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CHAPITRE XI

ARTICLE I-

COiNSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.

Après avoir étudié dans tous ses détails les phénooièues qui suivent la section des tendons chez les animaux avant d'arriver à la guérison et avoir démontré que chez Thomme la nature emploie les mêmes moyens ainsi que cela résulte de la lecture des faits cités plus haut, il me restait à étudier les phénomènes qui se passent chez les animaux dont les tendons coupés ont été suturés. Les expériences faites déjà au siècle dernier et reprises par M. Acher (i) avaient établi que les tendons coupés et réunis à l'aide de la suture guérissaient avec une rapidité très-grande. — Mes expériences conOrmatives des /aits cités plus haut avaient pour but d'étudier les phénomènes histologiques qui se passent dans le tendon luimême et dans les parties voisines, ainsi que je le démontrerai plus loin ; mais avant, voyons ce qae nous apprend la pathologie humaine.

Les tendons, malgré leur résistance, peuvent céder à l'action musculaire et se rompre. Cet accident, grave dans certaines circonstances, n'a été vraiment bien étudié qu'au siècle dernier par Jean-Louis Petit et Monro Huuter, qui insistèrent sur la rupture des tendons et en particulier sur celui du tendon d'Achille. Cette

(0 Acher, thèse inaugurale, 4834.

ONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. «99

question mériterait cependant de fixer de nouveau Tattention ; il serait facile de faire une thèse utile sur ce sujet en réunissant les faits épais dans les diverses collections scientifiques. Depuis 1842 (1), je me suis occupé de la rupture du tendon du muscle droit antérieur de la cuisse et à plusieurs reprises de la rupture du ligament rotulien (2). Je n'exposerai point ici le résultat de mes recherches au point de vue chirugical. Ce dont je veux m'occuper ici, c'est du fait physiologique. Que se passe-t-il quand un tendon a été rompu ?

Un fait bien observé sur l'homme (3), et des expériences que j'ai faites sur le tendon rotulien du lapin, rapportées dans la première partie de mon travail, ne laissent aucun doute à cet égard. Le tendon se reconstitue aux dépens de sa gaine absolument comme cela a lieu dans la ténotomie ordinaire. Par conséquent ce qu'il importe au point de vue pratique, c'est de mettre le membre dans la meilleure position qui favorise le rapprochement des deux bouts du tendon, afin que la réunion intermédiaire se fasse dans les meilleures conditions de longueur et de solidité. Car si la reconstitution se fait mal, si le tendon est trop long et trop grêle ou s'il est trop court, la fonction du membre ne s'accomplira plus dans les conditions normales.

Lorsque l'homme se livre à de violentes contractions musculaires, les tendons terminaux viennent faire une saillie très-marquée au niveau du point de leur passage dans les gaines tendineuses et tendent aussi la peau qui les recouvre. On comprend dès lors que, si un instrument tranchant vient dans ces conditions frapper la peau qui recouvre le tendon, celui-ci et sa gaine seront facilement sectionnés et il en résultera immédiatement par le fait de la contraction musculaire une rétraction du bout supérieur du

(i) Demarquay, Gazette médicale. 1842.

(2) Id., Bull, de V Académie de médecine. 1870. — Société de chirurgie^ 4860.

(3) Id.y Mémoire sur les ruptures du tendon du droit antérieur de la cuisse,

2mi SlTiriE DES TENDONS.

lendon, d'autant plus jurande quo la section aura eu lieu au ]ii\(\iu de la coulisse synoviale du lendon.

Celle section, observée un certain nombre de fois par les anciens, a donné lieu à bien des discussions dont le point de dép ut était une erreur anatomique. En effet, ils accordaient au tendon une nature nerveuse et de là la crainte de voir survenir une foule d'accidents à la suite de la plus petite lésion. Bien avant Ilaller, des expériences avaient été faites pour démontrer toute la différence qui existe entre les tendons et les nerfs. Mais il était réservé à ce faraud physiologiste de démonti'cr le peu de sensibilité ou l'insensibilité des tendons, (la grand fait, malgré les expériences de M. Flourens, est resté viai, et je me suis bien convaincu, en répétant les expériences de Ilaller, que les faits sont tels qu'il les avait décrits et qu(i si les tendons sectionnés ou découverts et enllanmies ont paiu sf^nsibles, cela tenait à la gaine souvent si riche en filets nerveux et en vaisseaux, comme cela se voit dans la gaine du tendon d'Achilb*.

La pratique des chirurgiens en présence de notions anatomiques et physiologiques ei'ronées devait naturellement être inceitaine, — Miiis, ainsi que nous le \errons plus loin, la chirurgie avait devancé l'anatomie et la phNsioK)gie en démontrant qu'il était bon dans certains cas de ivcourir à la suture des tendons, et que celle-ci ne déterminait ni les douleurs ni les accidenis qu'on lui imputait.

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Deux moyens sont à la disposition du chirurgien pour obtenir la réunion des tendons divisés. Ce sont la position et la suture. On comprend que la position puisse réussir dans certaines conditions.

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