‹ De la réforme parlementaire en de la réforme électoraleChapitre 12 sur 20 · LE ROI RÉGNE ET NE GOUVERNE PAS · texte numérisé non relu

LE ROI RÉGNE ET NE GOUVERNE PAS

« Nous voici encore aux prises avec les publicistes ministériels , sur la forme de notre monarchie et sur la limite du pouvoir royal et du pouvoir parlementaire. Ces messieurs ont fait un aveu que nous nous empressons de recueillir : c'est

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qu’en Angleterre, le ministère est constamment choisi dans la majorité' des Chambres et ne reçoit sa mission que des Chambres ; c’est que les Chambres, en Angleterre, choisissent les ministres. Nous citons l’expression textuelle de messieurs les publicistes ministériels. Ils se hâtent d'expliquer pourquoi cela est ainsi : c’est parce que , diseut-ils , en Angleterre , les Chambres ont l’initiative des lois, et qu 'initiative et choix des ministres sont deux facultés dont l'une suppose t autre.

» La monarchie anglaise n’est donc point , suivant eux , la monarchie française; et, de cette manière, ils se sauvent des conséquences de leur aveu. Resterait alors à prouver qu’il n’y a, sous le rapport des attributions rovales et parlementaires, aucune différence entre la France et l’Angleterre. C’est ce que nous croyons, en effet, et cela très-sincèrement. Nous pensons qu’il n’y a qu'une seule forme de monarchie représentative possible; que la différence entre l’Angleterre et la France est uniquement dans l’état social , tout féodal , tout aristocratique encore dans un pays , et complètement révolutionnaire dans l'autre; mais que les attributions des pouvoirs y sont identiquement les mêmes, parce qu’ils ne peuvent pas varier, parce que la monarchie représentative , établie en Espagne, en Italie, en Allemagne, en Russie, se trouverait partout la même, quoique dans un milieu différent. C’est un système dont toutes les parties sont nécessaires et ne sauraient changer.

» L’espace et le temps nous obligent de remettre à demain cette question si grave; mais nous allons répondre à trois objections principales des écrivains ministériels, qui nous paraissent un peu plus nouvelles que celles dont ils ont fait habituellement usage jusqu’ici.

» Nous allons les présenter avec tout le soin et toute la clarté possibles, et ou jugera, aux efforts que nous allons faire pour les bien exposer, si ces objections nous embarrassent beaucoup.

» Les ministres n’ont encore rien fait , rien absolument :

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c'est donc la préférence du roi qu’on attaque dans une adresse improbative; c'est son droit de choisir, c’est sa prérogative qu’on envahit.

» Le roi n’est plus alors chef suprême de f État , comme le veut l’article 14 ; il n'est même plus premier fonctionnaire public , car jamais on ne donna à un chef d’administration un aide malgré lui-mème : « un esprit de convenance, à défaut » de loi écrite, a introduit dans tous les établissements civils » et militaires , quelle que soit leur nature, que les subalternes » doivent être agréables à leurs chefs. »

» Il résulte de là encore que l’administration passe dans les mains d’un pouvoir incapable d’administrer : ce sont les Chambres. SI elles nomment les ministres , elles nommeront aussi les préfets, les maires, etc. Le roi perdra ainsi toutes ses attributions. On lui conteste déjà le droit de paix et de guerre, on lui conteste la nomination des ministres : on le dépouillera successivement de son pouvoir tout entier.

» Sauf les lamentations d’usage , voilà, nous le croyons, les objections de messieurs du ministère.

» Reprenons-les une à une.

» II est vrai que les ministres n’ont rien fait, rien du tout, qu’altérer la magistrature et augmenter le nombre des inamovibles de leur choix , autant que les mortalités de l’hiver le leur ont permis. Ce ne sont pas leurs actes que nous attaquons, cela est vrai. — Vous contrôle* doue, nous dira-t-on, les préférences du roi? — Ce ne sont pas ses préférences que nous contrôlons, car elles ne nous regardent pas; mais le choix d'hommes que la notoriété publique, suffisante en cette matière , désigne comme ennemis de nos institutions. — Mais , ajoute-t-on , vous vous trompez : ils ne sont pas ennemis de ces Institutions. — Si nous nous trompons, c’est un malheur; mais , ijtiuiul tout le monde a tort , tout le monde a raison. D’ailleurs, ces hommes entendent nos institutions autrement que nous , et la manière de les entendre est aujourd'hui la question

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