‹ De la réforme des prisonsChapitre 23 sur 32 · A PARIS · texte numérisé non relu

A PARIS

Extraits du Rapport fait à la société de patronage le 12 juin 1836 , par M. Bérenger, député, président de la soeiété.

Les détenus entrent dans la maison pénitentiaire à on âge où les impressiens sont faciles, où nn certain abandon du cœar, Joint à cette ardeur d'imagination qui, quoi qu*on en ait dit , se passionne plus naturellement pour la Térité que pour le mensonge, donne aux instructions morales une autorité toute puissante.

C'est au-dessous de seize ans qu'ils sont admis au pénitencier , soit i titre de condamnés , soit comme simples prévenus , soit par mesure administrative. •

Il en est qui ont à peine atteint leur huitième année ; mais comme une fois condamnés ils accomplissent leur peine entière dans la maison , ils y restent quelquefois jusqu'à Yingt ans. Ainsi c'est entre ces deux âges que s'éeoule la yie pénitentiaire.

Ils sont partagés en deux divbions , celle des Jugés et celle des prévenus ; les dortoirs, les ateliers , les cours pour les récréations , tout est distinct entre ces deux catégories : il n'y a de commun que le réfectoire; c'est un inconyénient dû à la localité, mais il est atténué par robseryation, sévèrement maintenue, du lilence pendant la durée des repas.

Les détenus par mesure administrative sont confondus avec les Jugés ; cette classe se compose d'enfans abandonnés qui demandent un asile à Tadmlnistration et qu'elle recueille à titre d'hospitalité. Ceux-là inspirent un grand intérêt, car ils ne sont que malheureux : on n'a à leur reprocher aucun acte répréhensible : aussi sont-ils libres dès qu'ils ont gagné, par leur travail dan»

( 264 ) la maison, la somme nécessaire pour pouvoir f obslster pendant on mois , ou lorsque ieur famille ou des personnes qui prennent pitié de leur sort les réclament. Ils le deviennent encore, lorsque la société leur donne un patron; ce qu'elle ne fait qu'avec circonspection : il faut, pour cela, que, par leurs progrés dans les ateliers et à l'école élémentaire, ils aient acquis une instruction suffisante et donné des preuves de leur persévérance à apprendre une profession.

Quatorze ateliers sont en activité dans la maison ; trois n'ont d'autre objet que d'occuper les en fans qui, par le peu de durée de leur détention, ne pourraient le faire avec avantage pour leur instruction : ils occupent aussi les prévenus Jusqu'au moment de leur Jugement.

Onze ateliers offrent aux condamnés un enseignement industriel plus ou moins fructueux : les uns ont l'avantage de former des ouvriers qui, quelque part qu'ils aillent résider , pourront trouver à gagner leur vie ; d'autres ont pour objet des arts qui exigeront de la part de nos jeunes gens l'obligation d'habiter de grandes villes, parce que là seulement existera pour eux la posfibiiité d'en tirer parti.

Vous avez sous les yeux, Messieurs, divers produits de ces ateliers, ils vous montrent quelle est l'aptitude de nos détenus, et ce qu'on peut attendre de leur intelligence. Il est certain que si leur instruction pouvait se compléter dans chacune des professions qu'on cherche à leur apprendre , leur avenir donnerait peu d'inquiétudes ; car il n'en est aucune dans laquelle un ouvrier habile ne puisse espérer de gagner de 3 jusqu'à 5 et même 6 fr. par jour.

Mais je n'oserais assurer que nos jeunes gens le perfectionnent assez pour acquérir un état, ou même pour y persévérer à leur sortie du pénitencier ; ec qui le prouve, c'est que la plupart en changent lorsqu'ils obtiennent leur libération, ou, s'ils persistent, ils se voient obligés de recommencer un apprentissage pour lequel on leur tient peu de compte du temps qu'ils y ont déjà employé. Gela ne viendrait-il pas de ce qu'en général on ne varie pas assez leurs travaux ? Ainsi l'enfant qui est placé dans l'atelier de serrurerie fait toute l'année la même pièce ; on pourrait en dire autant de quelques autres *• sans doute le jeune ouvrier confectionne avec plus de perfection l'objet dont le travail pour lui se répète chaque jour; mais dans l'ignorsnce où le place ce travail, exclusif des autres parties de sa profession, 11 est hors d'état, quoiqu'il ait passé un long temps dans l'atelier, de se créer par-là des moyens d'existence.

D'autres ateliers, tels que ceux de peintures sur verre et de fourchettes de parapluie, apprennent peu de chose et ne présentent réellement pas de sérieuses ressources pour l'avenir.

Ceux où les détenus acquièrent des professions véritablement profitables, et dans lesquels llf peuvent jusqu'à un certain point compléter leur Instruction, •ont ceux de tourneurs en chaises, de menuisiers, de tabletterie , de cordon^

Iplejri etde fpMftiîeieravàehef : u^^fomneÎNMM t^ lieBite;4À%Hui^ ^M y oKt^ o^péi pentanl lâKteaM aiiez m^ \e\tt. vk^Sà, Htu ^MSmeid de leur liblhUiaii, nous dtyifwt piaf facile^ :. -^ - * %. ". yianmoins, goilqayi||coiftplct qnf UrtiK IHw l'en^giyMiiapt indoitriel qon ^

Treçoiveat les jeunes déleou » on i|plàvi|iie éhaqneflm^ w perieGUoimeiieiit progressif dons leùft^yaux iiiaBiels»ee qui est prom^par j'aeeroisseAent tiéé seiflM du produit de €^j(amm.'J^l, fal^9\^^ pifdvit jMtfutde 2g,877 fr. ; If a été, en 18»^, éenfi^^^' 9hj^t^40 tt. féèÊOoMA qui^re |>reiiiier8>«i«is de 1836^ ^ ^'^ ît >^ '^^'^f^'*-^

QjB.pfedail»Aityis»w trois pArts, comine^daui' les b«UsjM|I. déteuUon : ^qm ^aauya<^^ i. FaiitrepMBifir* P«utF^rn|e ,£e 11119e qui, réunie daM^nue e^8se;pkrtie«Hitire i la préfecture d^ pt^lfl^, i|st restituée à Ventant an mmDent de sa li)iéraiAni|^ troisi^é) par^ forp^a <sjb queA.dans les autres prisons, ao appelle le denier ^fkfiêék^. Préeédeiament crilMtétait remise: toutMntière chaque semaine aa défont pour se procurer les Mnemrs que sa position pouvait lui faire tiésifer : on a reeonnu que cet argenl senconsommait sans fruit, et depuis deux an^a mi^tié seulfinienlten estdonnéK V^^^ tre moitié est yersée ^ns une caisse Jenue* par. le dflfeAsiis^'et emrf ti ff i é g é mesur|^d^ besoUis du.^tenn ^ en acw d'oblefé^ piopreeà son itsi^^ÉAùe radi^nistrationSe^4itpas. . V«* .«- ^9^^

cijiji moitié s'accroît eiieore des ittenoes que -4e directeur ftdt sur l'argent remis en'espècesi l'enfant, lorsque sa eondltite peu régulière a donné lien i ce genre de punitilm ; elle s'acerott enfin lorsque, par esprlMMcènomie, \t^ détenus font Yolon^i^irement l'abandon d'une partie de Jour déniée de'lioche. Il est ainsi ,Tcrsé €haqne«Bèeis da^s la caisse des dépôts oiTfton gÔO fr. Depufs deux ans qu'elle est inftituée, elle a reçu %850 fr., dAit^^S de la moitié , 8,694 fr., a été restituée au dépasansrail moment rjdeirleur sortie , et a accru leur masse; 6,206 fr. entêté fburÀfs pendait la dét0ition cjn effets, et le reste ou 1,961 fr. en argent. *. • » ' #

L'établissement de cette caisse eii un TéritaMe bidfait, en ce qu'elle permet d'employer à des objets utiles ou il'accfolkiemfint jes9iass# une partie des sommes qui se gaspillaient^péiUfantetse perdaient en frifolitésouen goujpiandises.

Outre ce qA'on leur remet en aigent, dps enlsns reçfftent eneor^quelqu^ gratifications à titre ^e récompraise, lorsqu'ils ont été les preipiers dans les ^ateliers et à l'écoie, en qu'en général on a été satisfait de leur conduite. JrUSr qu'à présent 11 leur a été distribué à ^e ^itre 60 fr. par mois, sayoir : 35 fr. à l^école, et 15 fr. pour leur bonn» conduite > c'est la société de patronage qui fait les frais de cette distribution ; comme elle est jugée insoffisante,- et qu'on croit qu'il serait util» d'augmenter ce moyen d'encouragement, la société portera eette somme à 75 fr. psr mois.

I . J*«it|Mrié,M<ttliMiri, et réeole élèOMDtaire, ce n'est qu'au mob de Juillet

iM^^le fut buTerte.; ft l'heure qif il est, 3S1 élè? es nUfeot les leçons de leàure et d'écriture : cliacun de ces deux ei^igiieqieii| ee compose de liuU jDltsses: sur ces 831 Alèves, 60 eitinm méritent (|Pil4 «|gM|és4»ar leur «f%llcatloB el leurs progrès ; leur inteUlgeace est peu commune et Us détiendraient sArément dessoieU très distingués» s'ils se^trouvalent dans une position so-

I c!a1e qui permit de donner plus de déuQkUpemttt à leur éducation. Les pro-

grès de ITO entres soni moins Birquésî.tar apiRcatlon laisse à désirer; néanmoins le Uen de leur part l'emporte sur le mal t le reste» c'est à-dire une cenlaInèeBfiMn, fslt mUIre le regret qi|;;un temps plus long ne puisse être eonsacrè à Imt fwtrinetlonjatrtt fue le peu de satisCaeHon fuTlls donnent provienne d'une trt i W gp n ee pen amcée» soit qu'on doive l'attribuer à l'Impé-

" taosilé et à la Mgèralé de leir caractèié » lolt enfin qn'on n'ait pu taise encore

dlspàMAtre les ^es4e lenn premières années ; aussi est-ce pour ces derniers surtout que le ImsoIb de l'enseignement religieux se fait rivement sentir , Il aelièverailee qun le travail et les autres moyens disciplinaires ne peuvent que Men iépkrfaltement #Menlr.

Depuis quelque temps, des leçons dTvIthmétique sont ajoutées à celles d'écrl^iure^ de lecture ; 161 élèves suivent cet enieignement»qttl«%st divisé en ' fcix classes, et dans lequel des succès notables ont déjà été obtenus ; le dessin

linéaire et q ue l qu i^ jP êhmg de géométrie seront incessamment professés : en complétant F«asltgnement Industriel de nos détenus , ils rendront plus sensi- 'ue la nécessité d'augmenter pdnr eux le temps consacré é l'instruction intelIectueTle.

lA cbant ebvoo&nun, Intfodttitil y a deux ans, continue à produire de bons effets ; nuidoute maintenaM qifll ne corrige Tàpreté des mceurs, qu'il n'épure el élève l'àm^i el quil ne dépose le eœur aux affeeUons bienveillantes et douces. Ce qui pronvp que oei enseignement profite, c'est le goût qnfy prennent les^tenui : alnsU c'est en chantant qu'As passent de l'atetter i l'étude, et de l'éludé aux lieux de récréation et an réfectoire; c'est par des chants aussi qu'ils adressent leuft prièret Ji Dieu : et les paroles qu'ils prononcent^ choisies avec le s<«in le plus attentif, sont dénature à laisser en eux des impressions profbç^el^ont l'attraR garantit toujours la durée.

Il eit à regretter qu'un certain nombre de détenus soient éloignés desate> liers et de l'école élémentaire, par la nécessité où l'on est de>les affectera titre d'^uxHialres au serrice de peine et ée propreté de la maison. On y trouve de réconomie , en ce qu'ils dispensent de salarier des étrangers ; mais c'est aux dépens de l'instruction de ces malheureux enfans, qui n'apprennent rien, qui, uu moment de leur libération, sont presque toujours incapables de se placer , et qui deviennent par-là une grande charge poupla société. Nous sommes faeureu x

( 267 ) de pouvoir annoncer que Tadministration, frappée de cet Inconvénient, a*oecape d'y ponrToir. -

Deai foii le Jour, à dfx heures et à quatre heures, les détenus prannantleur repas dans un réfectoire commun. En se levant ils reçoivent wi morceau de pain qalls mangent immédiatement, debout et lorsqu'ils forment encore le rang pour se rendre aux ateliers. Ils réservent à leur dîner un MmblalSl^ morceau de pain qu'ils mangent encore avant de se coacher et deU inéme manière.

L'état sanitaire de la liiaisoa a labsé dans lel derniers temps qneUpe chose à désirer. La mortalité s'y est accrue dans une proportion qui ne tevble pas : en rapport avec l'âge et le nombre des détenus. Elle a été de 30 déeèi en |A6 sur une population de 38!^, (tr.de 12 pour les cinq premiersmoto de 1836, lors- ,• qu'elle n'avait été que de '11 en 1834 sur use population analogue , et de 2ep, 1832 sur 276 enbns. Tous, à l'exception de six ou sept, put succombé à la suite de maladies chropiques, qui, dès le début, se sont manifestée» a:vec eeearacr. tère. Les affectfôns qu'on a le iHus à combattre sont les catarrhes pulmonaires, les pneumonies, les phthisfes abdominalef , l'ophtalmie scrofùleuse. Pour expliquer la nature de semblables maladies. Il faut admettre Texlstence de caufies qui agissent lentement et d'une manière inansible. Ne semble-t-il pas, dèi lors, naturel de croire que ces causes sontlnhérentei soft é la localité, soit au régime de Umaison P Ce qui donne à cette saj^posilion unêiioi{{[|irii!i:jforcr, c'est que le plus grand nombre des décès ar Uèn parmi les enfaBrgni'ônt sé-^ joumé le plus long-temps dans l'établisseoHnt ; et c'est awipi f»^ explique ^ pourquoi ils sont devenus plus firéquens' que dans les premttçéi ^«^es.

Nous sommes heureux. Messieurs, de nealgnalvr le mal\|ufftf0c U <|([^titude d'en voir bientôt le terme. Quant aux causes locales, ellep ,çi|mJlli^1i^Mmi^,' les détenus habiteront le nouTcau pénitender, pins sain, pîtèta;ijM*^pl4^1^ est destiné ; lorsqu'il sera permis de 1rs placer ta nuit dto dei cdM^||bparées , que le genre de vice si faUl à renrance,'doiit peat sent la prépeiinr lisolement pendant les heures du repos, ne sera plut à redouter, .tt que la propreté du corps pourra être habituellement entnieàne par ToHgç de bains périodiques, moyen d'hygiène qnf^ depuis prèf dSiM innée , a pre/que constamment mm" que aux détenus, par suite des mesures tni^piratofres que qéeessite leur transfert dans la nouvelle maifon. - .

Eelativement aux causes qui penTtnt tenir aU' régime ^imeijitaire, nous n'avons & soumettre que dt simples dou^ à rjadm&istealiôn^ dont le^èle et l'iramaniténe nous permettent, pas de dealer qu'elfe en fera L'objet d'une appr^ dation aussi attentive qu'éclairée. ' .^c *,i

Il faut blense-pénétrer de;^rJdâ> que le iSH^e de Cas jcimes constitutions, qui se développent avec'les années,. na-^tU pal être absolument le même que^

( 268 ) çelaldc* honmei blti. Le» pragrè* de U «oliincg rAcliBNil, menu eoQiommiUoii plus abondinte, im allmtns pins fortifluu et pin» ntetiniieli; DM jtBMt détouui oDt de le viande deai foii par tenuLne ■. ee serait euffluDl pour d« adnllet , wl-ce »»ez pour de* tnbosP Lei aatresjonra, lia ncolfenl nw une HTre et demie de pain dei tIttcs maigrei en petite qauUli M oenliitinlenlégDBaeiiecfpea natrltihetde difficile dl|eation:à laTtritéTadnbbtntloii aatorfie le mtdeelD de la ■laiion 1 demander bd lopplément de rattonpoorlei entins qu'il jage en iTOlr beioin; nuls cela eit l'eicepilon, tt c'Mt de l'aueBUe dn rtglrae qu'il l't^l id. Lon eiuiité qa'artive le diman- Ae, atqM leidtleuf recoirent leir denier de pocbe, 11» h dédommagent dafritatliMa qn'iti ont épToméci pendanl la lemaine en acbetant dn Tlrrei à la eanllM; letiabiUiDCe* qu'il* a'y procurent ne «oui Balhcnreaiemait pu danalorei roitlfler; eUei coubtent le pini touvent m charcnlede, en Uamage, en fnlti peu mOrs; lli le gorgent entre neinre de cea aHmeru, qa'lU , rccvlvenl ipulqnetais aniil do ddion.

Aprèi lea auèi dn dlnanelM Tiennent lei bidlipoiltioDi qui en aonl l'inivl-

tal>l« couftonMiM, el q«l, ploeiesn foli répétéca, amènent lei InflammaUmH

chroBlqMi dani le earaeière grave rlaiila trap touTCDl ini reaiourcei de

r«rt.

i Sir«i Joint ie» canes lea longaei heaiM coniaertci au travail daui la»

/ atellen ,'dli eo été, neuf an hiver, outre nne lieare et demie d'école, lortqu'm

t . dernier acte dn parlemml angUli lnt«rdlt ara ebeT* d'atellen la faculté do

1 faire travailler Im enhu an-ddi do faennle-troli heures par Hmalne; si on

T ajoute ^nOnrahaenea da tont azerelee, taa détenus tfaïent <|u'bm heure et

demie do récréation prise é trois dlStrena momns de la Journée , dans des

',4Durfl étroites et fon oétées, nons anmna la série des objeeUMuplosouBolDi

^ sptétMisei, plss on mrini hodéet. osa pe«t unlevet la i4glme de la aalton

péHilaollalre. '

LapopulalioD vulabtedapénttenclareitainriqn'll suit :aaf Janvier 1S36

J U eiiitaU dam U malsan 3SS détanusj 11 an est snetesslvamral entrédani le coura

de la méiioannée 44S, ce qnl portéà BS8 la noBvement de IS3&. Fendant Mtio

"^ firtode de temps, il en est lorll. Us ins spréi aeqnlltement, les astres à l'ei-

^ ptraUon de leur psiaa, 484' ; H an mtalt do&e 364 au 1" Janvier 1836. Depula

\ et pendant Us cinq mois qui viennent de f éconler, 11 en est eniré lt4| ce qii(

' parla i 63B Je mdBveqiMl de «le doq piramtaa molt : snr ce nombre, Il e« aat

*" sorti I3S; do lorto que U roipUtkiD réelle de k maison, au 81 md denlar,

âu\ de 390. — Ce dernier eUne Mt celai da U popuUtlon permanente. Jaa-

) ,qg'lci il a été i peu prég le même chaque anaé»; mais ee ^nl «st digne de i^-

I marque, e^ett qae eelnl des Jogto aoiBente ét^flo edol dea préveoBS dlmlniie

snaibUment: cette diminution «il de pria de moitié. Aloai.svr les SMenfans

( 269 ) (|«e renferme daiM ce moment le pénitencier , on ne compte que &0 préTenni , tandis qae précédemment ce nombre eicédalt toujours 100. Gda montre. Metsienrs, le» boni efléti dn paUx>nage : atant qn'U fôt établi, on retnarqualt parmi les détenus des enfans qui étalent revenus dans la prison jusqu'à deni» trois et même quatre fols : le nombre en était considérable ; aujourd'hui 11 ne s'en trouve que neuf en récidiye. Yons deyei tous applaudir de ce résultat, car il TOUS est éû : c'est par tos soins que les Jeunes libérés sont préservés des dangers qui les menaçaient avant vous ; c'est par vos soins aussi que lorsqu'ils sont rondos à la société, ils cessent de propager la corruption parmi les i nfans de leur Age. D'un autre côté, les magistrats dia tribunal de la Seine, convaincus que la régénération d'un Jeune délinquant ne peut pas s'obtenir en quelques mois, prononcent des condamnations plus longues ; ces condamnations, qui n'atteignent leur but que par leur durée , devraient ne jamais être moindres de deu ans : ce temps est nécessaire A l'instruction des condamnés. La société , en les prenant sous son patronage , ne pourrait espérer de les ramener, au bien s'ils avaient été soumis pendant moins de temps à la discipline réformatrice et sévère du pénitencier. C'est donc l'augmentation dans la durée de la peine qui accroît le nombre des Jugés, et qui le rend^ si dlsproportosné à èelul des prévenus. Mais cette disproportion est d'vn bon augure : elle annonce aussi une amélioration sensible dins la moralité des Jeunes enfans de la capitale, qui précédemment recrutaient le pénitencier , et elle fait espérer que la décroissance dans le nombre des prévenus ne s'arrêtera pas ; elle doit, avec le temps, âtÂener une décroissance égale dan& la population de la maison.

Gehii qai observe attentivement les effets du régime disciplinaire sur nos détenus, aperçoit avec satisfaction, d'année en année, combien la régie établie exerce sur eux d*influ«ice. — Dans les premiers temps, il fallait punir des ré- Toltes, dés faits graves d'insubordination, des vols, des querelles et autres actes très répréhenslbles : le Jeu surtout était la passion dominante. Aujourd'hui les punitions pour de telles otnses sont très rares; en en est presque arrivé, comme dans les collèges, A n'avoir à punir qàe des fautes légères, le mensonge, l'insolence, la paresse. Trois ou quatre' Jours paf ses dans la cellule solitaire, des retenues sur le denier de poche dont S'enrichit la caisse d'épargne de ta maison, sont les corrections les plus ordinaires, exiles suffisent presque toujours aux nécessités de ce gelire de répression. «

Ce que J'appellerais peut^tre improprement l'esprit de corps, qui, dans toutes les prisons, corniste A s'imir contre l'adinhiistration intérieure, toutes les fotS'qn'ily a intérêt Aie faire, eu A prendre parti en^faveur d'un détenu qui est en fk|iita, ci à,eeler sei torts, cet esprit tend sensiblement A s'éteindre.

iiCa èëtiMiB lent embrigadés tout des caporaux et jtls sergens toi^ours ehol-. s^s'pattBlles nlnllleurs sujets : cette dlltinct|^ est une récompense de leur

« bonne conduite. Aojoard'hni les détenus honorés de ce grade s*en montrent

t ^ l^esqne toujours dignes ; les premiers à maintenir l'ordre et la discipline. Us

nHiésitent pas à signaler ceux de leurs camarades qui man<iuent à leurs dedevolrs, et, dans raccomplissement de ces délicates fonctions, ils se font ordinairement remarquer par un sentiment de Justice qui prouye les progrès de leur raison, et qui donne les meilleures garanties pour leur avenir. \ Ces grades sont un grand sujet d'émulation; ceni qui les obtiennent de-

viennent ainsi les premiers suryelllani de leurs camarades : non que leur surveillance dégénère en cet espionnage qui corrompt le ccenr de celui qui l'exerce, en même temps qu'il indispose ceux qui en lont l'objet ; mais comme elle est avouée, loyale, et qu'une certaine autorité y est attachée, nul ne cber- « che à en décliner la légitime action , parce que sa nécessité est reconnue de

tons.

Enfin un vêtement d'honneur, dont la couleur est bleue , tandis que l'uniforme de la maison est gris , est accordé à seize des meilleurs sujets. Le désir de l'obtenir est encore un stimulant qui produit les meilleurs effets. [• * Les défauts de nos jeunes gens tiennent aux causes qui les ont amenés dans

, la maison. Parmi ces causes, le vabondage occupe le premier rang, la mendi-

\ i cité le second, et le vol le troisième : alnii les détenus pour la première et la

seonde de ces causes, sont essentiellement paresseux ; ce n'est qu'à force de discipline, et après les avoir soumis long-temps à la règle de la maif on, qu'on i parvient i^aincre ce penchant et à les rendre laborieux. Les antres, plus ac-

tes, d'un, caractère pi os énergique, sont aussi plus dissimulés; lé mensonge est leur défaqt dominant, mais en général ils sont plus faciles à ramener au bien : car c'est ui^e chose digne d'observation , qu'on triomphe plus promptement des vices dn cœur que de l'indolenfe du caractère et de la longue habitude de l'oisiveté.

Les autres défauts qu'on remarque dans la maison, mais moins graves que les précédens, sont le manque d'ordre et de propreté, pour lesquels, on ne saurait trop se montrer sévère, surtout si l'on songe combien l'ordre physique a de puissance et combien 11 influe sur le sentiment moral. Enfin, Tabsence de toute économie annonce chez la plupart de nos enfans combien peu ils sont soucieux de l'avenir ; ce n'e^^, pour quelques-uns, que dans les derniers mois de leur séjpur au pénitencier, et en vue de leur prochaine libération, qu'ils songent à économiser et à faire des dépôts à la caisse de la maison.

Mais, Messieurs, si je parle des défauts de nos Jeunes détenus. Je ne dois pas taire leurs bonnes qualltés^^e vous ai déjà entretenus de leur reconnaisssnce pour les hommes honorables qui leur donnent tous leurs soins ; Ik plupart sont généreux à l'excès : eh les a vus faire des collectes entre eux pour de bonnes actions ; plusieurs se privent des douceurs que le denier ^ pnehf poixr«^

Sf

(271 ) rftit leur procurer, et remploient avec bonheur à soulager la misère de leurs parens. J'aurais beaucoup à citer, si, sortant des généralités, je tous rapportais tous les traits qui honorent notre jeune famille.

Parmi eux il en est beaucoup qui bien dirigés, et avec Taide de notre officieux patronage, deviendront certainement d'honnêtes ouvriers, d'utiles citoyens, et qui prendront dans la société le rang qu'une bonne conduite eit tonjours assurée d'y obtenir.

Les trois cent quatre-vingt-dix jeunes gens qui étaient au pénitencier le !•' de ce mois, peuvent être ainsi classés : un dixième montre les meilleures dispositions; ce sont des sujets excellent qu'aucun genre de punition n'atteint jamais, qui travaillent avec goût, qui méritent d'être souvent placés sur le tableau d'honneur, et qui souvent obtiennent les dignités de la maison: six dixièmes, tans s'être fait distinguer aussi favorablement, ne doivent pas moins être classés parmi les bons ; ils sont appliqués, laborieux, il leur manque seulement cette ardeur, cette émulation qui ont fait placer les autres au premitr rang : deux dixièmes se composent de sujets douteux ; il y a chez eux un mélange de bien et de mal qui ne permet pas de porter sur leur compte un jugement assuré: le dernier dixième enfin a besoin des soins les plus soutenus pour combattre ce qu'il y a en eux d'apathie, d'indolence et de mauvais penchans.

La conduite des détenus n'est pas toujours un signe certain dé ce qu'ils seront après leur libération : beaucoup d'entre eux trompent toutes les prévisions. Souvent tel enfant d'un caractère doux et facile est excellent prisonnier, qui, lorsqu'il est devenu libre, ne sachant pas résitter aux excitations dont il peut devenir l'objet, succombe promptement; tel autre indompté, violent, et qui, an pénitencier, a été souvent en punition, trouve dans l'énergie même de son caractère, et Ion qu'une fois il a formé la résolution de se bien conduire , une force suffisante pour la tenir et pour vaincre ses pernicieuses inclinations

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