POSITION DANS U CURE DES TENDONS SECTIONNÉS
c'est lorsque la section a porté sur un tendon qui n'est point soutenu dans une gatne où il glisse. Car dans ce cas, après la section, inévitablement le bout supérieur s'écartera et la réunion deviendra impossible malgré la position ; dans le cas contraire, on pourra obtenir une réunion ou une reproduction quand la lésion portera sur un tendon assez volumineux et contenu dans une atmosphère celluleuse, comme le tendon d'Achille, ainsi que cela résulte des trois faits cités plus loin.
Observation I (1). — Un enfant âgé de 10 ans, jouant dans un pré que l'on fauchait; se heurta la partie postérieure de la jambe, trois travers de doigt environ au-dessus de la tubérosité du calcaneum, contre le tranchant d'une faux. Il en résulta une incision qui se prolongeait jusqu'au tibia et au péroné ; les tendons d'Achille, du plantaire grêle, du long péronier et du jambier postérieur furent incisés, comme on s'en convainquit par l'inspection delà plaie. Il y eut unehémorrhagie très-considérable fournie par la tibiale postérieure, et par quelques-unes de ses branches. On ne put employer la ligature, parce que l'écartement des bords de la plaie n'était pas suffisant pour le permettre. La compression immédiate sur les extrémités artérielles ouvertes ne parut pus convenable ; on fut donc obligé d'avoir recours au cautère actuel, qu'on appliqua sur les embouchures des vaisseaux^ ayant soin de garantir les parties voisines de l'action du cautère.
On réussit par ce moyen à arrêter Thémorrhagie. On s'occupa ensuite de la réunion des parties divisées, on appliqua un bandage roulé sur la jambe pour empêcher l'action musculaire; puis, afîn de maintenir le pied dans une extension permanente, et la jambe fléchie sur la cuisse, on se servit d'un soulier auquel on coupa le quartier et le bout pour prévenir la gêne des orteils, inconvénient qu'éprouva Monro par l'usage de son chausson. Du talon du soulier partait une courroie qu'on y avait fait coudre et qui venait
(1) Delaurière, Thèse.
se fixera une genouillère : toutes les pièces de Tappareil appliquées, les bords de la plaie s'affrontaient : on la recouvrit avec un plumas* seau imbibé de blanc d'œuf battu avec de l'huile. On recommanda un repos exact, on recouvrit le plumasseau, on maintint le tout avec un simple bandage contentif qu'on ne leva que le 4' jour de l'accident. Tout était dans le meilleur état possible, il n*y avait point eu de douleur ni de fièvre; la plaie paraissait réunie le 18* jour*. On n'eut plus besoin de pansement local le 8* jour de l'accident , mais les eschares formées par le cautère étant restées, elles donnèrent lieu à un petit abcès qu'on ouvrit et dont on obtint la cure en sept jours.
A cette époque on permit de légers mouvements du pied : on relâcha de plus en plus le bandage qui devint inutile le 40* jour de l'accident : on permit au malade de se lever et de marcher avec des béquilles, lui ayant mis un soulier à talon haut. Trois mois après son accident il sautait, jouait avec ses camarades et ne claudiquait plus.
Observation II (1). — J. B., âgé de 38 ans, heurte, en descendant sans lumière dans une cave, le tranchant d'une scie iine, qui divise complètement le tendon d'Achille; à l'instant le malade est porté a l'Hôtel-Dieu, où Ton trouve aux téguments une plaie transversale longue de deux pouces dont les bords offrent peu d'écartement, les bouts tendineux en contact dans l'extension, s'écartant de deux pouces dans la flexion du pied.
Un peu de charpie imbibée d'eau végéto*minérale est placée vis-à-vis de la division du tendon. Sous le pied, derrière la jambe et la partie inférieure de la cuisse est étendue une compresse large qui est maintenue par lesïnains de quelques aides. Les vides qui se trouvent sur les côtés du tendon d'Achille sont remplis avec des gâteaux de charpie sèche, surmontés de deux compresses languettes et graduées qui les soutiennent et qui sont un peu plus
(0 Desault, Œuvres de chirurgie^ publiées par Bichat, t. I, 3* édit., p. 322.