DK LA RÉFORME PARLEMENTAIRE
tionnaires, dont 14 ou 15 tout au plus se croient obligés de quitter leur place quand le ministère est renversé.
Ce n'est pas tout, et voici qui parle plus clairement encore : en 1834, sur les 144 fonctionnairesdéputés, il y en avait 60 qui votaient avec l’opposition. En 1844, il y en avait 48 sur 167; et, en 1846, 44 sur 184. Il y en a, aujourd'hui, 33 sur 193. Il résulte de là que, la majorité absolue restant fixée au chiffre de 430, on compte dans cette majorité : en 1834, 76 fonctionnaires; en 1844, 141 ; en 1846, 1 40 ; aujourd'hui ,160. Que dit-on de la progression ? N'est-elle pas tout à fait rassurante, et n’estr-ce pas fort à tort que l’opposition s’alarme pour l’indépendance de la Chambre et pour l'avenir du gouvernement représentatif?
Ce chiffre, tout énorme qo’il est, n’est d’ailleurs pas le chiffre véritable. Je citais tout à l’heure le bill par lequel Fox , en 1784, fit assimiler aux fonctionnaires salariés tous ceux qui avaient un intérêt direct ou indirect dans des marchés passés avec l’État. Croit-on que cette assimilation soit fausse, ou qu’en France, l’abus dont il s’agit soit moins à craindre qu’en Angleterre? Qu'aux 160 députés fonctionnaires on ajoute ceux que le bill de Fox exclurait, et qu’on dise si, en définitive, plus des deux tiers des membres de la majorité ne se trouvent pas , soit par leurs fonctions, soit par leurs intérêts privés, en rapport direct, étroit, avec les ministres. Je ne parle