ANALOGIE ENTRE LA RÉGÉNÉRATION TENDINEUSE ET OSSEUSE
expérimentale ne fait que confirmer ici les données de ranatomie,et surtout de l'histologie, qui a démontré que le périoste, les tendons, les aponévroses et les os sont des dérivés de la substance conjonctive. D'après Virchow (1), voici comment les choses se passent : en certains points, près des bords de la fracture, le périoste s'épaissit, augmente peu à peu de volume au point qu'on peut lui distinguer des couches différentes; ces dernières deviennent de plus en plus épaisses et nombreuses, à mesure que les parties les plus internes du périoste proIiTèrent et forment, par la prolifération de leurs éléments, des couches nouvelles qui s'accumulent entre lui et les parties relativement encore normales du périoste. Ces couches peuvent se transformer en cartilages; mais ce n'est point la règle, et cela n'est pas indispensable. On voit même dans la plupart des fractures ordinaires où il se forme du cartilage, que la plus grande partie du cal périostique n'est pas formée par des cartilages, mais qu*uiie partie plus ou moins grande se forme directement aux dépens du tissu conjonctif. Les couches de structure cartilagineuse
sont ordinairement rapprochées de l'os, et plus on avance vers l'extérieur, moins on trouve la formation par le cartilage. La production osseuse par métamorphose directe. du tissu conjonctif domine dans ces points.
M. Sédillot dit encore (2) : «S'il existe une perte de substance complète dans la continuité de l'ôs, le périoste des deux extrémités divisées s'hyperplasie et envoie de nombreuses ramifications aux cellules embryonnaires sur les surfaces de la plaie, au fur et à mesure que celle-ci s'organise et tend à se former. Lorsque le sujet est dans de bonnes conditions de vitalité, les ramifications se multiplient, s'étendent, se rejoignent, et ne tardent pas à reproduire un os complet. C'est dans ce sens que M. Flourens a pu dire : » Enlevez Tos et le périoste, le périoste se reproduira et reproduira l'os. » Chez les enfants, tous les tissus concourent à la régénération par
(1) Virchow, Pathologie cellulairey p. 369.
(2) SédiUot, De l'évidement des os, p. 45.
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leurs cellules embryonnaires qui jouissent de la plus grande activité productrice. » MM. Morelet Ranvier, et d'autres histologistes ont parfaitement saisi ces diverses phases.
Plus loin il ajoute (1) : «Le périoste reproduisait ces os avec leur forme et leurs usages. Lorsqu'on augmentait l'activité de prolifération des cellules par un traumatisme portant sur le canal médullaire, en quelques jours de nouvelles couches osseuses sous-périostées étaient produites et déposées sur la surface périphérique de l'ancien os (Hope) ; il était donc nécessaire de conserver cette substance, pour qu'elle servît de support au nouvel os. » « Telle a été la première condition de succès de Tévidement, dont les règles se retrouvaient dans toutes les expériences entreprises par Duhamel, Troja, Flourens; la conservation d'une lamelle compacte et souspériostée de l'os évidé prévenait la suppuration du périoste y et, loin de détruire les cellules plasmatiques, en accélérait l'activité (2). »
Plus loin on peut lire : « La théorie cellulaire rend parfaitement compte de ces phénomènes. La prolifération rapide des cellules plasmatiques, transformées en tissu fibreux, rétablit par agglomération et juxtaposition la continuité des tendons, dont le trop grand écartement peut cependant mettre obstacle à leur réunion. L'élément reconstilulif faisant défaut et n'acquérant pas assez de volume et .d'épaisseur pour se rejoindre et remplir la gaîne celluleuse, rompue ou allongée, est trop aminci pour devenir le siège et la source de la régénération. »
Nous avons dit plus haut aussi (§ Régénération osseuse, page 120 et suivantes), que d'après Ollier (3), « cette couche interne du périoste, qui a du reste été décrite par plusieurs histologistes sous le nom de blastème d'ossification de Kôlliker, de couche de prolifération du périoste de Virchow, et qui, d'après Ranvier, serait spé-
(I) Flourens, loc, cit., page 74.
(2)Sédillot, Médecine oi^êratoire, t. I, p. Ji8, et t. I, p. 5o3.
(3) OUier, Bégénéraiion des os, 1. 1, p. 88.