, les femmes, les pistoUers, c'est-i-dire les trois cinquièmes, on trouvera un malade sur deux détenus : la mortalité ne sera que de un pour cent, ce qui s'eiplique par la faible durée de la détention.
Le nombre des maladies va croissant, dans la prison, avec la dégradation des bâtimens. Dans les huit premiers mois de 1833, il excédait déjà celui de 1832 pour l'année entière. D'un autre côté, la corruption ne recule pas ; elle a gagné jusqu'aux plus jeunes détenus. Cet état de choses crie bien haut contre l'administration du département, et la négligence devient ici une véritable cruauté. Je sais que le conseil-général a voté deux fois à l'unanimité la construction d'une nouvelle prison sur l'emplacement de celle qui existe encore ; que le plan est dressé, les devis arrêtés ; que les travaux auraient même été adjugés, si la chambre eût ratifié, dans toute leur étendue, les votes du conseil. Mais pense-t-on que tout soit fini par là, et qu'après l'adjudication les autorités n'aient plus qu'à se laver les mains des misères du bagne bordelais ? Il se passera deux ou trois années avant que la prison soit achevée et habitable. Pendant ce temps, trois mille détenus entreront au fort du Hà, et trois mille en sortiront. Est-ce donc un résultat que l'on puisse calculer froidement que trois mille hommes, femmes ou enfans perdus peut-être sans ressource , et qui vont infecter la société de leurs souillures? Quoi, pendant trois ans, la prison du département n'aurait ni règle, ni surveillance, ni contrôle; on n'y introduirait pas de classifications plus réelles et mieux observées ; les enfans resteraient privés de toute éducation morale et professionnelle -, on ne
( 236 ) ferait rien [pova assainir ce cloaque , ni pour mettre le» détenus à l'abri de riiiver? Ces réformes sont urgentes cependant. On travaille pour Tavenir en améliorant le présent, et il est temps que la ville de Bordeaux, si riche en monumens anciens et modernes, puisse montrer aussi ses prisons.