‹ De La Regeneration Des Organes Et Des TissuesChapitre 17 sur 71 · PLUMES · texte numérisé non relu

PLUMES

Nous ferons bien remarquer, en ouïrez que la section nerveuse n'influe en rien sur le processus régénérateur, mais elle influe considérablement sur les conditions accessoires du phénomène. Les éléments de la plume (gaîne, bulbe, barbes, tiges) apparaissent bien, mais seulement privées de la matière huileuse qui leur est nécessaire, conservant la gatne qu'elles auraient dû perdre.

Les barbes de la plume paraissent ne pas se régénérer, et si Ton vient à en couper une partie au moment oîi elles font saillie hors delà gaîne (sans intéresser toutefois cette dernière), on n'obtient aucune espèce de régénération.

Si maintenant on lèse le follicule, une hémorrhagie se produit d'abord, puis bientôt le follicule perd un grand nombre de ses attributs, sa coloration disparaît et au bout d*un certain temps le sang n'y circule plus et il ne tarde pas à être éliminé, ce n'est qu'alors que la plume nouvelle apparaît.

L'irritation des follicules par différents agents et notamment par rhuiie de croton ne donne pas de résultats. Nous nous serions cependant attendu h voir des déviations du type normal ; l'irritation a-t-elle peut-être été trop loin dans ces cas.

Dans les cas de destruction complète du follicule, la régénération n'a pas eu lieu. Une très-petite partie du follicule, fait important à noter, peut cependant suffire pour la régénération complète de la plume.

Ainsi donc, en résumé, nous pouvons dire que les lésions du follicule n'ont de l'importance qu'autant qu'il est enlevé en entier. Laissez une partie du follicule, la plume se régénérera, enlevez le follicule eu entier, vous n'aurez aucune espèce de régénération. Nous ne pouvons nous empêcher de rapprocher ces faits deceux fort curieux obtenus par M. Philipeaux chez la salamandre*

L'analogue du follicule serait, si les expériences de ce savant physiologiste sont fondées, dans le membre de la salamandre; il existerait donc un moule secondaire dans toutes ces parties et l'on voit l'importance qu'acquerrait la connaissance de semblables faits

au point de vue d'idées générales sur la nutrition, la r^énération des organes, idées bien obscures encore, il faut le dire.

La régénération provoquée des plumes chez des oiseaux bien portants et bien nourris met de six à sept semaines.

Dans la mue on n'observe pas, comme on l'a cru à tort, une atrophie^ mais bien une régénération, ce sont les nouvelles plumés qui, en se formant, repoussent les anciennes qui, tombent. Mais pourquoi cette régénération se fait-elle ? A quel état particulier de l'organisme existant pendant la mue, se trouve-t-elle reliée? Nous n'hésitons pas à l'attribuer à l'hypérémie de toute la périphérie que l'on observe à cette époque. Cette hypérémie, d'après nous, serait aussi la cause des maladies qui accablent l'oiseau à celte époque. L'hypérémie qui existe à la périphérie doit évidemment anémier les organes profonds. Cette explication est-elle juste?

Elle acquiert de grandes chances de probabilités. Quoi qu'il en soit, l'hypérémie de la peau existe d'une façon manifeste, et nous ne pouvons pas nous refuser à lui attribuer un grand rôle dans la régénération des plumes.

§ 3. — Régénération des dents.

Les dents (1), tout le monde le sait, se renouvellent aussi ; et les nouvelles dents, que Ton appelle dents de remplacement^ apparaissent chez l'homme vers l'âge de six ou sept ans.

Les organes, contenus dans l'intérieur des mâchoires et chargés de produire les dents, portent le nom de follicules. Nous n'avons pas évidemment ici à décrire les diverses parties qui composent ce follicule. Nous ferons remarquer cependant que les dents sont au système muqueux ce que sont à la peau les productions qui s'élèvent à sa surface : nous verrons aussi, en effet, que les poils sont aussi sécrétés par un follicule.

(i) Voir à ce sujet les remarquables recherches de Richard Owen, Odontography^ or a ireatise on the comparative anatomy ofthe teeth, London, 1840-1845, et Blandin, Anatomiedu système dentaire^ considéré dans r homme el ïes animaux, Paris, 1836.

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