ONGLES
En chirurgie, dous avons, on le sait, à étudier les nombreuses maladies qui peuvent atteindre le follicule dentaire et gui peuvent donner lieu à des anomalies assez variées.
Blacke et Meckel (1) disent que les follicules des dents permanentes naissent de ceux des dents de lait par une sorte de gemmation. Passé Tftge de six et sept ans, les dents ne se renouvellent plus chez l'homme; des cas cependant, observés par des médecins sérieux, viennent démontrer que la régénération peut encore se faire. Nous n'admettons ces faits qu'avec réserve.
Gehler (2) cite l'exemple d'une canine qui, enlevée trois fois, fut trois fois renouvelée. M. Serres a observé un cas semblable , chez un homme de trente-cinq ans dont il dit avoir vu les incisives centrales tomber à l'âge de trente et un ans, mais au bout de quelques mois, il fut fort surpris de les voir renaître.
Dans cescas les dents temporairesn'auraient-elles pas persisté plus longtemps que de coutume, et n'a-t-on pas eu simplement à faire à une seconde dentition? C'est ce que nous ne saurions pas dire.
Citons encore la génération et la régénération de dents dans des régions très-insolites.
Barzes dit avoir trouvé une dent dans une tumeur très-considérable, située au-dessous du globe de l'œil (3).
Meckel rapporte, d'après le récit de Schill, qu'en trois mois de temps il se développa, l'une après l'autre, trois dents au-dessous de la langue chez un homme de cinquante ans.
§ 4. — Régénération des ongles.
Les ongles se reproduisent aussi ; mais, dans ces cas, il est nécessaire de conserver la matrice de Tongle.
(1) Meckel, Manuel d'onotomte, trad. par Jourdani 1S21.
(2) Gehler f7» Cor.), Progr. de dentitione tertia. Leipzig, 1786.
(3) Demarquay, Traité des tumeurs de l'orbite, Paris, 1860.
On a observé aussi des cas où il y avait formation d'ongle aux secondes phalanges des doigts qui avaient subi une amputation
partielle.
Des observations semblables sont citées par Tulpius, Orm'ansey et Ânseaux, Blumenbach (1), Doyel et Jahn.
§ 5. — Régénération des poils.
Les poils se régénèrent aussi avec une rapidité extraordinaire.
Heusinger (2) a vu, cinq jours après Tarracliement d'un poil de la moustache du chien, un nouveau poil régénéré, long de 2 millimètres. Dans la mue, Ton voit le bulbe de l'ancien poil pâlir, et il se forme à côté de lui un globule noir qui se convertit en un nouveau cylindre pileux. Remarquons comme un fait intéressant que la matrice du nouveau poil est en quelque sorte l'excroissance du sol productif du follicule.
§ C. — Régénération des cheveux.
Kôlliker (3) croit que dans le follicule même des poils follets se développent des poils nouveaux, qui peu à peu expulsent les anciens.
La régénération des cheveux peut être étudiée avec u n grand soin, et cependant cette partie a été négligée. On a fait certaines expériences sur le dos des chiens qui permettent d'arriver à quelques conclusions intéressantes : si l'on vient à arracher des poils dans cette région, et si, après avoir excisé la partie correspondante de la peau, on met le poil sous le champ du microscope, on trouve que le plus souvent le poil se casse au niveau de l'extrémité supérieure du follicule. Celte cassure est fort rare au-dessous du bulbe.
(1) Blumeobach, InsL physiolog., p. Si I.
(2) Meckel, Deutschfs Arc/iir, t. Vif, p. 557.
(3) Kôlliker, Microscojpische Ami/omte, 1850-1854. — Eléments d^histologie trad. par M. Sée, Paris, 1808.
humainCf
On peut ainsi parvenir à arracher le bulbe, mais alors des modiGcations fort curieuses se présentent.
Au bout de 5 à 6 jours, de nouvelles cellules pigmentaires se présentent : celles-ci s'avancent le long du follicule pileux; dans ces cas la régénération est fort longue à se produire. G*est à peine si au 66® jour on peut avoir une trace de régénération. Si, au contraire, le cheveu est coupé au-dessus du bulbe, ce qu'on voit fort souvent, la régénération se produit vite, et nous pourrions ajouter qu'elle se fait d'autant plus. vite que la section s'est faite à un niveau plus élevé.
En résumé, ce qu'il y a à remarquer dans les recherches faites sur ces régénérations, c'est que, le bulbe étant arraché, la régénération se fait d'une façon très-lente, et dans quelques cas (rares il est vrai), elle peut manquer entièrement.
§ 7. — Régénération de certains conduits des glandes. — ViUp-* sites intestinales. — Lymphatiques. — Vaisseaux.
Des exemples assez curieux de rétablissement de. conduits des glandes qui avaientété sectionnés ont été cités par certains auteurs. L'on a même prétendu que dans ces cas le nouveau conduit était aussi parfait qu'avant la section ; il fallait donc, disait-on, qu'il se fût régénéré.
Tiedemann et Gmelin (1) ont vu parexemple que la continuité du canal cholédoque divisé s'était rétablie dans quelques cas, de sorte que la bib avait pu parfaitement reprendre son cours dans le duodénum.
Il paraîtrait même que Brodie avait aussi signalé ce fait, qui a été vérifié par Claude Bernard.
Voici comment Tiedemann et Gmelin expliquent ce phénomène : La lymphe épanchée, disent-ils, à la suite de Tinflammation survenuCj s'était rassemblée autour de la ligature et avait rétabli la
(t) Tiedemann et GmeUn, Recherches expérimentales sur la digesiioïiï 1826i DemabOuay. -^ Régénéraiio.'is, 3
On a observé aussi des cas où il y avait formation d'ongle aux secondes phalanges des doigts qui avaient subi une amputation
partielle.
Des observations semblables sont citées par Tulpius, Orm'ansey et Anseaux, Blumenbach (i), Doyel et Jahn.
§ 5. — Régénération des poils.
Les poils se régénèrent aussi avec une rapidité extraordinaire.
Heusinger (2) a vu, cinq jours après Tarrachement d'un poil de la moustache du chien, un nouveau poil régénéré, long de 2 millimètres. Dans la mue, Ton voit le bulbe de l'ancien poil pâlir, et il se forme à côté de lui un globule noir qui se convertit en un nouveau cylindre pileux. Remarquons comme un fait intéressant que la matrice du nouveau poil est en quelque sorte l'excroissance du sol productif du follicule.
§ G. — Régénération des cheveux.
KôUikcr (3) croit que dans le follicule même des poils follets se développent des poils nouveaux, qui peu à peu expulsent les anciens.
La régénération des cheveux peut être étudiée avec u n grand soin, et cependant celte partie a été négligée. On a fait certaines expériences sur le dos des chiens qui permettent d'arriver à quelques conclusions intéressantes: si l'on vient à arracher des poils dans cette région, et si, après avoir excisé la partie correspondante de la peau, on met le poil sous le champ du microscope, on trouve que le plus souvent le poil se casse au niveau de l'extrémité supérieure du follicule. Celte cassure est fort rare au-dessous du bulbe.
(I) Blumenbach, InsL fJiysio!og.^ p. oil.
p) Moi koî, lVMr.KcAr$ Anhhy t. Vif, p. 557.
(J) KolUker, JfHYiv$ci>(>t$cft« Amtomiff 18oO-185l. — Elcmaits dthisiologie hwnainef trad. pur M. Sée, Paris, iSi^.
On peut ainsi parvenir à arracher le bulbe, mais alors des modlGcatlons fort curieuses se présentent.
Au bout de 5 à 6 jours, de nouvelles cellules pigmentaires se présentent : celles-ci s'avancent le long du follicule pileux; dans ces cas la régénération est fort longue à se produire. G*est à peine si au 66* jour on peut avoir une trace de régénération. Si, au contraire, le cheveu est coupé au-dessus du bulbe, ce qu'on voit fort souvent, la régénération se produit vite, et nous pourrions ajouter qu'elle se fait d'autant plus vite que la section s'est faite à un niveau plus élevé.
En résumé, ce qu'il y a à remarquer dans les recherches faites sur ces régénérations, c'est que, le bulbe étant arraché, la régénération se fait d'une façon très-lente, et dans quelques cas (rares il est vrai), elle peut manquer entièrement.
§ 7. — Régénération de certains conduits des glandes. — ViUp-* sites intestinales. — Lymphatiques. — Vaisseaux.
Des exemples assez curieux de rétablissement de. conduits des glandes qui avaientété sectionnés ont été cités par certains auteurs. L'on a même prétendu que dans ces cas le nouveau conduit était aussi parfait qu'avant la section ; il fallait donc, disait-on, qu'il se fût régénéré.
Tiedemann et Gmelin (1) ont vu par exemple que la continuité du canal cholédoque divisé s'était rétablie dans quelques cas, de sorte que la bile avait pu parfaitement reprendre son cours dans le duodénum.
Il paraîtrait même que Brodie avait aussi signalé ce fait, qui a été vérifié par Claude Bernard.
Voici comment Tiedemann et Gmelin expliquent ce phénomène : La lymphe épanchée, disent-ils, à la suite de l'inflammation survenue^ s'était rassemblée autour de la ligature et avait rétabli la
(t)Tiedetnann et Gmelin, Recherches expérimentales sur la digesiioni 1826. DemarOday. -^ Régénér allons, 3
On a observé aussi des cas où il y avait formatioD d'ongle aux secondes phalanges des doigts qui avaient subi une amputation
partielle.
Des observations semblables sont citées par Tulpius, Orm*ansey et Ânseaux, Blumenbach (1), Doyel et Jahn.
§ 5. — Régénération des poils.
Les poils se régénèrent aussi avec une rapidité extraordinaire.
Heusinger (2) a vu, cinq jours après Tarrachement d'un poil de la moustache du chien, un nouveau poil régénéré, long de 2 millimètres. Dans la mue, l'on voit le bulbe de l'ancien poil pâlir, et il se forme à côté de lui un globule noir qui se convertit en un nouveau cylindre pileux. Remarquons comme un fait intéressant que la matrice du nouveau poil est en quelque sorte l'excroissance du sol productif du follicule.
§ G. — Régénération des cheveux.
Kôlliker (3) croit que dans le follicule même des poils follets se développent des poils nouveaux, qui peu à peu expulsent les anciens.
La régénération des cheveux peut être étudiée avec u n grand soin, et cependant cette partie a été négligée. On a fait certaines expériences sur le dos des chiens qui permettent d'arriver à quelques conclusions intéressantes : si l'on vient à arracher des poils dans cette région, et si, après avoir excisé la partie correspondante de la peau, on met le poil sous le champ du microscope, on trouve que le plus souvent le poil se casse au niveau de l'extrémité supérieure du follicule. Celte cassure est fort rare au-dessous du bulbe.
(1) Blumenbach, Irut. physiolog., p. 51 f .
(2) Meckel, Deutsches ArcAiu, t. VII, p. 557.
(3) Kôlliker, MicroscopUche Anaiamiej 1850-1854. -* Eléments ^histologie humaine^ trad. par M. Sée, Paris, 1868.
On peut ainsi parvenir à arracher le bulbe, mais alors des modificalions fort curieuses se présentent.
Au bout de 5 à 6 jours, de nouvelles cellules pigmentaires se présentent : celles-ci s'avancent le long du follicule pileux; dans ces cas la régénération est fort longue à se produire. C'est à peine si au 66® jour on peut avoir une trace de régénération. Si, au contraire, le cheveu est coupé au-dessus du bulbe, ce qu'on voit fort souvent, la régénération se produit vite, et nous pourrions ajouter qu'elle se fait d'autant plus vite que la section s'est faite à un niveau plus élevé.
En résumé, ce qu'il y a à remarquer dans les recherches faites sur ces régénérations, c'est que, le bulbe étant arraché, la régénération se fait d'une façon très-lente, et dans quelques cas (rares il est vrai), elle peut manquer entièrement.
§ 7. — Régénération de certains conduits des glandes. — ViUp-* sites intestinales. — Lymphatiques. — Vaisseaux.
Des exemples assez curieux de rétablissement de. conduits des glandes qui avaientété sectionnés ont été cités par certains auteurs. L'on a même prétendu que dans ces cas le nouveau conduit était aussi parfait qu'avant la section; il fallait donc, disait-on, qu'il se fût régénéré.
Tledemann et Gmelin (1) ont vu parexemple que la continuité du canal cholédoque divisé s'était rétablie dans quelques cas, de sorte que la bile avait pu parfaitement reprendre son cours dans le duodénum.
Il paraîtrait même que Brodie avait aussi signalé ce fait, qui a été vérifié par Claude Bernard.
Voici comment Tiedemann et Gmelin expliquent ce phénomène ! La lymphe épanchée, disent-ils, à la suite de l'inflammation survenuOj s'était rassemblée autour de la ligature et avait rétabli la
(1) Tiedemann et Gmelin, Recherches expérimentales sur la digesiioni 1826i DemabOday. -^ Régénéraiio.'is, 3
On a observé aussi des cas où il y avait formatioD d'ongle aux secondes phalanges des doigts qui avaient subi une amputation
partielle.
Des observations semblables sont citées par Tulpius, Orm'ansey et Ânseaux, Blumenbach (1), Doyel et Jahn.
§ 5. — Régénération des poils.
Les poils se régénèrent aussi avec une rapidité extraordinaire.
Heusinger (2) a vu, cinq jours après Tarrachement d'un poil de la moustache du chieu, un nouveau poil régénéré, long de 2 millimètres. Dans la mue, l'on voit le bulbe de l'ancien poil pâlir, et il se forme à côté de lui un globule noir qui se convertit en un nouveau cylindre pileux. Remarquons comme un fait intéressant que la matrice du nouveau poil est en quelque sorte l'excroissance du sol productif du follicule.
§ G. — Régénération des cheveux.
Kôlliker (3) croit que dans le follicule même des poils follets se développent des poils nouveaux, qui peu à peu expulsent les anciens.
La régénération des cheveux peut être étudiée avecu n grand soin, et cependant cette partie a été négligée. On a fait certaines expériences sur le dos des chiens qui permettent d'arriver à quelques conclusions intéressantes : si l'on vient à arracher des poils dans cette région, et si, après avoir excisé la partie correspondante de la peau, on met le poil sous le champ du microscope, on trouve que le plus souvent le poil se casse au niveau de l'extrémité supérieure du follicule. Celte cassure est fort rare au-dessous du bulbe.
(1) Blumenbach, Imt. physiolog., p. 51 f .
(2) Meckel, Deutsches ArchiVy t. VII, p. 557.
(3) Kôlliker, Microscopische itna^omie, 1850-1854, — Eléments d^histologie htmainij trad. par M. Sée, Paris, 1868.
On peut ainsi parvenir à arracher le bulbe, mais alors des modifications fort curieuses se présentent.
Au bout de 5 à 6 jours, de nouvelles cellules pigmentaires se présentent : celles-ci s'avancent le long du follicule pileux; dans ces cas la régénération est fort longue à se produire. C'est à peine si au 66* jour on peut avoir une trace de régénération. Si, au contraire, le cheveu est coupé au-dessus du bulbe, ce qu'on voit fort souvent, la régénération se produit vite, et nous pourrions ajouter qu'elle se fait d'autant plus. vite que la section s'est faite à un niveau plus élevé.
En résumé, ce qu'il y a à remarquer dans les recherches faites sur ces régénérations, c'est que, le bulbe étant arraché, la régénération se fait d'une façon très-lente, et dans quelques cas (rares il est vrai), elle peut manquer entièrement.
§ 7. — Régénération de certains conduits des glandes. — ViUp^ sites intestinales. — Lymphatiques. — Vaisseaux.
Des exemples assez curieux de rétablissement de. conduits des glandes qui avaientété sectionnés ont été cités par certains auteurs. L'on a même prétendu que dans ces cas le nouveau conduit était aussi parfait qu'avant la section ; il fallait donc, disait-on, qu'il se fût régénéré*
Tiedemann et Gmelin (1) ont vu parexemple que la continuité du canal cholédoque divisé s'était rétablie dans quelques cas, de sorte que la bile avait pu parfaitement reprendre son cours dans le duodénum.
Il paraîtrait même que Brodie avait aussi signalé ce fait, qui a été vérifié par Claude Bernard.
Voici comment Tiedemann et Gmelin expliquent ce phénomène t La lymphe épanchée, disent-ils, à la suite de l'inflammation survenuCj s'était rassemblée autour de la ligature et avait rétabli la
(t) Tiedemann et Gmelin, Recherches expérimentales sut la digestiani i826i DemarOday. — Régénéraiiôis, 3
continuité interrompue par le lien ou même par la section des conduits. Après la chute de la ligature, cette exsudation lymphatique, devenue plus ferme, constitua un nouveau canal à travers lequel la bile put passer par le tronçon intestinal et couler ainsi dans le duodénum. Dans les expériences où le canal cholédoque s'était réiabli, il avait fallu treize jours dans un cas, vingt-six jours dans un autre, pour que cette curieuse réparation ait pu se faire.
Nous pensons que, dans ces cas. Ton ne doit pas dire qu'il y ait véritablement régénération, il n'y a qu'une réparation cicatricielle.
Des observations consciencieuses, fournies par Forster (1), nous démontrent que dans certains cas où les villosités intestinales viennent à être détruites, il peut y avoir régénération.
Certains auteurs se sont même avancés jusqu'à soutenir qu'une portion de l'intestin pouvait se régénérer. Trolliet (2) affirme avoir vu un cas très-concluant.
Quaut aux lymphatiques, nous savons que dans certains cas, à la suite de plaie, ils peuvent se régénérer.
Billroth a démontré, et le fait a été vérifié par un assez grand nombre d'auteurs consciencieux pour que nous puissions l'accepter , qu'à la suite de plaies les vaisseaux lymphatiques s'oblitéraient soit par des caillots, ou quelquefois tnême encore par le gonflement du tissu dans les lèvres de la plaie.
Or à quelle époque et comment ces vaisseaux réapparaissent-ils? Comment y a-t-il une régénération, si véritablement il'y a régéné* ration ?
Les nouveaux vaisseaux lymphatiques, on le sait, forment des canaux sans paroi propre dans la tunique adventice des vaisseaux sanguins. Ils n'existeront pas dès lors dans un tissu composé d'une substance fondamentale liquide ou muqueuse. D'après cela, WywodzolT pense que ces vaisseaux lymphatiques ne pourront se
(\)VoriiùT, Regeuei'aUonvon Darmzottm {Jahresbencht, l. XCI, 161). (2) TroUiel, hèyénération d'une partie d'intestin. — Jahr, Die Natarheilkraft in ihven JEiteserungcti und Virkungen^ p. 88.
former qu'an moment où le tissu cicatriciel constitué par des cellules fusiformes passe à l'état de tissu connectif, au moment où la circulation est définitivement rétablie,. ce qui dépend d'un assez grand nombre de causes.
Les vaisseaux sanguins se régénèrent-ils? Il est incontestable qu'à la suite de plaie, de nouveaux vaisseaux apparaissent dans le tissu de nouvelle formation, et ces vaisseaux ont pu être injectés par Monro, Sœmmering, Ébel, Pamy, Schœnsberg et enfin par Schrœder van der Kolk. Des expériences pratiquées par ces auteurs et par Zuber, Manec, Thiersch et Wywodzoff ont éclairé en partie leur mode de formation.
Que les tissus soient vasculaires ou non vasculaires, l'on admet en général, d'après les travaux de Meyer et de Plattner, que les capillaires naissent dans le tissu embryonnaire dont nous signalons le mode de formation plus loin (page 79). Les cellules de nouvelle formation s'allongeraient et se déposeraient en séries parallèles; c^est là du reste l'opinion de Rindfleisch (i). Le sang pénétrerait entre les séries de cellules dont la soudure des parois constituerait la membrane limitante de ces formations.
Gruithuisen admettait aussi que, dans la régénération des tissus enflammés (expression dont se sert cet auteur), des vaisseaux naissaient de toutes pièces.
Kallenbrunner pensait que le principal rôle dans ces régénérations était joué par les corpuscules sanguins qui, par un mouvement spontané, traçaien t des sillons tortueux qui devenaient des capillaires.
Voici comment Lobstein (2) s'exprime en parlant de ces vaisseaux : « Ces vaisseaux se développent aussi indépendamment de l'action des vaisseaux préexistants et par la seule force de la vie, dans la masse coagulée : les taches sanguines observées au centre de la lymphe plastique, phénomène que rappelle celui qui a lieu dans l'œuf incubé ; l'impossibilité de faire pénétrer le mercure
(i) Riaddeisch, Traité dHistologie pathologique. Trad. par Gro3S. Paris, 1872. (2) Lobstein, Traité d^AnaUmie pathologique, Paris, 1^20 .
(les vaisseaux de nouvelle formation dans les vaisseaux primitiFs; ces faits ne démontrent- ils pas que les premiers sont le produit d'une génération spontanée^ d'une véritable épîgénèse ? »
Nous savons maintenant que l'on ne peut plus soutenir que l'on ne puisse faire parvenir de la matière à injection, du mercure, par exemple, dans les vaisseaux de nouvelle formation en agissant sur les vaisseaux primitifs, aussi nous ne pouvons admettre celte épigenèse.
Les vaisseaux de nouvelle formation sont évidemment le produit des vaisseaux primitifs, et les anses si nombreuses que le microscope nous permet d'observer sont le produit des vaisseaux préexistants qui deviennent sinueux, en raison surtout de l'accroissement interstitiel de leurs parois vasculaires.
Quand une anse vasculaire a fourni un prolongement , d'après Wywodzoff(l) , le liquide s'épanche entre les cellules de la cicatrice, et il se forme des canaux sans parois propres; le même processus a lieu sur la lèvre opposée de la plaie; les canaux se rencontrent, s'abouchent et constituent ainsi un réseau qui est la partie fondamentale de la nouvelle cicatrice.
La circulation de la jeune cicatrice se produirait en somme au début de la même façon que chez les mollusques, oh le sang circule dans des lacunes des canaux sans paroi. Wywodzoff fait ensuite remarquer que la formation des parois des capillaires , des veines et des artères dans la substance intermédiaire des plaies nous est inconnue.
L'augmentation des parois vasculaires aurait sou point de départ dans les prolongemenls des anses.
Sur des préparations consciencieuses, il a vu les vaisseaux s'avancer de chaque côté dans la cicatrice sous forme de bourgeons terminés en cul-de-sac, et dont les parois sont complètement formées.
(1) Wywodzoff, Etmle expérimentale dea différents phàiomèncs qui se passent dttns la cicatrisation des pUiics par première intention {Journalde VAnalomie de Robin, 1868 ; et Med» Jahrb. et Zeitich, Ges. d. Arzte in Wicn, i867).
Les prolongemeDls se réunissent bientôt avec les canaux sans parois propres qui apparaissent comme des stries transparentes, limitées par des cellules granuleuses.
Dans une phase ultérieure, toujours d'après Wywodzoff, on aperçoit les vaisseaux qui s'anastomosent de part et d'autre, et forment un réseau irrégulier, serré, dans les mailles duquel se trouve du tissu cellulaire embryonnaire; les vaisseaux au bout de douze ou quatorze jours s'amincieraient bientôt.
Le résultat des injections de Wywodzoff lui ont prouvé que les vaisseaux ne s* altèrent nullement après un certain temps, comme on l'admet généralement.
Nous arrivons enfin aux expériences si intéressantes de Thiersch (1) sur ce sujet.
Thiersch observa qu'après une blessure faite sur la langue de certains animaux, et du cochon d'Inde en particulier, les vaisseaux étaient bouchés par des thrombus.
Dans un cas, Thiersch observa un de ces thrombus formé dans un petit vaisseau et, ayant conservéla partie dans l'alcool, il observa une rétraction du thro/nbus, qui, en se détachant du conduit vasculaire, permit de voir que la paroi adventice du vaisseau et le tissu conjonctif du voisinage sont remplis de cellules de nouvelle formation, dont quelques-unes sont indiquées sur la figure. Il faut remarquer que la surface interne de la paroi vasculaire ne présente aucun revêtement épithélial, elle est complètement nue. Mais sur le thrombus, au contraire, on voit de nombreuses cellules trèsbelles, adhérentes à différents stades de leur développament et dont le protoplasma est hyalin.
Parlant de ces faits, M. Thiersch fait le raisonnement suivant : Le thrombus à Tétat frais était en contact avec la paroi du vaisseau ; or, cette paroi vasculaire ne présente plus aucune trace d'épithélium , donc les cellules accolées aux thrombus proviennent
(0 Thiersch, in Pitha et Billroth. Handbuch der Chirurgie^ 1867.
d'une prolifération des épithéliums vasculaires. En possession de ces importants résullats, M. Thiersch continua ses recherches, et il ne tarda pas à s'apercevoir qu'en injectant de la gélatine chauffée, après durcissement de la préparation dans TalcooUil trouvait toujours :
1^ Que les surfaces des bouchons cunéiformes formés par la gélatine étaient recouvertes de cellules endothéliales , détachées et isolées, et d'autres en voie de prolifération ;
2^ Que ces surfaces offraient une configuration particulière et présentaient notamment un grand nombre d'appendices aigus, pa^ .raissant brisés, qui perforaient la paroi du vaisseau et qui, vus de plus près, représentaient les racines d'un système de canaux intercellulaires très-élégants et remplis par la gélatine. Ce système de canaux est destiné au début à assurer la vascularisalion de la plaie.
La planche lY, figures 1, 2, 3, que nous empruntons à Rindfleisch (1) et à Thiersch (2), nous démontre parfaitement que de nouveaux vaisseaux peuvent se régénérer, et nous renvoyons aux mémoires de ces auteurs pour de plus amples détails.
Dans la figure 1, il s'agit d'un nouveau vaisseau formé dans une pseudo-membrane pleurétique qui datait de ciuq jours.
La figure 2 représente un thrombus datant de huit jours et dans lequel on peut voir de nouveaux vaisseaux se former.
La figure 4 représente un vaisseaude moyenne grandeur et un capillaire avec le réseau vasculaire intercellulaire d'une plaie en voie de granulation. Les vaisseaux dans ce cas ont été injectés avec du carmin.
Les exemples que nous venons de citer prouvent que dans les plaies enflammées, des régénérations véritables de vaisseaux existent.
Quant à admettre la régénération de conduits vasculaires plus volumineux, comme cela a été soutenu par quelques auteurs,
(i) Rindfleiscb, Traité d'Histologie pathologique. Paris, 1872, Irad. par F. Gross. (?.) Pitha, Handbuch d, allg. u. spec. Chirurgie.
et notamment dans la discussion qui a eu lieu à l'Académie de médecine en 1865 (1), nous devons être plus réservés.
Il faut cependant remarquer qu'à la suite de lésions d'artères, il se fait une circulation collatérale de petits vaisseaux très-nombreux qui se sont formés pour tel usage, et l'on pourrait presque dire que la somme de ces petits vaisseaux équivaut exactement à la partie d*ar(ère qui a été retranchée.
Les expériences de Porta (2) à ce sujet sont intéressantes et les nombreuses planches que contient son ouvrage méritent d'être consultées.
Quelques faits rares et curieux tendraient à faire penser que des* veines dont on avait fait l'excision se sont ensuite régénérées.
D'après un passage de Galien (3), ce médecin aurait recueilli des observations de ce genre.
Le Juif, chirurgien de Paris, dit avoir vu une veine de la tête se régénérer après avoir été excisée, à l'occasion d'une application de trépan (4).
« Yenas, dit aussi Paul de Sorbait, post maximum ulcus in mendico observavi regeneratas^ forsan per médium heterogeneum (5). »
Pierre de Castro, archiâtre de Mantoue, a vu des régénérations des veines qui différaient peu des veines normales ; elles étaient (( velut in cavis ulceribus caro (6). »
Nous n'avons cité ces dernières observations qu'en raison de l'autorité que le nom des auteurs qui les ont publiées leur prêtait; mais, nous devons l'avouer, il serait peut-être téméraire de les accepter complètement , sans se livrer à de nouvelles expériences.
(1) Bull, de VAcad. de médecine. Paris, 1865-66, t. XXXI.
(2) Porta, Belle alterazioni patologkhe délie arterie per la ligatura e la torzinne, Con XIll Uvole. Milano, 1847.
(3) Galien^ Melhodus medendi, lib. XIV.
(4) Petr. Borelli, Hisloriarum et Observaiioniim mtidico-pkysic, Centur. Quatuor, FrancofurU, 1670, in-16, cent. 2, obs. XVIII, p. 123.
(5) Ephem.Nat. Curios. Decas., I, ann. II, obs. 15. (6)£pAtfm.,p. 32.
-iO KÉCÉNÉRATIONS DE CERTAINES PARTIES.
§ 8. — Régénération de Toeil.
LVnil, comme Ta vu le premier Blnmenbacli (1), se r(5g(^»nère chez certains animaux. La cornée, l'iris, le cristallin peuvent se reproduire chez ranimai à la condilion (]n(^ le novï oplicjne el une portion des membranes de l'ii'il niaient pas été intéressés.
Nous possédons peu d'observations sur la régénération p:\rfaile de la conjonctive et de la cornée.
Nous citerons sous toutes réserves Topinion de M. Lutens (2) qui pense avoir obtenu une véritable régénération de la conjonctive. « Dans quelques circonstances où j(^ lus obligé d'exciser toute la conjonctive qui circonscrivait la cornée, dit-il, pour détruire les nombreux vaisseaux capillaires dilatés et rampant sur la surface, j'ai observé qu'il se formait sur la scléroticjue un suintement (jui, s'épaississant, constituait la trame d'un nouveau tissu, revêtait insensiblement la forme d'une nouvelle muqueuse et ne laissait pas voir la moindre trace d'une cicatrisation. »
En ISiiG le docteur Busb (3), h la suite de l'ablation d'un staphylome occupant toute la cornée, dit avoir trouvé qu'il s'était formé comme une nouvelle cornée.
Ce dernier fait, que quelques auteurs ont donné comme exeuiple d'une régénération parfaite de la coinée, ne nous semble pas trèsconcluant ; car, bien que Bush dise (|u'il n'existait aucune cicatrice au point de réunion d<3 la nouvelle membrane avec le cercle droit qui était resté de l'ancienne cornée, nous pouvons lire dans son observation que la cornée n'était pas convexe, mais aplati«\ marbrée, bleuâtre, trouble au fou<l, ni l'on nepou\ait distinguer à travers s'il v avait adhérence de Tiris.
(I) niumeiibacl), Si^'iinv-fi rhi/^tnîn,ivr n,mi»ir'tfir/!\ 1787, p. 31.
(l>) Luloiis, Jlnllfdtt (h: la Hon'ctr th: ni><lrrinf 'h.' (i'Ui'l. 18 H.
(3; Unsf/s M'iijnzùi fur dii ijc^aminfe IlrilLun'h'. 1X.!<;, t. XLW
{\) Vuir au6?i Dernarquay, Tr-iitc ths tutu' nrs'lr furl'itc. l*aris, fSr»0.
RÉGÉNÉRATION DE L'ŒIL. 4i
Les observations d'un assez grand nombre d'histologistes semblent nous prouver que, jusqu'à un certain point, les cellules de la cornée peuvent se régénérer en grande partie d'une façon complète. A la suite d'une plaie, par exemple, on peut voir les cellules plasmatiques s'hypertrophier ; le noyau, d'abord mince et ratatiné, devenir globuleux, et autour de ce noyau le protoplasma s'accu* muler et présenter l'aspect granuleux. Au bout de quelques heures chaque noyau se divise ainsi que le protoplasma, et dans les espaces plasmatiques apparaissent des groupes de cellules embryonjiaires. Or il est incontestable que ces cellules, en proliférant, peuvent donner lieu h une cellule coruéenne parfaite, et si la nutrition était suffisante, on obtiendrait certainement une régénération de la totalité de la partie enlevée ; mais, on le sait, il n'en est presque jamais ainsi, et un grand nombre de ces cellules embryonnaires meurent à celte période et constituent des corpuscules de pus qui viennent s'ccumuler à la surface de la cornée, où ils forment de petites pustules.
Recklingbausen est un de ceux qui admettent la régénération des cellules cornécnnes.
Un grand nombre de faits semblent nous prouver que certaines parties de l'oil, telles que les membranes vitrées, par exemple, peuvent aussi se régénérer.
Donders (I) a publié deux cas qui semblent nous démontrer la puissance de régénération fort grande que possède la membrane vitrée.
Coccius (2), qui nous a donné le résultat de ses expériences sur la guérison des plaies de la cornée, a vu dans un grand nombre de cas la régénération se faire sur cinquante yeux de lapins auxquels il avait pratiqué des plaies du système lenticulaire. Coccius obtintencore un certain nombre de fois ht régénération de membranes vitrées.
(1) Donders.
(2) Coccius^ Ueher die Glashaiite und die Régénérations Fœhigkeit derselben nach Stellwag {Jarbûcher der gessamten Medizifi),
Cet auteur fait remarquer avec raison que ces reproductions se développaient surtout à la suite d'irritations très-vives de l'iris.
§ 9. — Régénération du cristallin.
La régénération du cristallin est admise aujourd'hui par tous
les auteurs qui se sont occupés de cette question. Citons principalement Cocteau, Leroy (d'Étiolles) (1825), Blackausen, Lowenhardt et Davidson, Day (1828), Mayer et Midlemore. — Blackausen seul parmi tous ces chefs d'école a essayé de nier la régénération du cristallin.
Le premier auteur qui ait signalé cette régénération fut Vrolik, en 1801 .II observa en effet un cristallin qui s'était régénéré après une opération de cataracte par abaissement.
Mais il faut arriver h Cocteau et à Leroy (d'Étiolles) (4) pour voir des expériences pratiquées sur des animaux.
Voici les résultats qu'ils obtinrent. Dans une première expérience qui dura treize jours, le résultat a été négatif à l'œil droit et positif à l'œil gauche.
Dans la seconde expérience qui dura trente-trois jours, le résultat a été négatif à l'œil droit, positif à l'œil gauche. Dans la troisième expérience dont la durée fut de trente-neuf jours, le résultat fut négatif; dans la quatrième de même, dans la cinquième le résultat fut positif à l'œil droit, négatif à l'œil gauche.
Ainsi donc, Leroy (d'Étiolles) avait obtenu dans douze cas, cinq fois la régénération. Les expériences de Blackausen (2) ne duraient que vingt-cinq jours, et comme après ce laps de temps la régénération n'avait pas eu le temps de se faire, il crut logique de conclure que le cristallin ne se régénérait jamais.
Lowenhardl (3) et Davidson tirèrent de leurs expériences la cou-
{{) Leroy (d'Étiolles), Erpériences relatives à la reproduction du cristallin. Mémoire lu à TAcadémie [Journal de MagendiCf i827).
(2) Petrus Blackausen, De regeneratione lentis cristallinœ.BeToUnx, i827. (3] I^owenhardt (de Breslau), « Einige Versuche, umdie Régénération der Krystallinse