CHAPITRE XIV
DES PRINCIPALES CONDITIONS QUI FAVORISENT OU SMPACHENT les RÈGÉlNâllATlONS
Dans l'exposé que nous venons de faire des principaux tissus qui se ri^ônèrent, nous avons étudié aussi succinctement que possible les différentes phases que les éléments étaient obligés de par-courir avant d'arriver à constituer par leur réunion un tissu parfait.
Mais cette régénération s'accomplit-elle toujours sans entrave?
Est-elle toujours fatale? et est-ce au hasard que nous devons attribuer cette fatalité?
Dés conditions de réussite des régénérations existent, l'on ne peut certainement en douter, et nous allons essayer dans les chapitres suivants de passer en revue les différentes conditions qui sont nécessaires pour qu'un élément nouveau et parfait vienne prendre dans nos tissus la place do l'élément détruit ou retranché. Nous sommes malheureusement obligés d'avouer que nous savons fort peu de chose sur cette difficile question, et ici se feront sentir l'étendue de notre sujet et le petit nombre de faits que nous connaissons. — Beaucoup de questions posées, peu de résolues, et nous serons obligé d'accumuler nos points d'interrogation.
Le résumé que nous avons essayé de présente^ et l'étude des quelques conditions de réussite des régénérations que nous allons faire, nous prouvent que le temps n'est pas encore venu de faire un traité complet sur un semblable sujet, mais nous nous estimerons heureux, si^ tout en faisant entrevoir le programme de cette importante question de physiologie et de chirurgie, nous
268 CONDITIONS QUI FAVORISENT OU EMPÊCHENT LES RÉGÉNÉRATlOiNS.
aUirons Tattention sur un certain nombre de faits qui réclament \ine prompte solution.
La cicatrisation et la régénération, comme nous l'avons développé dans le courant de cet ouvrage, nous semblant être deux phénomènes à peu près identiques, nous négligerons, on le comprend, un certain nombre de conditions qui empêchent ou favorisent cette régénération ou cette cicatrisation et qui sont du reste suffisamment traités dans nos ouvrages de pathologie. Nous nous occuperons peu, par exemple, de la lésion traumatique et des variétés de blessures (section, èonlusion, etc.) au point de vue delà régénération chez l'homme. Nous aurons surtout en vue le rôle que jouent le blessé et le milieu dans l'évolution réparatrice.
Plusieurs facteurs concourent nécessairement à la régénération : il faut d'abord un élément. Mais cet élément préexistant, qui est destiné à nous donner d'autres éléments, doit vivre, et, pour cela^ il a besoin d'un entourage. — Cet entourage est fourni chez les animaux supérieurs par le sang dans lequel viennent se refléter la plupart des modifications extérieures. — L'élément, pour ïious servir d'une admirable expression de Claude Bernard, vivra dans son milieu intérieur.
Toutes les conditions extérieures ne retentissent pas cependant sur l'élément au moyen de ce milieu intérieur liquide. — Elles peuvent agir encore localement sur lui sans intermédiaire, et c'est pour cette raison qu'après avoir examiné les conditions extérieures qui agissent d'une façon générale et sur tous les éléments de Fêlre, nous aurons à faire un chapitre oîi nous devrons étudier la façon dont certains agents, en agissant localement sur l'élément, pourront nuire ou servir à sa régénération.
Notre sujet se trouve donc naturellement divisé.
Dans un premier article nous aurons à étudier les conditions de réussite qui dépendront de l'élément, et à examiner rapidement la différence que nous remarquons parmi les différents tissus au point de vue de la facilité de la régénération.