‹ De la Réforme parlementaire et de la réforme électoraleChapitre 75 sur 139 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

que j'ai déjà cité. Quand les électeurs attendent de leur député non des Voles indépendants, mais des faveurs personnelles, pourquoi, comment ne le rééliraienl-ils pas au moment où son crédit augmente , où son pouvoir s'affermit? Ce serait rompre son bail à la veille d’une récolte abondante , abandonner sa propriété quand elle est en pleine valeur. Tout ce que l’on peut demander, c’est une part proportionnelle au produit, et, dans certains moments, cela ne se refuse guère.

Est-il besoin d’en dire davantage pour prouver que la loi de 1830 n'a point diminué le nombre des députés fonctionnaires, quelle n’a prévenu aucun scandale, quelle n'a réprimé aucun abus, et que les paroles si sévères de M. de Broglie, en 1 828, sont aujourd'hui aussi vraies , plus vraies qu’elles ne l'étaient à cette époque? Maintenant, à ceux qui , pour se dispenser de rien faire en 1 847 , se retranchent sans cesse derrière ce qu’on a fait en 1830, j'adresse cette seule question : quand à une maladie bien constatée , bien définie la médecine a opposé un remède qu’elle croyait efficace, mais qui a complètement échoué , que lui reste-t-il à faire? Doit-elle s'en tenir au remède qui a échoué, ou en chercher un autre? laisser mourir le malade ou avouer qu’elle s’est trompée?

Il faut, d’ailleurs, en convenir : si l’opposition tout entière est d’accord sur le mal , elle ne l’est pas au même point sur le remède; et tout naturellement

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