PLUMES
certaine époque de sou accroissement, la partie inférieure de ce bois s'épaissit à un (el point que les vaisseaux qui y passent sont assez comprimés pour qu'ils s'oblitèrent. C'est à cette obstruction des vaisseaux qu'est certainement due la chute du bois.
Il n'est pas rare non plus de voir, à la suite de plaie, le bois produire des parties nouvelles, qui font qu'il n'est plus alors aussi régulier. On peut de celte façon faire croître des andouillers à des points où il n'en serait certainement pas venu.
Les cerfs mal nourris, peu âgés, présentent des bois imparfaitement développés.
La castration arrête entièrement la régénération des bois.
§ 2. — Régénération des plumes chez les oiseaux.
Nous désirons entrer dans quelques considérations assez étendues à ce sujet, car l'étude de la régénération de la plume nous a paru intéressante.
De nouvelles expériences seraient certainement à faire afin de savoir surtout, si réellement les nerfs ont une influence sur le développement de la plume chez l'animal.
Nous pouvons cependant dire, jusqu'à présent, qu'un certain nombre de faits pathologiques el les lésions nerveuses chez les oiseaux semblent nous engager à penser que cette influence est réelle.
Les plumes, on le toit, se renouvellent entièrement une fois l'an, c'est-à-dire que les anciennes plumes arrivées à maturité tombent, pour céder la place à de nouvelles plus jeunes.
Tout le monde sait aussi qu'à l'époque où ce changement de plumes se fait (la mue), en automne, un grand nombre de maladies surviennent chez l'oiseau.
La régénération de la plume se produit cependant aussi en
dehors de cette période; et après l'arrachement d'une plume, l'on
peut voir une nouvelle plume venir remplacer celle qui avait été enlevée.
rsous allons examiner les différents résultats que l'on aobtenus, en expérimentant sur des pigeons, animaux très-favorables h ce genre d'étude.
On a d'abord vu que la première apparition de la plume sous la peau n'a jamais lieu avant une semaine. L'intensité du développement va-en décioissant pour chaque plume, et la durée qu'il tant pour que la régénération commence varie évidemment aussi sui\ant Tanimal auquid appartient la plume.
Nous attirons ratlention sur rexpérience suivante qui donne des résultats as>ez curieux. Coupons un assez grand nombre de niM'fs à un pigeon, de laeon à h) paralyser [)resque complét<4nent et assistons aux perturijalions que vont amener ces lésions dans la rég<Miération des plumes. ISous venons d'abord que la matière huileuse sécrétée à l'état normal et destinée à enduire les plumes manque, et dès lors ces parties, n'étant plus protégées contre les liquides, se déli'uisL'iit rapidement ou tout au moins présentent des pertes de substance (l)ai'bes , tige) assez considéraldes. Mais ce phénomène n'est pas le seul que l'on observe; l'on voit en outre que les plumes qui se reproduisent ne se dél)arrassenl pas de la gaine que nous pouvons voir décrite avec tant de soin par Cuvier; elle existe dans toute sa h)ngueur, et b' docteur Samuel (1), qui a fait aussi dos expériences à ce su;et, l'a vue toujours persister. Les barbes de plumes ne sont pas gênées dans leur développement, elles sont seulement enserrées par cette gaine.
A quoi devons-nous attribuer cette persistance de la gaine? L'explication qui nous paraît la plus juste, est la suivante: L'animal, privé de ses mouvements par suite des lésions nerveuses, ne peut pas avec son bec ncltoycr ses plumes^ comme on le dit vulgairement, et de là probablement les faits anormaux observés.
(I) Samuel, Régàiération des iihimes {Virchon's Archi\\ (orne I-).