‹ De la Réforme parlementaire et de la réforme électoraleChapitre 76 sur 139 · DE LA REFORME PARLEMENTAIRE. M · texte numérisé non relu

DE LA REFORME PARLEMENTAIRE. M

ceux qui croient la toi de 18:10 suffisante profitent de ses dissentiments. Il est donc utile d'examiner par avance si, sur quelques points au moins, on ne pourrait pas s’accorder. Parmi les remèdes proposés, il en est d’abord un qui trancherait dans le vif : c’est celui qui, ainsi que le voulait la majorité des Communes, en 1 706 et 1 7i0, poserait en principe l'exclusion absolue des fonctionnaires, tout en exceptant de la règle commune certains emplois politiques. De cette façon, on limiterait strictement le nombre des fonctionnaires, et on fermerait la porte à toute nomination, à tout avancement scandaleux. Si la constitution sociale de la France ressemblait à celle de l'Angleterre, j’inclinerais fort vers ce remède, tout radical qu’il est. Mais le législateur, s’il est sensé, doit tenir compte des faits et ne pas bâtir dans le vide. Or, il faut reconnaître que la France ne possède pas, comme l’Angleterre, une classe élevée pour la vie publique, et qui se destine, dès l’enfance, non aux emplois, mais au gouvernement, toi Chambre des députés doit donc se recruter indistinctement dans les diverses professions dont la société se compose ; et , parmi ces professions , celle de fonctionnaire est incontestablement une des plus nombreuses, une des plus honorables, une des plus éclairées, peut-être même une de celles où l’idée de l inlérêt public s’efface le moins devant celle de l intérêt privé. Comment sans injustice, sans dommage pour le pays, exclure de la Chambre cette profession tout entière?

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