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REPTILES

Chez les poissons les plus jeunes et dans quelques espèces la régénération a paru se faire très-vile.

La nageoire caudale se régénère plus vile, d'après Broussonet, que les nageoires du ventre et de la poitrine. « Celles-ci, dit*il, qui sont destinées à soutenir le poisson à une même hauteur et à favoriser ses mouvements latéraux, ont été beaucoup plus tôt rétablies que celles du dos, dans lesquelles je pouvais à peine distinguer les nouveaux rayons sept mois- après les avoir coupées. x>

Broussonet attribuera régénération plus rapide de la nageoire caudale et des nageoires pectorales à Tutililé très-grande que ces nageoires possèdent pour soutenir l'animal.

Nous croyons utile de faire remarquer qu'ici se trouve un exemple très- remarquable de ce fait que dans la régénération les parties se montrent dans le même ordre que dans la formation embryonnaire.

Or, chez le poisson, l'extrémité caudale se détache de bonne heure du vitellus par un resserrement assez profond. Rusconi a constaté aussi que les nageoires pectorales et la vessie natatoiœ se développaient presque immédiatement après l'éclosion. Ces résultats nousexpliquentdoncclairement pourquoi la régénération des nageoires caudale et pectorale se font plus rapidement que celle des autres nageoires. De même chez certains animaux et chez les vers en particulier, comme l'a signalé Spallanzani, les parties antérieures, qui appaniissent plus vite que les parties postérieures, lors de leur développement se régénèrent aussi plus vite, lorsqu'elles viennent à être retranchées.

§ 2. — Régénérations chez les reptiles (lézards et salamandres.)

Spallanzani (1) dit que la queue des lézards se reproduit avec ses nerfs et ses vaisseaux normaux.

Ce singulier phénomène de la régénération des queues chez le lézard avait été aussi observé par les naturalistes de l'antiquité (2).

(1) SpaUanzani, Prodromà di tm* opéra da imptimeni sopra le reproduztoni animalû 1768.

(2) Pliae, Historia mundi, lib. XXTX, cap. 38.

Les scingues, les orvets et enfin les geckos peuvent se rompre facilement la queue et réparer aisément celte perte.

H.MtilIer (i) a publié sur ce sujet des observations intéressantes. Mais les premiers physiologistes qui se sont occupés de celte question ont eu le tort do croire avec Dugès que la nouvelle queue régénérée conservait indéfiniment le tissu cartilagineux qu'elle présente au début.

Le squelette, il est vrai, n'est représenté au début que par un tube cartilagineux; mais, au bout d'un an, un os parfait existe.

Les salamandres offrent aussi des exemples curieux de régénération ; on peut facilement voir ces animaux reproduire les pattes, la queue. — La perte de la queue est immédiatement réparée. — Wallon pas, disons-le en passant, évidemment aussi affaire, dans ces cas, h une reproduction complète de la partie postérieure de la moelle épinière.

Rudolphi, SIeinbuch, Blumenbach ont fait des expériences à peu près semblables sur la salamandre, les mêmes résultats ont été obtenus.

Citons encore parmi les auteurs qui se sont surtout occupés de cette régénération de la queue et des membres des triions et des salamandres, Platerelti (2), Murray (3) et Bonnet (4). Des expériences plus récentes ont été faites par Siebold (5) et par Tood (6).

(0 Mûller, Fine Eidechse , Lacerta viridis,^ mit zicei ftber einander gelagerten Schtvànien welche beide als dos Produkt einer ùben^ichten und durch feinern Bau des wiedererzeugten bemerkenswerther Reproduktionskraft erscheinen (Vcrhandlungen der Phys. med. GesseUschafl in Wùrsbourg. 1952, t. II. p. 66).

(2) Platerelti, Sulla riproduzione délie gambe e délia coda délie Salamandre aquajicole {Sceltadiopuscoliinteress.f l. XXVU, p. 18).

(3) Murray, Comment, de redintegratione partium nexu suo seïedarum vel amissarum. GotUngue, 1787.

(4) Cb. Bonnet, Sur la reproduction des membres de la salamandre aquatique {Œuvres d^ histoire naturelle et de philosophie, !'• partie, t.V, p. 177).

(5) Siebold, Observationes quœdam de salamandris et trilonibus^ cap. iv. Berolini.

(6) Tood, On ihe Process of Reproduction ofthe members of the aquatic Salamander {Quarterly Journal ofthe Royal Institution. 1824, t. XVI, p. 84).

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Rudolphi a étudié en outre l'état des nerfs dans les pattes qui s'étaient régénérées, et il a vu ce fait : que dans la patte régénérée les nerfs no sont pas séparés de ceux du tronçon par aucune limite distincte.

Les pattes de la salamandre sont, avons-nous dit, susceptibles de se reproduire avec une grande facilité. Dans ces cas comme pour la queue du lézard, les muscles, les nerfs et les vaisseaux commencent à apparaître; le squelette est encore au débuta l'état cartilagineux, bientôt les ligaments articulaires apparaissent aussitôt que la segmentation s'est effectuée; mais si on attend un certain temps, les cartilages ne tardent pas à s'ossifier. Ceci nous engage donc à ne pas considérer comme exacte l'assertion des auteurs qui disent que la patte ou la queue régénérée n'est pas absolument semblable à la partie qui a été retranchée. Si ces observateurs avaient examiné la queue ou la patte de salamandre, non au début, mais après un certain temps (un an au moins), ils l'auraient vue complètement régénérée, c'es-à-dire avec ses parties constituantes, peau, muscles, nerfs, vaisseaux, os parfaits.

M. Philipeaux (1) est arrivé à des résultats fort curieux et que nous aurions à examiner plus au long si nou$ voulions essayer de faire une théorie générale des régénérations. Ses premières expériences lui avaient démontré que la rate enlevée chez les surmulots {mus ratus)^ et même chez les lapins, ne se régénère que lorsque l'on laisse une petite partie de cet organe en place; l'ablation complète s'oppose à toute régénération.

Plus tard, à propos des régénérations sur )es salamandres, il vit que, toutes les fois que l'on laissait en place une portion des membres, de la queue ou de la mâchoire inférieure (et il insiste avec raison sur ce point), il y avait véritable régénération.

Mais, si l'on vient à enlever le membre antérieur, par exemple, en comprenant dans l'ablation le scapulum, il n'y a pas trace de

(1) Philipeaux, Comptes rendm de V Académie des sciences. i866 et 1867.

régénération. Philipeaux noas a fait voir des salamandres qu'if conserve depuis fort longtemps, après leur avoir enlevé le membre antérieur avec le scapulum, et Ton peut s'assurer qu'aucune trace de régénération n'existe. L'axolotl (Siren pisciformis) se conduit exactement de môme que le triton crîstatus.

Laissez le scapulum, la partie se reproduira; enlevez le scapulum, toute régénération est devenue impossible. Pour la mâchoire, il en est de môme y c'est-à-dire que, si l'on enlève complètement la mâchoire, il n'y aura pas de régénération. Biumenbach a vu la mâchoire inférieure se régénérer chez les tritons. Des cas de régénérations ont été aussi observés sur les larves des tritons, et Steinbuch, ayant coupé la branchie d'une larve de triton, aperçut au second jour une vésicule limpide comme de l'eau, qui s'allongea peu à peu en cylindre, et dans laquelle au bout de quelques jours déjà, on distinguait des traces d'organisation et de circulation. — Spallanzani a aussi observé la régénération complète de la queue d'un têtard de grenouille, chez les très-jeun es grenouilles et crapauds; mais beaucoup plus tard et avec plus de lenteur que chez les salamandres.

Du reste les salamandres ont une vitalité très-grande, et nous ne croyons pas inutile de rappeler l'expérience suivante bien singulière, et qui pourrait donner lieu à de nombreuses considérations. « Nous avons emporté, dit M. Duméril(l),avec des ciseaux, les trois quarts de la tète d'un triton marbré. Cet animal, placé isolément au fond d'un large bocal de cristal, où nous avions soin de conserver de l'eau fraîche à la hauteur d'un demi-pouce, en prenant la précaution de la renouveler au moins une foischaquejour, a continué de vivre et d'agir lentement. » iS'est-il pas étonnant, de voir un animal privé de quatre sens, aussi importants que les yeux, les oreilles, les naseaux et la langue, ne vivre extérieurement que par le toucher.

({) Voir Dumérili Histoire des reptiles, t. ï, p. 206-210.

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