‹ De la réforme des prisonsChapitre 19 sur 32 · CIRCULAIRE DU 2 OCTOBRE · texte numérisé non relu

CIRCULAIRE DU 2 OCTOBRE

(Moniteur.)

« L'attention du goayeraement s'est partlcaUèrement fixée sar i'^Ut de la plupart de noi maison! d'arrêt, et sur le système adopté Jusqu'Ici pour 4a oonstniction de ces établisscmcns. Ce système Mt essentiellement vicieux ^puigqu'il réunit souvent dans le même local ceux qui sont inculpés de légeit ééliU et ceux qui sont poursuivis pour crimes, les innocens et les coupables, les Imprudens et les pervers. Les liomraes réservés i la cour d'assises oommeneent toujours, en effet, par être en état de prévention, avant d'être mvoyés dans les maisons de Justice, par suite d'un arrêt de mise en accusation. Il serait superflu d'insister sur les dangers d'une confusion qui expose des citoyens, peut^tre irréprochables, ou qu'une première faute , souvent légère, amène devant la justice, au contact avilissant et corrupteur des criminels endurcis.

» Le seu) moyen efficace est d'adopter pour nos maisons d'ariêt le système cellulaire, afin d'y étal^lir, non cette réclusion rigoureuse et absolue employée ailleurs pour obtenir la réforme morale des criminels (car il ne s'agit pas de priver les prévenus de toute communication avec leurs familles ou leurs amis). Mais la séparation complète des prisonniers entre eux, afin de mettre un terme, du moins è l'égard d'une des classes de détenus les plus dignes d'intérêt, à cet enseignement mutuel de crimes , la plus grande plaie de nos prisons.

» Il serait désirable que le système cellulaire'ainsi conçu pût être introduit immédiatfment dans nos maisons d'arrêt par une mesure générale et uni'

( 238 ) fonne ; mais nous sommes arrêté^ par les dépenses considérables qu'entraînerait la réalisation de ce projet ; et, contrainte par la nécessité de conserver lei bâtimens acteuls, Vadministration doit se contenter de disposer en cellules toutes les maisons d'arrêt à construire, et de transporter , autant que possible cette disposition dans celles qui sont construites. Cest assez tous dire que, désormais, je u'approuyerai les plans d'une maison d'arrêt qu'autant qu'ils Beront dressés suivant le système cellulaire.

» En ce qui concerne les maisons d'arrêt qui seraient actuellement en construction dans votre département, vous auriez à examiner jusqu'à quel point les plans, d'après lesquels les travaux s'exécutent, ont été conçus dans le système cellulaire, et vous me proposeriez iur-le-champ les changemens qu'il y aortit à y apporter pour les ramener à ce système.

» Dans le cas où il n'aurait point été entrepris à*ouvrages neufs dans le dé- / partement que vous administrez, mais où il aurait été mis seulement à votre

disposition des fonds pour faire face aux travaux de restauration qu'exigeraient les bâtimens actuels , je vous autorise , i moins que l'emploi de ces fonds ne soit impérieusement réclamé par des réparations qui intéressent la solidité ou la sûreté des malsons d'arrêt, à comprendre, autant que possible, l'établissement de cellules dans les travaux qui doivent s'exécuter à l'aide de < ces fonds. Lors même qu'il n'y aurait possUnlité de disposer qu'un petit

nombre de chambres séparées, ce serait déjà une amélioration notable, puisqu'on obtiendrait les moyens d'isoler les prévenus regardés comme les plus corrompusetles plus dangereux.

» Vous voudrez bien vous préparer à pro|H)fef au conseil général de votre

département, lors de sa première réunion, de voter les fonds nécessaires pour

réaliser, le plus promptement possible, l'importante amélioration qui fait l'objet

y de cette lettre. Vous devrez d'avance faire dresser les plans et les devis des

réparations nécessaires pour atteindre ce but , à moins qu'il n'y ait une impossibilité al>solue de modifier les lieux. V

» Je vous prie de me faire connaître promptement ce que vous aurez faii et ce que vous pourrez faire.

» DE GASPABIN. »

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